Hystérisons ! 24/05/2021

Dans une émotion libératrice autant qu’indécente qui rappelait les grandes heures de l’après-guerre, les Français se jetaient goulument sur des allemandes houblonnées, afin d’être les premiers à retapisser Instagram de ce bonheur gustatif retrouvé. Et de pouvoir dire : »J’y étais ! ». Certains de leurs grands-parents, qui avaient de bonnes raisons de se réjouir il y a 75 ans, se contentaient dans le même temps d’une deuxième tournée d’Astra Zeneca pour pouvoir envisager l’été plus sereinement.


Si cette pandémie nous a fait perdre tout repère et toute notion de bienséance, l’hystérisation du débat médiatique n’a pas attendu les variants ouzbek ou polynésien pour venir polluer nos journaux quotidiens. Depuis que la fachosphère a pris le contrôle des antennes, chaque sujet devient potentiellement plus inflammable qu’un étudiant précaire aspergé de vodka-pomme devant son dortoir délabré.

La sélection de Benzema d’abord, qui rappelle ô combien ses détracteurs sont nostalgiques des colonies françaises, mais moins fans de leurs enfants qui portent le maillot bleu. Si l’on avait dû écarter tous les grands joueurs qui ne chantent pas la Marseillaise, cet hymne guerrier qui a 230 ans, l’équipe évoluerait sûrement au niveau du Liechtenstein , qui peut se targuer, elle, de n’avoir que des joueurs blancs. Ou alors faire composer un hymne plus moderne, plus enclin à rassembler tout le monde, par Michel Sardou ou Vianney, qui plaisent à une grande partie de la droite cap-ferretiste. Qu’un son impur abreuve nos microsillons !


De musique, ou presque, il en était d’ailleurs question ce week-end à l’heure du grand raout boursouflé de l’Eurovision. Aussi improbable que la victoire de Lille devant le PSG en Ligue 1, la France terminait 2e d’un concours où elle se ridiculisait patiemment depuis 1977 ! Du coup, galvanisés par ce podium inédit, les ardents défenseurs du bon goût musical à la française, s’en allèrent chercher des poux aux gagnants italiens, accusés de prendre de la drogue comme de vulgaires Marco Pantani des ondes FM. Au-delà de leur sobriété établie, remercions-les surtout pour ce retour du rock à une heure de grande écoute, quand la France des Choristes et d’Amélie Poulain se plongeait encore dans le formol piafesque pour se donner une crédibilité musicale. Toujours dans les bons coups, Hanouna criait au scandale et, sans preuves aucunes, appelait Emmanuel Macron à l’aide sur Twitter, pour faire gagner dignement notre candidate déchue. Un grand moment de ridicule, qu’on espérait plus depuis le bannissement de Donald de la plateforme au piaf bleu.


Son ami Bigard lui, aboyait de son côté sur des journalistes autant que sur les labos pharmaceutiques, pauvre pitre complotiste devenu harangueur de foules lobotomisées, sorte de Dieudonné du pauvre (au moins lui reste encore un génie comique), dont on finit par apprécier les vieilles blagues graveleuses qui animaient nos fins de repas familiales dans les années 90. Mais dans une époque où les gens n’ont plus d’humour, juste des craintes infondées, on peut continuer à éructer tranquillou en attendant le poste de Ministre de la Culture d’un gouvernement d’extrémistes. Au programme : fermeture définitive des théâtres et des salles de stand-up, écoles Francis Lalanne dans tous les villages de France. Et tout le monde au gnouf, comme en Biélorussie !


Quant à Darmanin, toujours dans l’élégance et la demi-mesure, ses attaques contre Audrey Pulvar auront encore une fois élevé le débat, dans un pays où l’on ne peut plus critiquer les fachos en uniformes qui polluent la police et l’armée, mais où un ancien humoriste insultant des ministres sur Twitter et des journalistes face caméra passe crème.

On est bien.


Reste plus qu’à Benzema de marquer le but de la victoire contre les Belges en finale de l’Euro, aux chanteurs français de prendre un peu plus de drogues et aux complotistes de se faire vacciner, au moins contre l’hystérie. Au risque de connaître une année 2022 bien pire que les 2 dernières.

A mourir de honte. 8/04/2021

Le débat sur l’euthanasie (ou fin de vie assistée, comme on dit en langage bienpensant) nous prouve une fois de plus que le poids de la religion catholique dans ce pays de vieux réacs prend le pas sur toute réflexion personnelle. Comme pour l’avortement, cette vieille garde pense que l’on n’a pas le droit d’ôter une vie, mais ne rechigne pas en temps de guerre à envoyer ses enfants se faire massacrer au nom de la patrie. Comme pour la sexualité. Un homme est un homme, une femme est une femme si elle est soumise à l’homme, et tout ce qui se rapproche plus ou moins d’un être ambigu ou hermaphrodite doit périr dans les flammes de l’Enfer. Sauf dans les orgies du Vatican ou dans les partouzes chez l’ambassadeur où il est de bon ton de se faire tâter la prostate par de jeunes éphèbes, avant de retourner faire la messe ou la morale à l’Assemblée Nationale.

Dieu donc, toujours lui, refuserait que l’on tue en son nom. Ce qui reste, avouons-le, la plus grande blague de l’histoire catholique, où en des temps pas si éloignés on ne rechignait pas à brûler des femmes adultères ou à écarteler des homosexuels. Dieu seul aurait, le droit de vie et de mort sur nous, pauvres êtres humains qu’il a eu la bonté de créer en ce 6e jour, juste après les amphibiens et les ptérodactyles. Partant du principe que sa présence a moins été prouvée que celle de Xavier Dupont de Ligonnès ces dernières années, que son action concrète encore moins (les tremblements de Terre seraient dus à la tectonique des plaques, la destruction de l’éco-système à l’homme…), il serait peut-être de bon ton de laisser chaque individu décider par et pour soi-même ce qu’il veut faire de sa vie et de sa mort ! Venir au monde s’avérant déjà douloureux pour beaucoup (surtout pour nos mères), certains passeront leur vie à subir. Et puis un jour, abandonnés par tous et un peu ivres, ils iront courir nus dans un champ, sous l’orage, pour entrevoir enfin la lumière. 100 millions de volts d’un coup. Finir comme une petite merguez, une belle fin pour ces amateurs de barbecue. La justice conclura à un accident, bien qu’on ne retrouvât jamais leurs habits.

Ni Dieu, ni l’état, ni personne ne devrait avoir le droit de vie ou de mort sur autrui, même si certains ne demandent pas l’autorisation pour trucider au hasard, et pas que dans des pays où les armes sont en vente libre et les conducteurs sans permis en liberté ! Au-delà du mal être, de la pression sociale, du regard des autres (ou pire, de l’absence de regard), au-delà des déceptions et des rejets, du handicap physique qui empêche souvent de bien serrer le nœud de la corde, les maladies incurables poussent certains à prendre des décisions drastiques, personnelles, réfléchies et humaines, que d’autres (que l’on appelle des proches !) ont décidé d’interdire. En leur nom. Mais parler au nom des autres est la plus grande hérésie de ces temps modernes. Celle qui fait les dictateurs, les armées, les groupuscules, les sectes, le patriarcat, les religions ou les porte-parole !

Fermez vos gueules et laisser nous respirer. Laissez-nous réfléchir par nous-même, donner notre avis, même si cela va à l’encontre de vos pensées policées par des siècles de certitudes et d’éducation judéo-chrétienne, faussées par des écrits fantasques. Le monde évolue plus vite que vous. Il faut vous y faire. Tant qu’il est encore temps. Perso, je le dis là devant tout le monde (ou au moins aux 16 personnes qui me lisent), je veux en finir avant qu’Hanouna ne devienne président, je ne peux déjà plus supporter la version de Belle par Gims, Dadju et Sofiane, alors que j’ai subi l’original il y a 20 ans, je ne peux plus croire en un monde gouverné par l’avis des internautes, les likes, les polémiques, les selfies de connard.sses suffisant.es, l’écriture inclusive et la société non inclusive, la fermeture des Sephora et les virus à répétition. Je veux être incinéré, parce que je suis claustrophobe et qu’à la place des tristes cimetières on peut bâtir de très belles galeries marchandes. J’aimerai que mes cendres soient répandues au-dessus du stade de l’Abbé Deschamps, au printemps. Mais quand l’AJ Auxerre sera de retour en Ligue 1, parce que là c’est trop la honte.

Avant ça, prenez mes organes et donnez-les à des gens dans le besoin. Je suis non-fumeur, je n’ai plus de vésicule mais j’ai un anus de jeune homme, un cœur fragile mais qui s’emballe encore devant une belle fille, un beau sourire, un bon film ou une chanson de Nancy Sinatra. Mon cerveau est encore en pleine ébullition, parfois un peu trop, mais il peut sûrement aider certains à se sortir d’années passées devant NRJ 12. En revanche je refuse qu’il soit donné à un militaire ou à un accidenté en trottinette électrique. J’ai mes limites. Et surtout, si je m’éteins un soir devant Top Chef en me bavant dessus, j’ai trop de respect pour les soignants et la consommation d’énergie pour végéter des années dans un lit d’hôpital. Je l’ai fait 3 semaines pour échapper jadis à l’armée, c’est inhumain. Respectez-moi un peu, et vous par la même occasion. On n’a rarement l’occasion de choisir le moment et le moyen de sa mort, alors ne nous privez pas de cette petite vengeance sur le destin. C’est un luxe que beaucoup n’ont pas eu.

Crédits : Boris Zhitkov – Getty

La foire aux andouilles. 2/03/2021

Ce n’est sans doute pas le ministre de l’Intérieur, mais le fan de Nicolas Sarkozy qui s’est exprimé sous le coup de l’émotion, devant les caméras des télévisions françaises. Un cri du cœur, comme en ont lâché récemment les fans éplorés de Daft Punk. On a limite entendu la petite goutte venir auréoler sa braguette républicaine ! Gérald est un grand sensible. Mais
en faisant ça, Darmanin est non seulement sorti du devoir de réserve que son rang lui impose, mais a surtout confirmé cette tendance qu’ont les hommes-femmes politiques modernes à ne plus avoir de filtre sur des plateaux télé ou en radio. Quels que soient les liens ou l’admiration qu’il porte à Sarko, sa sortie est inadmissible.

Mais aujourd’hui, à l’heure de la télé-caniveau, ce genre de propos passent crème, les politiques et les polémistes très à droite des chaînes d’info en boucle s’étant fait un jeu de critiquer toute décision de justice qui puisse nuire à leurs amis. Condamner (enfin) Sarkozy, c’est être potentiellement condamnable. Marine Le Pen demande le retrait pur et dur de la commission d’enquête, histoire de continuer à batifoler dans les mêmes eaux troubles que les copains.
De tous les côtés, combien de mis(es) en examen, de condamnation, de plaintes pour détournements, abus de biens sociaux, fraude fiscale ou harcèlement depuis 20 ans ? On peut sembler s’acharner sur le mari de Carla, mais en plus de ses 3 mises en examen, sa troupe de fidèles ressemble plus à un casting des Soprano qu’à un gouvernement : Juppé, Fillon, Hortefeux, Pécresse, Alliot-Marie, Guéant, Woerth, les Balkany…en plus de Chirac…
Eux qui réclamaient tous des sanctions exemplaires pour Cahuzac et consorts…Eux qui sont si à cheval sur le règlement quand il s’agit du peuple, des délinquants de banlieue ou des ennemis de gauche.

Sauf que la délinquance en col blanc, qui est un peu l’ADN de tout apprenti politique, ne semble plus passer à l’heure des réseaux sociaux. Malgré les pressions, une certaine presse veille, quelques juges s’accrochent à un semblant de démocratie. Pour le bien de tous. Comment s’étonner alors du ras-le-bol et du désintérêt généralisé pour un milieu qui n’a que trop peu de figures emblématiques à élire, trop peu d’idées à défendre ? Il n’y plus de droite, ni de gauche, juste une bande de populistes (très à droite quand même) cherchant dans la peur les bulletins de vote qui justifieront enfin une politique trumpiste de la haine et de la division. Mais à part leurs passe-droits, leur entre-soi, leur supériorité de classe, leur arrogance, leur inculture, leurs ambitions démesurées, leur égo mal placé, les politiques en place n’ont plus grand-chose à vendre.

Pour l’heure, ce pays est au bord du chaos, du gouffre et du ridicule, à l’image de ce système qui le gouverne depuis bien trop d’années. Les hommes et femmes qui le composent ne sont que des pantins que l’on aimerait voir se désintégrer comme dans un clip de Daft Punk, dont les robots étaient plus humains que ce ramassis de parvenus. La sortie de Darmanin est immature et non-professionnelle. Mais avec son visage poupin et son regard benêt, il est l’incarnation de cette génération aux dents longues et aux idées courtes, dont il faut se débarrasser aussi vite que le Covid. Qui lui, à l’intelligence de se renouveler rapidement pour s’adapter au monde qui l’entoure.

Gros sur la Patate. 27/02/2021

Le fâcheux est aux réseaux sociaux ce que la tique est au chien, le morpion à mes couilles. Un parasite attaché à pourrir la vie de ceux qui en ont une. Une sangsue. Un vampire de pacotille qui vit par procuration, sans mettre de vieux pain sur son balcon, mais juste en suçant l’énergie et en pompant l’air de toutes les victimes auxquelles il s’attaque. Dénué de talent autant que de projets, sa seule ambition réside dans ce besoin viscéral de cracher sur ceux, plus connus que lui, qui font quelque chose. Ce qui est bien d’ailleurs, quand on a une notoriété moyenne, c’est qu’on est encore à l’abri de ses attaques aussi sournoises que gratuites.

Son courage légendaire l’obligeant à rester anonyme, il s’en prend non seulement aux idées, mais souvent au physique, au sexe, à la race ou à la religion, comme le ferait un enfant de 7 ans dans la cour d’une école ou un chroniqueur sur CNews. Il se nourrit essentiellement des clashs qu’il engendre, se vautre dans les polémiques comme un porcelet dans sa propre fange, en appelle souvent au complotisme et se réunit parfois en meute pour décupler sa rage, parce qu’on est toujours plus fort quand on a un cerveau pour tout un troupeau d’abrutis congénitaux. Parfois, comme dans la ligue du LOL, on peut y retrouver des personnes sensées, éduquées et accréditées, qui s’amusent à imposer leur petite tyrannie numérique afin de se donner l’importance et la reconnaissance que leurs articles ne suscitent plus depuis longtemps.

Ce sont souvent des hommes. Ce qui est d’autant plus agaçant que ça réveille des féministes tout aussi virulentes ! Les transgenres, eux.elles, qui sont aujourd’hui 3% dans le monde, demandent à ce que l’on n’utilise plus les mots père ou mère, ou lait maternel. On ne sait plus à quels seins se vouer, mais il faut ménager les susceptibilités de toutes les minorités. Dégenrer Mr Patate. Réécrire des livres. Revisiter ou détruire des décennies de films légendaires racistes, sexistes, misogynes ou simplement représentatifs de leur époque. Et si on faisait 6 versions pour chaque nouveau film : 1 avec un homme, 1 avec une femme, 1 avec un trans, 1 avec un noir, 1 avec un handicapé, 1 avec un dauphin, pour contenter tout le monde ?  Et si plus simplement, on fermait un peu sa gueule en allant juste voir les films qui nous intéressent ?

On veut de l’écriture inclusive, la plus grande escroquerie grammaticale depuis les premiers textes d’Aya Nakamura, histoire d’exclure pour de bon les analphabètes et les dyslexiques. On veut pouvoir dire une oiseau, une train, une avion ou une bateau, y en a marre de ce sexisme des transports !  Et pour Dieu, Mahomet et le Père Noel, on fait comment ? Ca casse les couilles ces barbus qui contrôlent le monde ! On veut des steaks dans nos cantines, parce que nos enfants vont mourir, on veut du tofu dans nos restaurants parce que nos animaux vont mourir. Et si on mangeait nos enfants, histoire d’éliminer une partie du futur problème ?

La liberté des uns s’arrête où commence l’intolérance des autres.

Attaqué à nouveau par les mêmes hystériques, 10 ans après la première salve, Orelsan prévenait pourtant déjà dans Suicide Social (constat lucide et percutant d’une certaine France reloue, qui refuse d’entendre ses 4 vérités, mais aboie toujours pour dénoncer celle du voisin.) :

Adieu ces associations bien pensantes/ Les dictateurs de la bonne conscience/ Bien content qu’on leur fasse du tort./ C’est à celui qui condamnera le plus fort.

En 10 ans, rien n’a changé. Bien au contraire. Chacun se replie dans sa case, dans son clan, dans son coin. Dans ses certitudes. Voilà donc où en sont les priorités de chacun en 2021 alors que la planète se meurt doucement au soleil d’Instagram. Un selfie et quelques milliers de like avant de crever. Sur ma tombe on mettra un pouce bleu et des émojis cœur. Dehors il peut bien tomber de la merde, la nature peut bien se rebeller, tant qu’on est connectés tout va bien. Notre président fait mumuse avec des youtubeurs, mais les jeunes, ceux qui ne meurent pas dans la rue avant 15 ans, ne sont-ils pas de futurs électeurs ? Les West-Kardashian se séparent. Qui aura la garde de l’égo ? Tout va bien. C’est la crise à l’OM, les supporters contrôlent la situation. Isabelle Balkany est en prime-time chez Hanouna, Patrick est en liberté. Tout va bien. Les Daft Punk se séparent, eux qui vivaient cachés depuis 20 ans, se sont désintégrés dans cette époque dématérialisée et pourtant si matérialiste, où l’on cherche à augmenter sa visibilité avant son talent. Humains avant tout. Les fâcheux diront qu’ils faisaient de la merde en pompant tout le monde.

Les fâcheux diront que je suis un mâle blanc, hétérosexuel, de plus de 40 ans et que je suis responsable de tous les maux de la Terre. Je ne suis responsable de rien, si ce n’est de mes propres actions. Je n’ai pas à payer pour les actes insensés ou irresponsables de mes ancêtres. Pas plus que je ne suis fier des choses positives qu’ils ont accomplies. Je reste à ma place. En observateur d’une société qui ne me convient plus. J’observe juste des fâcheux et des groupuscules décidant pour les autres. Qui censurent, qui dénoncent, qui obligent. Qui, sous couvert de dénoncer une société liberticide et castratrice, se comportent comme les pires des dictateurs à moustache, divisent et fragilisent une société qui n’avait pas besoin de ça.

Pour éliminer les tiques et les morpions, j’ai dû abandonner mon chien et me raser les couilles. La solution pour éliminer les fâcheux est bien moins contraignante. Couper Twitter et prendre un livre. J’ai pas mal de retard et du temps devant moi. Les salles sont fermées et la notoriété moyenne est un luxe qu’il faut entretenir.

Animal on est mal. 11/02/2021

A l’instar de tous ceux qui avaient une vie sociale il y a quelques mois, les membres de l’association PETA semblent se faire chier comme des rats morts. Depuis que les pétasses des magazines et des podiums ne portent plus de vison, depuis que les visons ont le Covid (ou la grippe aviaire, je ne sais plus), depuis que la majorité des bobos de ce monde est devenue végane, ou flexitarienne, ou crudivore, ou calliophile (celle qui aime sucer des cailloux), depuis que les chatons ont remplacé les bébés phoques pour émouvoir les enfants-écrans, il faut bien que les antispécistes occupent leur temps libre comme les autres: en postant de la merde sur les réseaux sociaux.

L’association estime donc que les humains utilisent un vocabulaire trop oppressif envers les animaux ! On ne doit plus dire poule mouillée, paresseux ou mort aux vaches ! C’est vexant. Alors c’est vrai que sur leurs actions contre la chasse à courre, la pêche aux thons ou la corrida, on était prêts à les suivre sans chercher la petite bête. Mais là mes biquets, votre sortie ne vaut pas un pet de lapin et vous passez pour des buses devant tout Internet qui vient juste de lâcher les mêmes de Bernie Sanders pour les templates « à la Macron », et c’est vrai que c’est super drôle !

Si on peut décemment accepter que certains hommes ne soient pas l’égal de certains animaux, vu leur comportement bestial, on peut aussi entendre que les animaux, petits ou grands, sont l’égal de l’homme (sauf si on ne cautionne déjà pas la théorie de l’évolution comme tous ces dingos de croyants) !  Mais que les animaux entendent, et comprennent, ce que dit l’homme, ça dépasse l’entendement ! Encore une fois, une poignée d’élus se s’est sentie investie d’une mission divine, comme pour l’écriture inclusive, en décidant de parler au nom de tous, et de rendre la vie des animaux et des féministes plus juste. Parce que comme on dit entre nous, « il ne leur manque que la parole à tous ceux.celles-là !  » Mais si les chiennes de garde ont d’autres chats à fouetter, les animaux en question manifestent rarement leur ras-le-bol le samedi après-midi, pendant que les troupeaux bêlants font les soldes. A force d’enculer les mouches, le véritable combat des antispécistes devient une mascarade qui fout même le cafard aux plus ardents défenseurs de la cause animale.

Perso, si je devais parler au nom de toutes les bestioles opprimées sur cette planète, je lancerai les hashtag #metootoo, afin d’aider les chiens abandonnés à dénoncer leurs cons de propriétaires ou #balancetonmaître pour donner enfin la parole à tous ces animaux domestiques qui subissent la cruauté des enfants, la solitude des célibataires interdits sur Tinder, l’affection de ceux qui aiment simplement les poils et les conjoints silencieux pendant et après l’amour, ou la perversion zoophile des réseaux russes qui alimentent le dark web pour le plus grand plaisir des amateurs de femmes avec des queues de cheval…Pour hennir de plaisir.

Mais revenons à nos moutons. Cette époque fout déjà tellement le bourdon, entre le froid de canard qui s’est abattu sur l’Europe, le procès de ce bourricot de Trump et les joueurs de l’OM qui jouent comme des tanches, il nous faut en plus régler le problème de tous ces gros porcs qui abusent des oies blanches dans les hautes sphères, comme dans les basses cours. De la menace des femmes cougars ou celui de ces petites cochonnes qui en montrent beaucoup sur les réseaux puis qui viennent crier au loup, parce que quelques blaireaux peu éduqués se comportent comme des gros bœufs devant leur provocante plastique. Entre les nids de guêpes et les paniers de crabes où s’ébrouent les requins de la finance et des affaires, les grenouilles de bénitier qui montent sur leurs grands chevaux au moindre faux pas, les serpents sournois qui sifflent sur nos têtes, les politiques qui nous font avaler des couleuvres, on finit par marcher sur des œufs dans ce monde de bourrins.

Dans leur cheminement vers plus de respect animalier, souhaitons donc bonne chance à Peta pour trouver une équivalence au mot levrette, qui a quand même l’avantage d’être féminin, contrairement au missionnaire. Si on peut contenter tous les clans…Allez, je dois aller faire la cuisine. A midi je mange des moules.

Inceste de citron. 22/01/2021

Passer de Trump à Biden, c’est un peu comme binge-watcher Les Marseillais à Cancun avant de regarder l’intégrale de Tarkovski, comme écouter un débat sur CNews avant d’écouter Laure Adler, comme se masturber avec un gant de crin avant de passer au gant de nouilles…Ca fait comme un bol d’air frais, une sensation de calme plus apaisante que n’importe quelle séance de méditation quotidienne. La fin d’un cauchemar pour toute personne sensée, le début d’un autre pour toute personne censée croire que Trump était la personne sensée…Pour eux, pas de révolution annoncée, pas de renversement inopiné, leurs prédictions envolées en même temps que Mr Orange vers la Floride. Ce territoire d’apparences et de vieux botoxés aux frais des fonds de pensions ricains, qui essorent depuis trop longtemps nos belles compagnies européennes, et où Mélania pourra fondre son inutilité glaçante, pendant que Monsieur perfectionne son swing autour de nouveaux trous.  

Un peu de calme, d’humanité et de réflexion ne feront pas de mal dans une période où plus rien ne nous laisse penser qu’il y ait un jour un retour à la normale…

Et si, du coup, motivés autant que contraints par ces nouvelles perspectives, nous prenions le parti de vivre ces 50 ans dernières années juste pour le plaisir. Comme Herbert Léonard, mais avec bon goût et désinvolture. Revenir aux fondamentaux. Aux joies simples. Sans travail, sans argent, sans pression, sans 5G. Echanger, se prêter, se parler, se regarder, se voir. S’entendre sur à peu près tout. Se dire qu’on aura bien merdé quand même, mais que comme en colo, c’est toujours au moment de partir qu’on regrette de ne pas avoir embrassé Patricia Dubois. Tout ce qu’on a raté, tout ce qu’on n’a pas fait, ces frustrations laissées ici ou là pour faire plaisir à un patron, à la famille, à Jésus ou à d’autres personnages de fiction. Tout ces moments à vivre où l’on était déjà mort. Tous ces moments éveillés où l’on avait les yeux fermés. Tous ces moments à écouter les rumeurs et le tumulte plutôt que la sagesse et le silence. Tous ces moments à snober la nature plutôt que d’apprendre avec elle. Tous ces moments passés dans la peau d’un gros con plutôt que dans celle d’un être humain. Tous ces moments à avoir peur alors qu’on était les plus heureux du monde. De notre monde. Le seul qu’on connaisse, le seul qu’on aurait pu sauver…Tous ces moments où l’on aurait du rire plutôt que de pleurer ou de s’apitoyer sur son sort, à regretter le passé pendant qu’on détruisait déjà le futur.

Mais le 20 janvier c’était le jour des soldes. Et on n’avait pas le temps pour se poser autant de question. Et il y a un temps pour tout. Surtout pour faire de bonnes affaires ! Et braver le Covid pour un 40% sur cette jupe Zara, ça vaut bien un 40 de fièvre en rentrant à la maison. Il faut savoir rester chic pour le prochain confinement, les photos sur Insta ou sur Tinder. On ne sait jamais. On n’est pas à l’abri de tomber sur un mec bien. Un qui ne violerait ni ses enfants, ni ceux des autres, qui ne mangerait pas de viande, qui aimerait vos névroses, vos chats, et daignerait partager le bout de chemin qu’il reste sans penser au cul, au foot ou à la voisine. Bacri était un mec bien. Enfin, on pense. Garant d’une certaine classe et d’un esprit peu vu dans la comédie française « grand public », le bougon le plus célèbre depuis Jean Yanne s’en va à son tour, voir là-bas si les gens sont moins cons. Les français sont tristes de perdre finalement quelqu’un qui « dans ses films » leur ressemblait tellement. A défaut de 66 millions de procureurs, la France compte sûrement pas loin de 66 millions de ronchons. Un sport national, qui a parfois ses bons côtés…

Mais à force de râler, sait-on encore seulement rire ? Différentes affaires récentes montrent que non. Xavier Gorce et Plantu quittent Le Monde. La presse ne défend plus ses dessinateurs. Qu’ils aient peur de groupuscules religieux intégristes et très premier degré, passe encore, ils ont des armes, mais que l’on plie aujourd’hui devant des internautes, qui n’ont que des pseudonymes…En plus d’une fragilité psychologique et une susceptibilité un peu exacerbée. Les communautés (religieuses, sexuelles, alimentaires, vestimentaires, sportives, animalières…) s’érigent en gardiennes du temple, faisant régner la terreur sur des réseaux sociaux devenus incontrôlables, ramenant les débats et la pensée à la préhistoire. Non, on ne peut plus rire de rien, nulle part, sans que cela tourne au drame, frôle l’hystérie et alimente des discussions stériles entre fanatiques de quelque chose. L’humour n’est pas donné à tout le monde. Même si tout le monde pense avoir de l’humour. Que les choses soient dites, même si, à ce niveau du texte, les pourfendeurs probables ont déjà arrêté de lire depuis la 3e phrase: plus une société s’appauvrit culturellement et intellectuellement moins elle a de recul. Donc d’humour. Ce qui nous distingue pourtant des animaux. Comme le plaisir.

Et ce n’est pas parce que ces notions là nous manquent cruellement aujourd’hui, qu’il faut devenir aigris et détestables en attaquant tous ceux qui ne pensent pas comme vous. On ne peut pas être Charlie contre Daesh, mais pas Charlie avec les pingouins ! Si Violente Viande vous touche (avec ses mots), lisez-le, et partagez-le. S’il vous débecte, désabonnez-vous et lisez Arsène Lupin. Il n’y a pas de sujets tabous. Il n’y a que des gens pas prêts. La vie dehors sera toujours plus violente et dégueulasse que n’importe quelle chronique, que n’importe quel dessin, que n’importe quel sketch. Que personne ne vous force à lire, à regarder ou à écouter. Indignez-vous pour de vrais sujets, de ceux qui mettent réellement la survie de cette planète en danger. Comme ce dernier titre de Gims et Black M, César…Au sommet du cynisme, les mecs ne se font plus chier à écrire des chansons. Ici, ils reprennent l’air de ‘’Savez-vous planter les choux’’ pour s’assurer un succès immédiat chez les 5-10 ans, leur cœur de cible. Quand on pense avoir touché le fond avec Jul…Pour les autres qui n’auraient plus d’inspiration (en ont-ils eu un jour ?), je vous propose la vraie version d’«Il fourre, il fourre le curé », véritable hit en puissance qui prendra toute sa saveur dans les cours de récré ou chez les scouts. Il serait temps de se rendre compte que les légendaires chansons pour enfants cachent souvent des textes coquins et paillards. Autre temps, autre mœurs, comme on dit chez les Duhamel.

L’âge de Pierre. 8/01/2021

Et si finalement 2020 n’était pas le plat de résistance, mais simplement l’entrée, voir l’apéritif d’une nouvelle décennie où la nature reprend ses droits et nous remet enfin à notre place, après trop de dommages corporels et de viols non consentis ? (Attention spoilers : à partir de là, nous allons perdre les créationnistes de base, ce qui n’est pas très grave, puisque on les aurait de toute façon perdus après, avec la partie sur Trump ou sur le complotisme, puisque toutes ces croyances sont étroitement liées dans leurs esprits étriqués.)

L’être humain, donc, en arrivant sur Terre de manière scientifiquement miraculeuse (à ce jour aucun autre signe de vie extraterrestre n’a été détectée dans l’univers, sauf ceux qu’on nous cache depuis Roswell évidemment !) n’avait qu’une mission à mener à bien pour le salut de la collectivité : préserver son environnement naturel. Après seulement 2,5 millions d’années d’existence, l’Homme (avec tous ses dérivés successifs), est donc en passe d’anéantir son terrain de jeu, et par la même occasion son existence si précieuse et si rare, démontrant qu’il ne suffit pas d’être intrinsèquement moins con qu’un dinosaure, alors qu’on aura mis grosso modo 2000 ans pour anéantir ce que la planète aura mis patiemment 4 milliards d’années à bâtir.

A quel moment tout est parti en couille ? Avec les premières frontières, la domination de l’homme blanc sur toutes les autres espèces, les premiers tatouages Vikings, la domination de l’homme par l’argent, l’invention des religions, le massacre des indiens d’Amérique, la séparation des New Kids On The Block ? Difficile de répondre ici sérieusement, mais il semblerait que tout soit plus ou moins lié à l’apparition du premier virus Connardus Maximus qui dévasta une grande partie de la population mondiale à la création des premières monnaies et de leurs premiers effets collatéraux : exploitation, inégalités, esclavagisme, delirium tremens, perte des réalités, abus de pouvoir, détournement de fond, vols, meurtres, pillages, invention des religions, abus de bien sociaux, politique, extorsion, salaires, chômage, mendicité, colportage, guerre, famine, boursicotage, guerre de religions, héritage, prostitution, trader, Pirates des Caraïbes, Pirate Bay, mafias, sectes, religions, arnaques, délinquance juvénile et autres Française des Jeux. Dévastatrice, la maladie se transmit de manière contagieuse autant qu’héréditaire aux premiers éblouis, puis à leurs enfants puis à leurs enfants puis à leurs enfants puis à leurs enfants puis à leurs enfants puis à Donald Trump.

En l’espace de quelques siècles, le double ravage crée par l’argent roi et un taux de connerie bien supérieur à la moyenne tolérée, allait laisser exsangue une bonne partie de l’espèce humaine, persuadée que la propriété terrienne, la possession d’un SUV 7 places et d’une femme 2 places, d’un chalet à Megève, d’une tripotée d’enfants aussi blonds que discrets dans l’inceste, et d’une collection de dauphins en cristal Swarovski étaient le signe d’une vie épanouie comme d’une bonne santé mentale. Pour beaucoup le seigneur guiderait leurs pas, jugerait leurs actes, laissant à chacun la liberté d’interpréter les textes divins ou de sacrifier tel ou tel membre de sa famille. Incarnation de cette réussite sur tous les tableaux, Donald Trump serait donc pour toute une frange de la population, un exemple et un leader politique et spirituel. Un peu comme si Philippe Crozon était leader de l’équipe de France du 100m papillon ou Loana présidente de l’Académie Française en somme.

C’était donc prévisible. Voir prérisible. Après 4 ans de mascarade, d’éructations et de comportements infantiles, celui qui régla le sort de la politique américaine à grands coups de tweets rageurs et de sorties indécentes, aura donc créé devant nos yeux ébahis une immense secte à son image. Inculte, puérile, belligérante et complotiste, répétant à l’envi des mensonges assénés comme des vérités : journalistes fake news, migrants terroristes ou démocrates communistes. Il n’en faut guère plus dans un monde de réseaux sociaux et de réflexions inexistantes pour monter une armée. Dans leur envie légitime d’un monde meilleur, ce troupeau de clowns enguirlandés aura fini son cirque en apothéose, venant piétiner une démocratie dont ils ne comprennent rien, aux yeux d’un monde moderne anéanti par tant de bêtise et de violence crasse. Le pire étant qu’aucun d’entre eux n’était pour une fois armé, le jour glorieux de cette révolution qui devait faire trembler le monde endormi ! Comme aux grandes heures des putschs sud-américains, cette armée d’illuminés, drapés de bannières étoilées en guise de capes d’immunité, ont voulu croire une dernière fois aux élucubrations insensées, aux gesticulations désespérées d’un des pires modèles que la politique moderne aura offert à son peuple, finissant sa carrière sur l’image d’un mauvais canular de Patrick Sebastien. Dans ce monde-là, la révolution c’est donc de renverser des bureaux et de faire des selfies au Capitole…

Peut-être que nous sommes dans le déni, nous, pauvres mortels qui n’avons pas encore eu l’illumination, mais le temps presse pour sauver in extremis cette planète qui n’en peut plus de nous. Il faut se débarrasser des virus comme des complotistes, comme de tous ceux qui ralentissent un processus écologique et un revirement de comportement obligatoire. Trump est un ennemi du bon sens et de l’humanité. Mais il en reste encore des centaines comme lui, bien plus dangereux car bien moins prévisibles et ostentatoires.

En 2021, il ne faudra plus se tromper de combat.

On a tous quelque chose en nous du Tennessee. 29/12/2020

« Le jour de Noel, mon neveu de 9 ans est venu me voir à la fin du repas pour me demander pourquoi je ne lui avais pas fait de cadeau cette année. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite car il n’avait pas son iPhone 12 devant le nez. Je lui ai répondu que déjà à son âge, je croyais encore au Père Noel et que le prix de son iPhone était celui de ma première Super 5, bleu turquoise métallisé, que ma mère me vendit pour que je partisse le plus rapidement sur l’autoroute de la vie d’adulte. Je lui dis également que cette année j’avais mis sa part dans un coffret de Morricone en vinyle pour aider l’industrie du disque à relever la tête, contrairement à la sienne, toujours baissée pour compter les likes de son pauvre compte Tik Tok, où les jeunes de son âge se cherchent un avenir et une sexualité en partageant des chorégraphies encore plus médiocres que les musiques utilisées. Et que s’il était sage, pour ses 10 ans, il aurait le droit de partir en Ouïgourtie pour aider ses camarades chinois à fabriquer les jouets de son choix, mais uniquement s’il finissait ses haricots verts. La vie ne fait pas de cadeau chantait Tragédie, ou Jacques Brel, selon que l’on ait eu un jour un minimum d’éducation musicale. Quant aux hausses des violences domestiques, évitez déjà les ruptures de stock de Playstation 5 avant Noel et ce sera déjà plus vivable pour tout le monde !

Franchement, ce monde d’après a de la gueule ! Toutes les promesses de changements faites pendant le premier confinement ont volé en éclat : 2020 a été l’année la plus chaude de l’histoire, les gens enfermés sont de plus en plus cons, Christophe, Piccoli, Kirk Douglas, Sean Connery, Uderzo, Ennio, Diego, Bedos et Brasseur sont partis, et ils ont sûrement bien fait. Mais à chaque disparition d’une figure importante de notre culture passée, on mesure surtout le vide incommensurable de ceux qui restent, construisant des carrières aussi fragiles qu’éphémères sur des likes et des modes interchangeables. L’avenir appartient à Vianney, Gims, Kendji, Aya Nakamura ou autres Wejdenne, Kim Glow et Lena Situations. Qui ont l’air de l’avoir bien en main. La situation. Quand on pense que pour que leur carrière s’arrête il suffit de débrancher leur autotune ou que leurs fans deviennent adultes…

Mais le grand public s’en fout, on n’a jamais été très regardant sur la qualité par ici. Quand on voit que Grégory Lemarchal est le chanteur le plus important des années 2000, ça fait tousser…Et chaque année à Noel, le JDD nous conforte dans nos certitudes : Goldman et Sophie Marceau sont les personnalités au chômage préférées des français ! Talonnées par Jean-Pierre Pernault et Mimie Mathy…Il ne s’est donc rien passé culturellement dans ce pays depuis 1988 ? Zemmour, Pascal Praud et Raoult c’est de la merde ? Quant aux politiques, écrivains ou autres penseurs, autant oublier direct que la « culture » de masse ne passe que par le prisme de la télévision. Vive Miss France, vive l’Eurovision ! Un pays qui sent le formol à ce point c’est finalement très cohérent avec un peuple à qui tout fait peur, qui ne veut pas évoluer. Parce qu’on aime les choses rassurantes, les repères et les habitudes, chacun calant son rythme de vie sur les heures de ses émissions préférées. Jeff Tuche président ! Vautrons-nous encore dans les agapes et la naphtaline. On aura tout le temps en 2022 pour regretter nos choix une fois les vrais réacs au pouvoir, comme ces anglais qui regardent aujourd’hui l’Europe s’éloigner, impuissants.

Et que deviendra-t-on une fois que Donald Trump aura quitté le pouvoir pour s’adonner pleinement à sa passion des trous ? Il nous manquera c’est sûr, comme cet enfant turbulent
placé en centre de redressement, qu’on visite de temps en temps. On l’aime encore un peu, même si l’on a un peu honte.
Alors que l’on continue toujours de chercher les bulletins volés par les diaboliques démocrates, voilà qu’un attentat au camping-car secoue Nashville, capitale de la country ! Quel est le message au pays des chanteurs fascistes à chapeaux mous ? Un fan de Johnny toujours pas remis, quelques jours après l’anniversaire de la mort du French Christ ? Une menace contre les propriétaires de camping-cars ? Un attentat islamiste encore raté ou juste un problème de réchaud à gaz mal réglé ? Les dangereux rigolos de Qanon avaient bien prophétisé des actions contre Biden et les pédos-satanistes qui gouvernent le monde le 18 décembre, afin que l’honneur de Donald lui soit rendu en même temps que ses électeurs. Et tant que l’on ne recomptera pas les votes jusqu’à ce qu’il gagne, il continuera de gracier ses amis condamnés, (heureusement que Jeffrey Epstein a été suicidé en prison, sinon il aurait été le premier sur la liste !) tout en exécutant des prisonniers jusqu’au 20 janvier. Na ! Vous l’avez bien cherché aussi. A défaut d’assurer la passation de pouvoir, on s’occupe comme un peut !
Il semblerait bien que pour toutes les victimes de Trump et pour une grosse partie du globe, le père Noel ne soit pas passé cette année encore. Et le méchant Covid n’y est pas pour grand-chose.
A l’heure des vœux et des bonnes résolutions, en sachant objectivement que les inégalités, la violence domestique, les maladies, les albums de Jul, le réchauffement climatique, les viols et les enlèvements d’enfants ne s’arrêteront pas en 2021, je fais juste le vœux d’avoir une Playstation 5 le plus rapidement possible. Où je ne réponds plus de rien. 

La Culture de la lose

La culture française, celle qui fait vibrer les masses, peut se résumer en 5 mots : chasse, pêche, et tradition pour le côté terroir et nourricier du corps, télévision et religion pour le côté spirituel et nourricier de l’âme. Et il est aussi cruel qu’étonnant de voir que les mentalités n’ont pas vraiment évolué depuis des décennies dans ce pays, qui à force de vouloir se raccrocher aux branches de son délicieux passé, ne voit pas l’arbre s’écrouler lamentablement sur le terreau d’un futur qu’on refuse d’envisager serein.

La mentalité « française », l’exception, ce fameux caractère révolutionnaire (qui n’a jamais si bien rimé avec réactionnaire) est en train d’entrainer tout le pays dans le marasme culturel et le chaos politique, pour de fallacieuses raisons de privations, de libertés ou de droits individuels qu’on nous aurait volé…Les complotistes et les blacks bloc ont pignon sur rue. Nous serions attaqués, nous, les français ! Alors que le monde entier est dans la même situation que nous, à divers degrés. Mais chacun ramène ça ici à sa petite personne, prêchant pour sa paroisse et son confort moderne. Qui passe avant tout par un accès aux grandes surfaces et un réveillon du nouvel an en bonne et due forme, plutôt que par la santé retrouvée d’une planète à l’agonie.

Tout le monde souffre, à son niveau : physiquement, psychologiquement, économiquement. La situation n’arrange personne et les conspirationnistes névrotiques assez cons pour croire le contraire, anti-masques et anti-vaccins, ne sont que de dangereux psychopathes criminels, dont Trump serait devenu le super-héros ultime. En plus du Covid qui ravage son pays, Donald continue les exécutions, afin de laisser définitivement la trace gluante que son passage mérite dans les livres d’Histoire. Que cet homme soit un modèle pour beaucoup d’apprentis fachos est l’emblème de ce monde élevé à la vulgarité, à la télé-réalité, à l’autosatisfaction, aux selfies, à la peur de l’autre et à l’argent roi. En pleine pandémie et récession mondiale, avant des tombereaux de licenciements à venir en 2021, Amazon annonce des chiffres records pour son Black Friday, nouveau rendez-vous immanquable d’un consumérisme aveugle et débectant.

Tout est dit.

Cyber Monday. Fisting Sunday. Consommer plutôt que vivre. La seule mission de cette partie de l’humanité (qui a les moyens et qui est chrétienne) est de sauver Noel. Après nous le déluge, comme disait Noé, le créateur de la SPA. Alors oui, tout le monde va passer une année frustrante et compliquée, changer ses habitudes, perdre son taf, son temps, ses espoirs, son argent, ses illusions, ses envies, ses proches…Certains vont noyer leur chagrin dans l’alcool ou leur pénis dans le formol. D’autres vont se prendre en main, se réinventer et envoyer bouler certaines certitudes. Recommencer à vivre, plutôt que d’être en vie.

La seule grande injustice vient donc de cette obstination à sauver les grandes surfaces plutôt que la culture. Ouvrir des lieux de culte plutôt que des théâtres, c’est la priorité ultime dans un pays laïc ! Aujourd’hui pour voir un mec faire du stand-up, raconter des inepties devant une foule captive ou chanter des tubes indémodables, il faut aller à la messe. Avec un peu de chance on en ressort protégé à vie contre le virus, le mildiou, l’homosexualité, le communisme et l’obscurantisme. Dieu merci, les libraires et les disquaires sont à nouveau ouverts. On pourra se plonger dans les mémoires de Nicolas Sarkozy ou écouter en boucle l’hommage stylé de Jul à Mickael Jackson. En claquette chaussettes ! Pour le coup y en un qui doit vraiment finir en prison pour ça.

On sait que les gouvernements totalitaires ont plutôt tendance à éliminer la culture en premier, parce que des gens instruits sont des gens dangereux. Mais depuis quelques années nos dirigeants prouvent chaque jour que des gens peu instruits sont tout aussi dangereux, pour plein d’autres raisons. Alors si ça doit être dur, long et douloureux comme dans une scène anale de Rocco Siffredi, il faut que ce le soit pour tout le monde. Pas à la carte, pas pour faire plaisir, pas par calcul pré -électoral. Un confinement doit ressembler à un confinement, comme en mars, et pas à un grand n’importe quoi généralisé, mais où l’on peut acheter des huîtres, chasser ou se faire poser de faux ongles. Vu le niveau de nos gosses en français et en maths, c’est pas quelques mois de plus à l’arrêt qui vont changer la donne. Les 10% les plus riches qui vont au ski chaque année, devront prendre leur mal en patience ou partir à St Barth pour une fois. Les inconditionnels de la poudreuse pourront toujours aller se prosterner sur la tombe de Johnny…Qui a sûrement bien fait de se barrer avant le grand n’importe quoi.

Mais au-delà de la crise sanitaire, il faut préparer en parallèle les élections de 2022, qui promettent déjà un beau moment de politique et de convivialité. On a les dirigeants que l’on mérite. Et à vouloir chercher le diable dans chaque recoin de l’actu, on finira par lui donner une place de choix. Vincent Bolloré, dans l’ombre, travaille au retour de la droite dure, extrêmement extrême, en faisant de CNews une tribune populiste et réactionnaire, préférant protéger Zemmour et Praud que Sébastien Thoen et Stéphane Guy. L’homme, en son temps, avait déjà eu la peau des Guignols et du Zapping pour aider son ami Sarko à s’en sortir. Les années Canal sont bien loin, on est plus proche aujourd’hui des années Caniveau. Et le réveil post Covid pourrait bien amener ce pays dans une situation qui correspond vraiment à ses peurs quotidiennes et souvent infondées.  

Fâcheux ! (23/11/2020)

Bim ! Enfin une nouvelle polémique, alors qu’on se demandait comment survivre sans ça ! La nouvelle est tombée aussi lourdement qu’une feuille morte sur le trottoir désert en période de confinement : le facho n’ira plus chez Décathlon. Appel au boycott de la fachosphère pour cette enseigne à la solde du grand capital, qui a eu le mauvais goût de retirer ses investissements publicitaires de CNews, la nouvelle amicale des chroniqueurs réactionnaires, où Pascal Praud est pourtant un ancien journaliste sportif. On ne peut pas avoir le niveau dans tous les domaines. Mais on peut donner son avis. Ce serait rigolo si toutes les marques françaises un peu courageuses faisaient la même chose pour faire taire tous les dangereux réacs de la chaîne populiste de Bolloré. Quitte à foutre tout leur budget Noel sur Bfm.

Les fachos ils sont rigolos. Sur les réseaux sociaux on les reconnait car ils mettent des petits drapeaux français en photo de profil ou à côté de leurs noms, qui sont souvent des pseudos d’ailleurs. Et ça aussi c’est rigolo. Des fois leur nom n’est même pas français français, et alors là c’est trop golri ! Des fois ils mettent leurs vrais noms quand ils sont chroniqueurs télé ou dans la politique, mais c’est vrai que c’est long à écrire un nom à particule. Les fachos croivent qu’ils sont les seuls à connaitre la France et les français et à défendre les vraies valeurs et la langue française ! Wesh !

Ils pensent descendre des gaulois et c’est pour ça qu’ils font les coqs (lol) dans le poulailler de l’intolérance raciale. Les habitants de la Gaule (qui au départ comprenait aussi des suisses, des italiens, des allemands, et même des belges !) avaient le bon goût d’être blancs, ce qui conforte les fachos dans leur raisonnement imparable sur la supériorité de cette ‘’non-couleur’’ sur les autres. Alors que les ancêtres des gaulois étaient celtes, et que les ancêtres des celtes étaient plutôt eurasiens et que les ancêtres des eurasiens sont arrivés d’Afrique par milliers pour fuir les changements climatiques. Déjà. Faut dire qu’en -70 000, on supportait largement un petit pull en cachemire dans les plaines éthiopiennes où Sapiens naquit.

C’est cocasse cette histoire de racines. Ca commence là où ça les arrange. Le facho aime bien la colonisation mais pas trop que des sportifs français issus de la colonisation portent le beau maillot tricolore. Il aime bien l’idée que Dieu ait aidé les blancs à envahir d’autres peuples, d’autres territoires en son nom et au nom de la cohésion d’équipe : tous cathos ! En revanche, il n’aime pas trop que d’autres peuples ou d’autres religions, au nom d’un autre dieu moins bien, viennent envahir son territoire durement gagné au combat et au sang impur qui abreuve les sillons de son patriotisme exacerbé, nom d’un petit bonhomme en mousse !

Le facho aime se plaindre qu’il n’est pas représenté dans les médias, alors qu’il a une chaine à lui (CNEWS donc), un journal à lui (Valeurs pas très actuelles) et plein de super émissions à lui partout sur la délinquance et les interventions policières. Le facho pense que tous les gouvernements censurent sa parole et sa liberté d’expression, alors que tous les modèles préférés du facho sont tous plus ou moins dictateurs et prennent un malin plaisir de facho à enfermer des journalistes (ou à les faire disparaitre, c’est rigolo aussi), interdire des œuvres, brûler des cinémas et bâillonner des artistes ! Le facho aime bien l’armée et la police, c’est rassurant de se sentir protégé par d’autres fachos armés et souvent très ouverts au débat démocratique. Mais il aime par-dessus tout la chasse, parce que contrairement aux noirs, c’est toujours légal de se mettre à plusieurs fachos pour encercler un cerf ou un marcassin avant de lui tirer dans la gueule au nom de la tradition ! En même temps le facho n’est pas très porté sur le respect des espèces (autres que l’homme blanc) et pense que l’écologie c’est pour les pédés. Il ne croit pas au réchauffement climatique, ni au 11/09 ni à la victoire de Biden. Il aime bien les complots et les fake news qui vont faire éclore la vérité au grand jour. Même s’il ne sait pas vraiment de quelle vérité il s’agit. Mais il sait que contrairement au Professeur Rollin, qui a toujours quelque chose à dire, le professeur Raoult à toujours quelque chose de vrai à dire, et que comme tous les autres fachos il est une victime de son savoir et de son génie qui dérangent ceux qui ne voient pas l’avenir lucidement. Comme Rael ou Ron Hubbard. Qui ont aussi leurs adeptes.

Le facho n’est pas à une contradiction près ! Pour un facho, c’est toujours l’autre qui est facho. Comme pour les cons d’ailleurs. C’est marrant. Mais le facho n’a rien à voir avec l’extrême-droite, même s’il aime bien les mots milice et groupuscule, qui font souvent des ‘’ratonades’’ ou des profanations de cimetières juifs pour se détendre le vendredi soir, jour du Shabbat.

Les fachos pensent qu’Hitler est juste un peintre raté et que son œuvre n’est pas si critiquable que ça. Ils aiment bien Jeanne D’Arc, De Gaulle ou Donald Trump, qui sont un peu les Avengers du terroir, la Justice League d’une culture nationale qui n’a plus de place pour celle des autres. Sus aux étrangers, sus aux migrants. Sus aux burgers, aux tacos, au couscous, aux pizzas, aux nems ! Sus à Halloween et au Black Friday.

Le facho, le sus l’habite.

PS, illustration du jour: pourtant chez Decathlon Corse, on aime bien les fachos !