Nos amis les Hommes. 26/05/2015

Il est curieux de constater année après année, qu’avec le réservoir de vilains chanteurs à voix qui pullulent quotidiennement sur nos radios FM, la France ne soit pas capable de concurrencer les artistes slovènes, turkmènes ou moldaves dans un concours sponsorisé par Desigual et Christian Audigier où le spectateur moderne pris en otage familial en arrive à vomir sa blanquette à la fois par les yeux et les oreilles. Si l’on considère, avec tout le respect qui va bien, que certains pays d’Europe de l’Est n’ont découvert la musique et la télévision qu’à la chute de l’empire soviétique (sauf la Lituanie qui a découvert Cantat en 2003) et que O-Zone est un peu l’équivalent de leurs Beatles à eux, on peut alors accepter la ringardise affligeante de ce programme commun, tout le monde n’ayant pas la chance d’avoir été éduqué par Michel Drucker. Mais que des pays musicalement civilisés comme l’Angleterre, la France ou la Suède (je ne peux décemment pas y inclure l’Allemagne) s’adonnent encore à ce genre d’exactions télévisuelles en espérant trouver un remplaçant à Marie Myriam, cela donne envie de filer des tuyaux aux mélomanes de Daesh pour venir participer au feu d’artifice final. Cette abominable soirée de l’Eurovision ferait passer le spectacle des Enfoirés pour un gala du Rat Pack et un concert de Clayderman pour un récital de Glenn Gould. De plus, pour animer les fins de repas et amuser les réfectoires d’hospices, France 2 a déjà ses soirées Patrick Sébastien…

Tout ça à l’heure où l’humanité s’apprête à nouveau à faire un grand pas, le deuxième depuis que quelqu’un marcha dans la lune en 69 sans que cela nous porte bonheur, en confiant les rênes du Conseil des Droits de l’Homme (et des devoirs de la Femelle) de l’ONU à la très fringante Arabie Saoudite. Plus à une pitrerie près, certains verraient donc bien ce paradis démocratique à la tête d’une organisation mondiale sensée faire régner la paix et le respect sur Terre. Tant qu’à rire un bon coup, et puisqu’il faut que ce soit un pays asiatique, pourquoi ne pas le filer directement à la Corée du Nord, plus à même de nous amuser au niveau pyrotechnique. Un pays qui élimine ses opposants au missile sol-air, semble un peu plus moderne que ces lanceurs de cailloux et coupeurs de têtes aux sabres mal aiguisés. Même si leur programme commun devrait, à terme, éradiquer tous les hérétiques et les homosexuels que compte cette planète de dégénérés occidentaux, catholiques, libéraux et fans de l’Eurovision.

Et c’est d’ailleurs d’un petit pays que vinrent la lumière, la sagesse et une belle leçon d’humanité, après des mois de honte nationale dans une France de droite qui aura mis tous son cœur et son amour à interdire celui des autres : l’Irlande autorisait le mariage gay par référendum. Petit doigt au cul d’un catholicisme forcené qui fit jusqu’à très récemment de gros ravages dans les mentalités et les slips d’écoliers du privé. Cueillir des trèfles à quatre pattes aura finalement porté chance à toute une communauté, fierté d’une Europe moderne et bigarrée. Pile au moment où la voisine anglaise s’embourbe dans d’énièmes scandales pédophiles, mêlant stars de télé, gens d‘église et hommes politiques, où Jean-Luc Lahaye se ferait bien un duo avec Julie Piétri à l’Eurovision pour redorer sa carrière et où les jeunes d’Outreau en ont assez de se faire enculer une deuxième fois par la justice. Le génial Monseigneur Léonard, prêtre belge né à Jambes, devrait prendre les siennes à son cou et aller se réfugier dans un endroit sans pédéraste (donc loin d’un monastère ou d’une école), lui qui considère l’homosexualité comme une maladie, le Sida comme une « vengeance de l’amour » envers ceux qui le font mal et pense qu’il ne faut pas juger les pédophiles, « les victimes ne le souhaitant pas ». Encore un à mettre sur la route des jeunes jihadistes de Lunel et d’ailleurs, marqué d’une croix blanche, pour l’exemple.

Malgré tout ça, le monde s’est réveillé moins moche ce lundi. Des Indignés espagnols à la dignité d’un Vincent Lindon bouleversant, « la loi du marché » va peut-être, doucement mais sûrement, inverser sa courbe inéluctable. La vieille garde politique tremble dans ses pantalons Armani : leur euro vision n’est plus la bonne depuis longtemps. Il y a une nouvelle musique en train de se jouer dans les rues en colère. Le tube de demain ?

Nos amis les hommes, 20/05/2015

Une seule émission du zapping quotidien de Canal aurait du depuis longtemps nous faire prendre conscience de la gravité du problème : depuis que des Chtis à Mykonos, des Anges amies connasses, des nouveaux Adam et Eve et la Las Vegas Academy nous montrent leur Q.I à tout bout de champ, sans précaution aucune, il était nécessaire qu’une réforme du collège soit envisagée. En profondeur. Mais aussi une réforme du primaire, de la maternelle, du lycée, voire de la fac pour ceux qui auraient déjà la chance d’avoir franchi les précédentes étapes. Et demander peut-être aussi à certains parents de repasser leurs diplômes en instaurant désormais un permis pour pouvoir avoir le droit de mettre au monde de nouveaux enfants sans laisser la TNT et Mc Donald faire leur éducation par manque de temps, d’envie ou d’amour. Dans un pays où les modèles de réussite se nomment aujourd’hui Nabilla, Zahia ou Cyril Hanouna, que le summum de la classe est d’avoir un survêt fluo de Chelsea ou la coiffure de cacatoès d’Antoine Griezmann, que les mots selfie, boloss ou lose sont entrés dans des dictionnaires que personne n’ouvrira, on peut légitimement se demander si un quelconque ministre arrivera à moderniser un système archaïque et inamovible. La France, en 2013, se classait 25e mondial en réussite scolaire derrière les gros pays industrialisés que sont le Liechtenstein, Macao ou la Finlande. Mais l’on reste cependant meilleur qu’à l’Eurovision, ce qui est encourageant.

D’ailleurs n’a t-on pas mis, dans notre beau pays des Lumières, les plus scintillantes dans les ministères ? Le grand humaniste de la région PACA, Christian Estrosi, n’en est-il pas le plus bel exemple, lui qui invite les parents à éduquer leurs enfants déliquants, ou peut-être Marion Maréchal-Le Pen, charmante poupée Barbie (modèle Klaus) qui ne souhaite pas que la racaille envahisse nos campagnes fleuries. Histoire de sémantique encore. En haut lieu on ne dit pas délinquant, mais corrompu ou mis en examen, on ne dit pas racaille mais banquier ou trader. On ne deale pas, on fait des affaires avec des organisations mafieuses, on n’a pas de mauvaises fréquentations, on serre juste la main de quelques dictateurs amis. On ne vend pas d’armes, on aide juste des pays faibles et démunis à se défendre contre la racaille et les délinquants, les mêmes qui n’ont pas de diplômes, ne parle pas bien français, fuient la police, se laissent pousser la barbe et rêvent d’envahir la Lozère pour y implanter des écoles coraniques. Mais si les jihadistes s’intéressaient un tant soit peu à l’histoire-géo et à l’art en général , iraient-ils sans raison détruire le site mythique de Palmyre après avoir salopé l’Afghanistan, la Jordanie ou l’Irak comme de vulgaires taggeurs dans des zones industrielles ?

Heureusement que dans ce tumulte arrive enfin un peu de répit pour les populations népalaises, maliennes ou syriennes, le festival de Cannes déroulant son tapis rouge sur les décombres de civilisations ancestrales. Un peu de glamour et de bonheur bienvenu, l’occasion d’écouter Laurent Weil et de mater quelques nichons et petites culottes à moindre frais. Un rendez-vous incontournable, où les plus grands acteurs, de Paris Hilton à Eva Longoria viennent présenter leurs derniers contrats publicitaires et vendre un peu de rêve entre le grand prix de Monaco et d’horribles breaking news : la terrifiante bande-annonce des Visiteurs 3 ou cette histoire d’un vapoteur rouquin qui s’est fait exploser la main avec une e-cigarette alors qu’il vapotait tranquillou devant la spéciale Gad Elmaleh. Moralité, regarder TF1 est dangereux pour la santé. Et pour les résultats scolaires.

Nos amis les hommes. 1/05/2015

Journée maussade dans les rues parisiennes où défilaient les fascistes tricolores au nom d’une Jeanne d’Arc qui aurait préféré brûler en enfer plutôt que d’être récupérée par un parti extrémiste. Alors que l’on y moleste allègrement des journalistes, des Femen montrent leur mécontentement et leurs nichons à quelques trous du cul célébrant leur chef le bras en l’air. Tout cela n’est pas très « catholique », mais voilà encore une énième raison de parler d’un parti qui monopolise les médias depuis de trop longs mois pour des raisons aussi diverses que futiles. Vivement la naissance de Rouquemoute 2 de l’autre côté de la Manche que l’on puisse enfin se focaliser sur un sujet sérieux. Le tremblement de terre au Népal ne semblant pas suffisamment porteur, on attend que le nombre de victimes françaises augmente pour y consacrer plus de temps qu’à la mort de Richard Anthony et envisager une compilation caritative avec le meilleur de nos nouveaux artistes déjà habitués au massacre de chefs d’œuvre du patrimoine.

Une de leur victime récente, Charles Aznavour, fêtait quant à lui le centenaire du génocide arménien qui correspond peu ou prou au sien, l’homme étant toujours actif et prêt à sortir un nouvel album. La nouvelle génération des télécrochets et des comédies musicales lyophilisées étant déjà morte après deux disques, on reste admiratif. Ce petit pays si discret qui aura donné au patrimoine mondial Jack Palance et Fanny Ardant, Héléne Ségara, Cher et Patrick Fiori, toutes ces stars qui n’assumèrent pas plus leur patronyme que leur appendice nasal pendant que les sœurs Kardashian imposaient leurs culs à la Terre entière, la célébrité étant moins pénible au soleil médiatique. Mais si pour cette dernière exaction la Turquie n’y est pour rien, concernant le génocide, l’armée nie.

Voilà des années que nous savons ici que la Suisse est le seul Eldorado moderne qui en vaille la peine, même Jean-Marie Le Pen, ce germanophile, vous le dirait. Pays propre, pays vieux, pays vert, pays raciste même si pays protégé des migrants par sa situation géographique privilégiée (peu de maliens arrivent à la nage par le lac Léman), l’Helvétie attire d’autant plus que le Népal ne semble plus une si bonne idée pour une retraite spirituelle loin du tumulte ambiant qui commence à éroder les plus solides d’entre nous. Et bizarrement la nation de la raclette et des tennismen vient d’être élu « pays où l’on se sent le plus heureux », alors qu’on attendait la Syrie et la Corée du Nord dans le trio de tête. Personnellement, je n’y vais que pour la noirceur du chocolat et le blanchiment d’anus, pratiques gourmandes que je m’octroie entre deux services pour mes grands-parents et un échange de sang avec Keith Richards. Les vampires des temps modernes ne sont donc plus dans les Carpates mais suçent tranquillement leurs proies à l’ombre des coffres genevois (que ce que je veux voir).

Un bonheur n’arrivant jamais seul, le moral des ménages remonte en France. C’est statistique. On ne sait pas si c’est grâce à la « nouvelle » Nabilla, au retour de Nagui sur France Inter ou au dernier album de Francis Cabrel, mais quelque chose se passe dans nos foyers alors même que les températures redescendent, que l’on jette n’importe quoi dans la mer méditerranée au risque de changer les habitudes alimentaires de la sardine italienne et qu’Apple est déjà en rupture sur sa nouvelle iWatch, cette promesse bijoutière d’épanouissement terrestre.

Au moment même où la technologie n’en finit plus de déshumaniser le hipster, voilà que l’on retrouve des œufs de dinosaures en Chine ! Le chercheur démiurge bande déjà à l’idée de cloner les bestioles pour relancer la mode du velociraptor dans les steppes mongoles, lui qui est sur le point de faire revivre le mammouth laineux alors même qu’il n’est pas foutu de protéger le rhinocéros blanc, le requin gentil ou le panda géant, que des sous-hommes chassent pour redonner un semblant de sexualité à des impuissants incultes et des fourrures à des connasses lettrées. Quant aux ossements retrouvés dans le Var, ils pourraient appartenir à Xavier Dupont de Ligonnés, emblème d’une race en voie de développement dans nos contrées : le psychopathe commun. A ne pas confondre avec le pédophile moyen, qui s’ébroue près des parcs et des terrains de jeux. Avant de créer de nouveaux monstres, éradiquons d’abord les bonnes espèces.

The Last Man On Earth (Fox, 2015)

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Une série qui commence avec le « Apeman » des Kinks dès les premières secondes se doit d’avoir toute notre attention. Quand on apprend de surcroit qu’elle est produite par le génial duo Phil Lord et Chris Miller ( 21 , 22 Jump Street ; La Grande Aventure Lego), qui réalisent aussi les 2 premiers épisodes, on se laisse glisser avec délectation dans les premières images de ce nouvel ovni télévisuel, imaginé par Will Forte, qui a fait ses armes pendant 8 ans au SNL mais reste plus qu’inconnu chez nous. Un rôle dans le « Nebraska » d’Alexander Payne reste son seul fait d’arme récent par ici, malgré ses apparitions dans « Parks and Recreation », « How I met your mother » ou « 30 Rock ». Comédien hors pair, Forte crée avec « The Last Man on Earth », la série post apocalyptique sans zombie, sans alien, sans violence et sans paysages dévastés. Sans explications aussi. Tout juste y apprend t-on qu’un virus est passé sur la Terre en l’année 2020, et que Phil Miller (joué par Forte) est le dernier survivant. Après avoir sillonné les Etats-Unis en bus pour y trouver des compagnons, Miller se pose à Tucson, Arizona, investit des villas, pille des magasins déserts, boit de l’alcool et imagine quelques jeux improbables pour occuper son temps libre. Entre deux films X il implore Dieu de lui donner une compagne afin de rendre sa vie plus agréable. Ce qui sera chose faite à la fin du premier épisode. Mais tout ne sera plus comme avant…D’un concept minimaliste, filmé dans les mêmes paysages écrasés de chaleur et avec la même langueur que « Breaking Bad », le côté potache en plus, « The Last Man On Earth » est un habile mélange de « Seul au monde » de Zemeckis, véritable fil rouge de la première saison, et d’un film plutôt méconnu de 1959 « Le Monde, la Chair, Le Diable » de Ranald MacDougall. Où un survivant (Harry Belafonte) se retrouvait seul dans New-York, parlait à des mannequins avant de rencontrer une jolie survivante. Ici aussi, la confrontation des ces Adam et Eve modernes va donner lieu à tout un tas de problèmes psychologiques et métaphysiques, le sexe devenant alors le principal soucis des rescapés (du moins du mâle !), rongés par la culpabilité de devoir repeupler la Terre avant de prendre du plaisir. Phil et Carol (incroyable Kristen Schaal) vont alors apprendre à cohabiter, avant l’arrivée de nouveaux étrangers dans leurs vies (January Jones, libérée de Mad Men). Et que l’on soit 2, 15 ou 6 milliards d’individus sur Terre, la cupidité, la jalousie, le pouvoir et le sexe prennent toujours le dessus, la nature humaine étant ainsi faite. Quand en plus de ça le personnage principal est suffisamment stupide, pathétique et égocentrique pour rater tout ce qu’il entreprend, gérant au mieux sa crise de la quarantaine en pleine fin du monde, la série prend une saveur succulente et addictive. Ca tombe bien, la saison 2 a été lancée par la Fox, qui, après « 24 Heures », « Arrested Development » ou « American Dad » a encore misé sur un bel outsider.

LITTLE BRITAIN

LITTLE BRITAIN

Entre 2003 et 2006, Matt Lucas et David Walliams, génies comiques du travestissement, dynamitèrent la bienséance anglaise en proposant sur la BBC des personnages hors-normes (handicapés, vieilles incontinentes, obsédés, psychopathes, racistes, homophobes, obèses et autres débiles légers), le tout avec un côté queer plus que prononcé, en jouant eux-memes tous les personnages principaux dans un délire de costumes, de maquillage ultra chiadé et d’irrévérence salvatrice ! Quasi inconnus en France, mais stars aux US (diffusion sur HBO) et en Australie (plus de 32 dates complètes), le duo s’offrira 2 suites toutes aussi savoureuses (Little Britain Abroad et Little Britain USA) avant de créer « Comme Fly With Me » en 2010, où ils jouent tous les employés déjantés d’un aéroport. Sans grand succès, les deux hommes ont depuis quasiment disparu des radars, au grand dam de milliers de fans esseulés par ces dignes descendants de Benny Hill et de Mr Bean, le côté trash en plus !

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Nos amis les hommes. 1/04/2015

Un ami amusant et néanmoins bilingue postait ce matin : « Vos poissons d’avril, on s’en fish », avant que je ne le vire de Facebook, où il faut de toute façon éviter de traîner en ce jour néfaste pour l’humour comme l’est le 14 février pour l’amour. Merci au Gorafi d’avoir ringardisé cette date de la blague obligatoire, l’information quotidienne étant devenue de toute façon assez drôle et saugrenue pour que l’on évite de croire que les Beatles se reforment, qu’il y a des vidéos de Marion Maréchal en soubrette chez Jacquie et Michel ou que le dernier Selah Sue est mortel. Dans la rubrique grande musique, le G20 des millionnaires du disque avait lieu cette semaine à Hollywood, montrant leur courroux au monde entier pour obtenir réparation quant à leurs feuilles de paie tronquées. Dans un élan revendicateur touchant (on se serait cru sur un parking du transporteur Mory/Global au moment de l’annonce des 2150 licenciements, mais avec des Bentley garées au lieu des camions), Jay-Z et ses camarades tentaient le putsch de l’année en s’en prenant à Spotify et Deezer, afin de gratter quelques deniers supplémentaires pour payer leurs divorces ou le petit personnel mexicain qui emmène leurs enfants à l’école. Peut-être auraient-ils du monter un vrai label alors, au lieu de continuer à se faire enculer par les majors du disque qui leur assurent pourtant promotion et visibilité mondiale, plutôt que de venir racketter le chaland pour un système qui existe déjà (Qobuz) au prétexte d’un meilleur son ? Quand on sait qu’un ado lambda écoute leurs tubes calibrés sur des iPhones ou des ordis cramés, c’est vrai qu’il y avait urgence à éduquer leurs pauvres oreilles insensibles au double du prix de la concurrence ! Qui pourrait venir du dissident Dr Dre, ce vilain qui vient de vendre son système Beats Music à l’ogre Apple sur le même terrain du streaming. Dont le plus beau site reste actuellement France Inter, où l ‘on peut enfin écouter de la bonne musique sans les coupures pub ou les jérémiades de Patrick Cohen.

Tristesse capitaliste, affligeante mondialisation, cupidité permanente : après l’art contemporain, la musique et le cinéma, pourvu qu’ils ne s’en prennent pas au sport…Coca-Cola, les meilleurs, communiquent désormais sur les célébrités (« J’ai embrassé Marilyn »), après les anonymes (la campagne populiste des prénoms sur les bouteilles) : vivement qu’ils nous révèlent dans quels troufions mythiques s’est retrouvée la petite bouteille de verre légendaire. Un must, paraît-il, des soirées hollywoodiennes où l’on sniffe d’abord en écoutant Tidal pour être plus souple. En France, niveau déconne, la semaine fut gratinée aussi avec les commémorations des 10 ans de la TNT. Ces chaînes gratuites, cimetières pour vieilles gloires, pépinières pour connasses siliconées ou beaux gosses body-buildés qui occupent le temps de cerveau disponible quand il n’y a rien d’intéressant sur TF1. Mais sans NRJ12, HD1 ou W9, le zapping aurait l’air un peu fade et nos enfants un peu plus intelligents, ce qui fait mauvais genre à l’école. Où l’on apprend, entre deux affaires sordides, que la matière détestée par les 8-16 ans, juste après l’histoire-géo, reste le sperme. Perso j’ignorais ce mot à 8 ans, je connaissais les départements par cœur et j’étais chez les curés. Une enfance normale donc. Où l’on prenait du plaisir à lire le soir avant le repas, où l’on savait s’amuser seul, avec un pneu ou une bouteille de Coca, où les rêves avaient son regard, où l’avenir avait un goût d’amande et de pain frais et où l’on attendait le 1er avril avec impatience.