Nos amis les hommes. 27/04/2016

Ce matin alors que je prenais mon pain, comme Gilles Verdez, j’en profitais pour acheter une petite tarte aux fraises afin de commémorer comme il se doit l’anniversaire des 30 ans de Tchernobyl et des problèmes thyroïdiens de ma mère. Qui n’ont aucun rapport puisqu’elle cueillait tranquillement des jonquilles dans l’Ardèche en ce funeste 26 avril 86, pendant que Comme un Ouragan dévastait tout dans notre beau pays imperméable aux radiations mais pas aux tubes de merde. J’en rigolais d’ailleurs avec ma fille Mongoline devant Jean-Pierre Pernaut, alors qu’elle essayait maladroitement d’attraper la télécommande avec ses petites mains palmées qui la rendent si attachante mais si peu habile au ping-pong. Si elle a une bonne excuse pour ne pas lire de livres, au moins ne passe-t-elle pas son temps à tapoter mécaniquement son iPhone à cause de ses petites excroissances de chair qui font fuir tous ses petits camarades sur Snapchat. Les enfants sont cruels. Et cette génération digitale (si je peux m’exprimer ainsi pour être un peu taquin), aura eu droit, 30 ans plus tard, à Fukushima et Keen V’ en plus de la TNT HD, vecteurs de tant de malformations contemporaines.
Mais 15 ans de télé réalité n’auront pas suffi à lobotomiser suffisamment la majorité d’une population aux aguets, hermétique aux discussions niveau CE 2 des starlettes comme aux grands discours robotisés des politiques. Leur morgue, leur arrogance et leurs boniments appris sur les bancs de grandes écoles, ne semblent plus très efficaces pour vendre leur camelote et couvrir leurs amis de promo devenus chefs d’entreprise. Leur vision réduite du monde et de la réalité ne suffit plus à asseoir leur domination sur un peuple debout la nuit, mais à genoux le reste du temps. Et quand des gens, en nombre, commencent à réfléchir aux exactions d’un pouvoir en place, on appelle ça une révolte. Non, sire, un début de révolution. Que l’on peut englober pour faire avancer positivement la société, comme en Espagne, ou écraser, pour éviter que toute une élite laborieuse et méritante ne perde ses acquis, comme en France.
Un peuple éveillé, qui pense et réfléchit à un avenir meilleur, est forcément subversif, voir terroriste et n’a forcément rien dans le cerveau d’après Nicolas Sarkozy, qui s’y connait pourtant en vide intellectuel. Quelqu’un lui a dit qu’il fallait rentrer maintenant ? Que même Fillon et Juppé ont plus de crédit sympathie auprès des jeunes ! Et que tous ceux qui réussissent dans ce pays cartonnent auprès des 8-18 ans ! Jul, Hanouna, M Pokora, Norman, Cyprien, Squeezie, Louane ou Kev Adams sont les nouvelles Dorothée et Chantal Goya 2.0 ! Après le bac, c’est plus compliqué de s’intéresser à eux…Encore faut-il avoir son bac, certes. Et si le jeunisme est en vogue dans cette société d’esclavagisme par les marques célèbres, réjouissons-nous de voir Maître Gims© sifflé au Stade de France© ou Hanouna© dézingué dans les sondages alors qu’il se voit déjà en reboot de Jean-Luc Delarue, grand mogul médiatique incontournable, en équilibre sur la ligne blanche.
Tout n’est donc pas perdu. Reste que le 8-18 ans s’intéressent encore moins à la politique que les 18-35 et n’iront sûrement pas voter, préférant passer la journée couchés à loler devant Youtube ! Alors, eh oh, du bateau ! Que faire au milieu de cette bande de couilles molles, pour réveiller la gauche sans bouger la droite ? S’inventer des partis, des mouvements ou de nouveaux slogans ne suffira sans doute plus au moment où tous ces gens qui aimeraient bien joindre les debout demandent simplement plus de chaleur, d’intelligence, de logique, de compréhension et d’humanité à une frange politique qui est désespérément dépourvue de tout ça. Mais dont les mots et les diplômes ne masquent plus l’incompétence. Alors qu’en avril 86, ma mère croyait réellement cueillir ses jonquilles sereinement. »

FRANCE-POLITICS-GOVERNMENT

Nos amis les hommes. 20/04/2016

Ce soir en rentrant du travail, j’ai retrouvé par hasard une chaussette que je cherchais depuis 8 jours et dont la sœur jumelle réclamait le retour, les nerfs en pelote, dans le tiroir du haut de cette commode mexicaine où je range également mon linge propre, mon argent sale et un vibromasseur 6 vitesses en cas de mal au dos. Eh bien croyez le ou non, mais là, devant cette chaussette, pourtant grise comme un matin parisien, je me retenais de verser une larme en pensant au bonheur simple qu’elle put enfin reformer une boule avec sa consoeur solitaire. Qui aurait du, en cas de pénurie de sopalin, finir comme simple chiffon à meuble ou réservoir à foutre. A quoi ça tient parfois la vie ? me disait d’ailleurs cet ami du Bataclan qui était du bon côté du bar. Se raccrocher à ces joies simples alors que le monde part en vrille tous les jours un peu plus suffira t-il à nous faire patienter jusqu’à la fin du sketch ? Au moins les dinosaures n’ont rien vu venir quand les boules de feu et les tremblements de terre sont venus ravager leur monstrueuse quiétude. Alors que nous putain, on va devoir vivre ces inepties financières et humaines en connaissant la fin, et devoir y assister, impuissants comme un homme politique intègre dans un gouvernement.

En parlant de séisme, les derniers évènements sont assez inquiétants. Macron est en train de faire la nique à tous les soi-disant vieux de gauche, bouleversant l’ordre établi chez tous ces morts de faim qui pensaient s’acheter un avenir en 2017. Et Joey Starr met une claque à un singe, encore ! A force de tirer sur l’élastique, il fallait bien qu’il revienne en pleine gueule du prouteur en chef, Hanouna, et de ses blagues potaches qui n’amusent même plus les militaires dans les séances de bizutages obligés. Le monde médiatique est outré et ne sait plus quoi écrire pour monter une énième affaire insipide en événement. Alors que les déboires de l’O.M réveillent Tapie, effraient Deschamps et enchantent le supporter de base du PSG, cette équipe magique qui réussit à éliminer Lorient 1 à 0 ! Alors s’il vous plaît, les japonais et les équatoriens, n’est-ce pas un peu indécent de vouloir tirer la couverture de survie à vous alors que vous êtes surentraînés pour ce genre de péripéties sismiques ? Et qu’on vous prête gracieusement nos pompiers, en prenant le risque qu’un incendie ravage les plateaux de Touche Pas à Mon Poste ou qu’un député se perde dans l’Assemblée Nationale après un énième vote en faveur des paradis fiscaux.

En parlant de toilettes publiques, j’ai retrouvé un semblant de vie sociale depuis que je fais caca en direct sur Periscope. Une appli géniale, qui permet à chacun d’exister, de lire du Nabilla en direct, de philosopher avec des footballeurs, de parler en voiture, au Mc Do, de montrer son cul à tous les passants comme aux grandes heures des débuts polissons de Tumblr mais surtout de donner vie à tout ce qui nous faisait déjà chier sur Instagram ! Mais qui porte bien son nom : le niveau est bien, bien, bien en dessous des profondeurs abyssales où s’étiolent les sous marins russes en attendant la 3e guerre mondiale. Puisse la tectonique des plaques nous éviter cette option.

Serge-Aurier-sur-Periscope

Nos amis les homos. 11/04/2016

Alors que j’ai repris le Lexomil depuis la disparition tragique de Johan Cruyff, élégant jusqu’au bout, contrairement à Michel Platini, ma nuit fut pourtant mouvementée par un effroyable cauchemar où je m’imaginais un bref instant dans la peau de Geoffroy Didier. Puis mes sourcils trop broussailleux à la Leonid Brejnev commençaient à me recouvrir le visage avant que mes cils ne viennent recoudre mes paupières comme de petites sutures oculaires qui m’empêchaient alors de voir mon beau faciès dans la glace, alors que j’étais Geoffroy Didier, suivez un peu !

Inquiet, je demandais à Dieu à quoi il jouait.

« -Dieu, pourquoi ces cils ? –Parce que c’est plus joli que Céline, et moins courant ! me répondit-il avec la voix de Philippe de Villiers. Autant dire que si Dieu se met à déconner sur des sujets aussi grave, inutile de lui demander son avis sur les Panama Papers ou de sauver la Syrie et l’O.M du marasme.

Ne pouvant compter que sur moi-même, je trouvais un peu de réconfort avec l’Instagram d’Emily Ratajkowski avant de me rendormir, suant, mais rassuré quant à la bonne fonctionnalité de mon hétérosexualité et de ma main droite. Attention, je n’ai rien contre les gays hein ! Mais l’Instagram de Louis Sarkozy était inaccessible ! Et puis les prud’hommes considèrent désormais qu’il n’est pas homophobe de traiter un coiffeur de pédé, rapport à la forte proportion de follasses dans ce métier. Alors que l’inverse reste prohibé. Et passible d’une fessée. Du coup, si cette loi fait jurisprudence, on peut sans crainte envisager de traiter un trader d’enculé, vu le nombre qui gravite dans cette profession, et pas que dans les paradis fistaux.

Aux Amériques, plus de 600 ans après le viol collectif des indiens natives par quelques européens priapiques et frustrés, l’américain moyen reste toujours très tatillon sur les sujets de sexualité déviante, en attendant patiemment que la chasse aux animaux LGBT soit enfin ouverte. Mais avant que Donald légalise l’utilisation de belles armes rutilantes pour ce glorieux safari, les habitants normaux du Mississipi pourront désormais mettre leur croyance religieuse en avant pour refuser des services à des couples homos. Sauf à l’église, évidemment, où les scouts seront toujours les bienvenus.

En Caroline du Nord par contre, pour lutter contre la prolifération transgenre, il faudra désormais utiliser les toilettes correspondant à votre sexe de naissance, sous peine de poursuites ! Super vénère, Bruce Springsteen, qui a encore des couilles (contrairement à ceux qu’il défend) a refusé de jouer dans cet état (super vénère), préférant décevoir ses fans que de cautionner une énième régression intellectuelle dans son pays de bouseux en santiags (alors qu’ici Cali veut chanter pour n’importe quelle occasion). Caroline Du Sud, elle, n’a aucun problème avec ses règles.

Ah, vivement la primaire à droite, où les 11 chevaliers blancs défenseurs d’une France qui s’épanouie sexuellement uniquement pour de bonnes raisons (fournir de la chair à curé pour faire perdurer les coutumes), sauront remettre un peu de rigueur dans ces débats cruciaux pour l’épanouissement de leurs électeurs, flippés comme jamais à l’idée de ramer en n’étant pas gays dans un pays arc-en-ciel. Et si par malheur Emmanuel Macron se présente à gauche, je voterai pour celui qui a le plus le physique de l’emploi, si arrogant, si agaçant, et déjà si flippant, celui qui me réveille la nuit, mon champion : Geoffroy Didier. Sans sourciller.

Les-clandestins-Courtepaille-et-la-chambre-de-Mitterrand-le-livre-dont-Geoffroy-Didier-est-le-heros

Qui es-tu Honoré Berdule ?

Honoré Berdule, pour d’évidentes raisons patronymiques, a toujours aimé la langue française et les alexandrins. Mais malgré son amour pour la rime riche, il avait bizarrement en horreur les noms de famille en -ule. « C’est ridicule ! » se disait-il chaque matin devant le tableau noir où son nom se voyait associé selon l’humeur taquine de certains, à quelques tentacules, clavicules et autres testicules. Voilà déjà 20 ans qu’il s’asseyait sans envie sur ces vieilles chaises en bois où son père avant lui usait son pantalon de velours et son humeur communiste, essuyant déjà ses doigts plein de craies et de crottes de nez sous l’assise décrépite. Pour faire plaisir à sa mère à l’article de la mort, il avait décidé de subir lui aussi les quolibets et les injures quotidiennes des nouvelles générations dont la seule ambition linguistique était de maîtriser correctement tout un panel d’insultes, en différents dialectes, et dont certaines s’adressaient directement à sa génitrice. Qui ne mourût finalement pas, renforçant son aigreur viscérale pour le corps enseignant.

En ce mercredi matin sournoisement printanier, alors que l’on supporte facilement un petit sous-pull acrylique, Honoré déambule et voit dans le couloir, qu’un petit groupuscule au look ostentatoire, se moque de Gudule, un élève tout noir.

Wesh ! Son sang ne fit qu’un tour, et par le strass de l’oreille il saisit le gros lourd pour l’enfermer alors à double tour dans un local aussi étroit que ne l’était le jeune homme. Honoré se fit la réflexion qu’il n’était sûrement pas le premier à passer par ici. « Ah ! ces grosses fiottes déguisées en caillera ! » pensa-t-il en même temps qu’à son oncle Alphonse, qui lui enseigna les plaisirs conjugués de l’histoire de France et de la pipe quand il avait 11 ans. Il pensa aussi brièvement à Booba, à la réforme des collèges, à la loi Devaquet, à tous ces incompétents du ministère, à Cristiano Ronaldo, à l’orthographe sur Twitter, à son anti-islamisme dormant et à son avenir compromis dans l’éducation nationale alors qu’il allait et venait nonchalamment dans le jeune dépravé. « Alors Bidule, qui est-ce qui rit quand on l’encule maintenant ? », éructa-t-il à l’oreille de Youssouf avant de quitter son corps en saignant. Le fait qu’il soit finalement vierge lui procura un frisson inopiné au niveau du scrotum. Sur le fil de la vie, Honoré Berdule est un funambule.