Cher Emmanuel, 17/02/2017

On connait l’importance dans vos métiers d’astiquer tout le monde dans le sens du poil (le catho intégral est contre l’épilation intégriste), mais de là à faire passer certains réactionnaires pour des victimes d’une banale décision sensée (le mariage pour tous), c’est un peu fort de café, comme disait Jacques Vabre en faisant croire aux gringos mexicains que le leur avaient bon goût. Il semblerait d’ailleurs que pour n’importe quelle décision, sur n’importe quel sujet, il y ait des pour et des contre. Et ce depuis l’invention du libre-arbitre. Dans l’histoire récente, les guerres, la peine de mort, Ie PSG, les préservatifs dans le porno, le port du voile, l’immigration, Christophe Maé, les assistants parlementaires, la recette des nems ou Roman Polanski ont toujours eu leurs défenseurs et leurs détracteurs. Rien, pas même Dieu ou Cristiano Ronaldo n’arrivent à faire l’unanimité sur cette foutue planète ! Alors à un moment, il faut prendre position, se décider en son âme et conscience et faire ce qu’il nous semble juste et pas calculé de manière grossière pour plaire au plus grand nombre. Ce qui fera d’ailleurs toujours la différence entre les studios Folimage et Walt Disney, Dominique A et Matpokor A, Guillaume Canet et Eric Judor, qui est vraiment drôle…

En prenant parti pour une frange de la population qui s’est sentie humiliée par la seule décision courageuse et utile de ce gouvernement (qui fut le tien), tu renies également des années de lutte et de combat pour une égalité juste et équitable, que même des pays bien plus à cheval sur le bénitier (l’Espagne depuis 2005, le Portugal depuis 2010, ou l’Irlande en 2015 , prouesse dans un pays qui compte plus de curés pédophiles que la France) ont laissé passer sans martyriser de chapelets ou hurler à l’éradication des homosexuels, de leur maladie et de leurs mœurs inavouables entre la messe du dimanche et celle de Jean-Pierre Ricard. Tant qu’à rallier une cause, autant qu’elle soit tournée vers l’amour et la modernité plutôt que vers la haine et le formol, non ? Sinon, comment se sortir des mentalités rances et moyenâgeuses d’un pays qui ne fait que regretter son passé et sa blancheur mais prend peur dès que l’on parle d’avenir et de couleurs ? On te pensait tellement plus swag que le premier Dupont-Aignan venu…

Tes réflexions de gauche nous auraient presque fait oublier tes inflexions de droite. Ton discours sur l’ouverture aux autres et à la discussion (mêmes avec les fachos), ta propension à aimer les vieilles tout en intéressant les jeunes à la politique, ta petite sortie couillue sur la colonisation, que tous tes prédécesseurs et les livres d’histoire semblent vouloir oublier, tes discours enflammés comme un puceau qui vient d’être élu délégué de sa classe de 3e, tout ça nous avait diverti entre les hologrammes de Mélenchon et les affaires en 3D de Fillon. Mais alors que tu dus démentir toi-même récemment une allégation taquine d’homosexualité, ce petit doigt d’honneur en direction de la communauté LGBT vient faire tâche sur ton caleçon immaculé de premier communiant. C’est désormais un poing d’honneur que tu brandis maladroitement dans le fondement des libertés individuelles comme un débutant à la Fistinière ou un gendarme dans un manifestant.

Donner toujours raison aux puissants, aux classes dominantes ou aux profils tolérés par les conventions (blanc, hétéro, de droite ou de gauche, catholique, diplômé et surtout docile), n’est plus vraiment la norme. Les riches et puissants Donald et Marine ont réussi l’exploit de faire croire aux pauvres et aux illettrés qu’ils avaient une solution pour eux et que l’ennemi était l’étranger, la différence et les journalistes. Et ça fonctionne ! Tu es jeune et ambitieux, ne mène pas des combats d’arrière-garde et surtout ne te trompe pas de cible (s) en manipulant tout le monde comme tes glorieux ainés. Si tu dois te mettre en marche, avance déjà dans la bonne direction.

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Bonjour la vie !

 

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Un peu de baume au coeur pour toutes ces familles calomniées par l’affaire Fillon , et dont on vient gâcher l’espoir d’une France dynamique et tournée vers l’avenir en plus des vacances à Courchevel. En espérant que la justice fasse aussi son travail par rapport à la sortie de ce disque.

Nos amis les ordures. 2/02/2017

Voilà déjà un mois que 2017 s’égrène, et l’impression sournoise d’avoir fait une indigestion de Mon Chéri dure depuis quasiment 30 jours, au point de chier des noyaux de cerise à chaque passage aux toilettes après le JT de 20h.

On pensait pourtant avoir atteint le fond du fond de la politique française après deux quinquennats marqués par l’incompétence, les concours de bites et les affaires dégueulasses, mais les égouts descendent finalement bien plus bas que ce que l’on imaginait. Comme tout prêtre pédophile, discret et respectable, Fillon avait donc, sous cette blancheur immaculée qui illumine les aubes des communiants aveuglés, une forte envie de nous la mettre également bien profond. Don Corléone dormait sous l’Abbé Pierre. Réussir à virer Sarkozy pour en arriver à ça, même les plus fins stratèges de la littérature mafieuse n’auraient pas osé l’écrire. On a tous eu des scrupules, vautré sur notre canapé à crédit de chômeur inutile, en écoutant des discours moralisateurs pour redresser cette France qui bandait mou depuis 5 ans. Au moins pourra t-on reprocher à Hollande d’avoir était nul, maladroit et un peu engoncé dans un costume trop grand pour lui, préférant faire du scooter la nuit pour énerver son ex et alimenter la presse poubelle. Mais alors là, avec les camions de casseroles que se trainent les barons de ton parti irréprochable, vous allez pouvoir faire concurrence à Tefal pendant quelques années. En même temps c’est bien utile autant d’ustensiles pour votre petite cuisine interne, qui fait vraiment passer les concurrents de Top Chef pour des stagiaires du McDo.

Taxer 17 millions d’euros aux votants de la primaire (dont certains avaient juste fait le déplacement par la gauche pour éliminer Gargamel !), et leur expliquer derrière qu’il devront finalement voter pour Baroin, Larcher, Bertrand ou Gargamel…J’ai comme l’impression que Juppé n’osera même pas, par décence, et par fatigue, remettre un orteil dans cette fange où vous vous complaisez à défendre vos intérêts personnels en appelant Jeanne et Charles à votre rescousse républicaine. On savait que le voyage (la croisade) que tu entrepris, tel un Ulysse bigot et rétrograde, serait semé d’embûches, mais là, Pénélope aurait au moins pu se tricoter une couverture un peu plus épaisse en attendant ton sacre du printemps. Tu nous as fais une petite DSK, mais contrairement à lui, qui s’est juste tapé la bonne, tu as quand même réussi à niquer toute la famille en plus des millions français qui te mangeaient les hosties dans la main sans sourciller. Chapeau l’artiste !

Au moins avec Donald, on n’est pas surpris ! On passe notre temps à gueuler que nos politiques ne tiennent pas leurs promesses, mais lui les respecte et on lui en veut aussi ! En même pas une semaine, il a signé plus de décrets racistes et xénophobes que les Le Pen n’en ont rêvé dans leur carrière ! Autant d’énergie pour cacher autant d’incompétence, de méconnaissance géopolitique et de peurs infondées, c’est assez fascinant. Dans les années 50, on pouvait vraiment se méfier des communistes : ils étaient fourbes, laids et sentaient le tabac froid. Dans les années 60, il fallait vraiment anéantir les cubains, prêts à envahir Miami à coups de noix de coco (si c’est pas un signe !) pour imposer les dominos et Compay Segundo à tout le pays ! Quant aux vietnamiens des années 70, que n’a t-on bien fait d’envoyer des milliers de boys faire des barbecues aux frais de Monsanto pour sauver on ne sait toujours pas quoi, mais sûrement pas la face ! Votre vie n’est qu’un film de super-héros dont vous seriez les victimes permanentes, contre le reste du monde, qui ne partagent pas vos valeurs mais juste vos marques et vos fast-food ! Heureusement que les Indiens n’avaient pas la télé à l’époque où vos ancêtres européens les massacrèrent sans répit pour bâtir des Starbucks et des KFC dans les grandes prairies de l’indépendance où s’ébrouent depuis vos petits bâtards patriotes.

James Woods, cet ex grand acteur mais néo fils de pute conservateur, a brillamment publié des photos de gens morts au Bataclan pour justifier vos lois farfelues. Doit-on lui rappeler que la majorité des tarés qui viennent exécuter vos enfants dans des lycées ou des écoles sont des purs produits de votre pays malade, fascinés par les armes et la télé-réalité ?D’ailleurs au Canada, c’est un énième fasciste au nom ridicule qui a exécuté six personnes dans une mosquée. Un musulman dégommant six personnes dans une église aurait été un peu plus vendeur pour nos chaînes de télé, mais, bon, on fait avec les abrutis que l’on a sous la main. Au moins les terroristes de Daesh agissent en citant Dieu, pas en venant clamer leur amour pour les idées de Trump ou de Marine Le Pen ! Voilà. En tous cas si les onze prochains mois de l’année se poursuivent sur ce rythme, je vais réserver un aller simple pour le Groenland ou me faire cryogéniser jusqu’en 2505. Date à laquelle je reviendrais. Et comme dans Idiocracy, le monde aura changé…

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Nos amis les hommes. 12/01/2017

De son amour pour la mer et les marins, ma mère gardera bizarrement plus d’enthousiasme pour les gonocoques que de passion pour les monocoques, jamais invitée à fendre les flots indomptables une fois le capitaine essoré entre deux manches de la transat Jaques Vabre. « C’est pas l’homme qui prend ma mère…» chantais-je alors en attendant qu’elle finisse, me jurant de ne jamais devenir pêcheur de cabillaud ou navigateur solitaire. Et assis là sur cette bite d’amarrage dont le froid lancinant me perforait le cortex en remontant par le gros colon, je maudissais les mouettes, la marée et l’horizon mazouté en rêvant de soleil et de suppositoire à l’eucalyptus. Ca me rappelait un peu mon grand –père, et la sensation rigolote de son gros doigt poilu lorsqu’il l’introduisait lui-même, ma mère étant aussi démontée que l’océan voisin par grand vent.

Tout ça pour dire que je me contre-branle de la route du Rhum, que j’ai une vision assez particulière de ma mère, que Renaud devrait prendre du sirop pour les bronches, en plus d’un suppositoire et que je ne suis même pas breton. Ca fait combien docteur ?

Attaquer 2017 sur de bonnes bases, c’est important. Il semblerait que 2016 ait laissé des traces. Sur nos murs, dans nos corps ou dans nos slips. Mais les enculés sont encore partout, certains pas encore vraiment élus, d’autres pas complètement éliminés. Un psy et un Vitascorbol ne suffiront sans doute pas à affronter les frimas. Surtout si les flics, juste parce qu’ils sont cons et fachos, s’amusent à piquer les couvertures des migrants. Enlevons leur aussi leur couverture, sociale ou d’anonymat pour les livrer au pilori qu’ils méritent. Humainement, on en est là en 2017. Dans un pays civilisé. Mais, même moins onéreux, il sera plus compliqué de bâtir un mur anti-con qu’un mur anti-mexicain. Ils sont éparpillés, invisibles et bien plus envahissants que les puces de lit dans un hôtel Ibis. Et semblent s’adapter à l’évolution du monde et au réchauffement climatique, en étant persuadés que c’est les autres qui sont cons.

Et puisqu’on en parle, c’est l’époque du mercato où le footballeur moyen, mais millionnaire, décide d’aller jouer en Chine pour mettre sa famille « à l’abri ». C’est beau, c’est courageux. Comme ces milliers de migrants qui aimeraient mettre leur famille à l’abri: des bombes, de la faim, de la misère, des attentats, des dictatures ou des flics et des gros cons pour ceux qui sont déjà arrivés miraculeusement en France. Où l’on condamne un agriculteur niçois à de la prison avec sursis pour leur avoir apporté son aide. Estrosi et Ciotti s’offusquent. On rêve de les voir nager dans la nuit noire au milieu des méduses, des orques d’Aqualand ou attachés nus à la quille d’un monocoque.

Pendant ce temps, alors que Jul est nommé aux Victoires de la Musique tranquillement, la France pleure Catherine Laborde, Dalida et Grégory Lemarchal, dans une émission hommage digne de Jacques Brel ou David Bowie. Un pays qui vénère un mec de télé-réalité, célèbre juste pour sa mort, et une présentatrice météo à la retraite est un pays qui prend l’eau de toutes parts. Il ne faudra pas venir pleurer, à nouveau, en mai 2017 lorsque la sanction, attendue, tombera sur votre faiblesse et votre nullité culturelle. On a les leaders que l’on mérite.

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