Nos amis les hommes. 18/05/2019

A l’heure où les scientifiques alertent les populations sur la disparition de quelques espèces menacées, il semblerait que le ‘’connard moyen’’ continue son expansion à travers le monde sans qu’aucune règle ou aucuns prédateurs ne puissent mettre fin à sa prolifération. Répandu sur toute la planète, de manière assez équitable, il est faux de penser qu’il se reproduise plus facilement dans des environnements sombres et opaques, où la violence familiale, l’alcool et les préceptes religieux millénaires prennent le pas sur la vie et le bon sens. Car l’espèce la plus dangereuse et la plus sournoise évolue dans la lumière du jour, les banlieues cossues et les rangs populistes politiques de l’Amérique de droite. Celle où il est de bon ton de jurer de dire la vérité sur la Bible, un livre de récits aussi approximatifs que farfelus, mais qui ancre la nation laïque du cholestérol dans une espèce d’espace-temps différent du notre.

A l’heure où la réflexion la plus judicieuse, et la plus humaine pour la planète serait de limiter la procréation pendant quelques temps pour éviter d’y rajouter des bouches à nourrir et des pourvoyeurs de CO2, à l’heure où les femmes se doivent d’être protégées des prédateurs, des abus sexuels et des choix uniquement masculins de vieux débris aussi austères que leurs idées, où leur corps n’est souvent qu’un objet fait pour la reproduction et les tâches ménagères, à l’heure où les censeurs en tous genres préfèrent voir pointer des flingues que des tétons jolis sur le Net, voici que l’Amérique profonde fait un nouveau pas dans l’obscurantisme le plus nauséabond. ‘’Sweet Home Alabama’’ qu’ils chantaient…Il semblerait que chez tous ces anti-avortement réac, le cerveau ait lui aussi paradoxalement arrêté de grandir à la naissance. Ce pays de cow-boys devient de plus en plus flippant. La vieille arrière garde blanche a tellement peur de disparaître avant les koalas qu’elle est prête à faire n’importe quoi pour préserver sa descendance, quitte à détruire pour de bon des vies humaines, celles de ‘’bâtards’’ au futur compliqué, de femmes abusées et contraintes. En politique pour éviter d’avoir à subir quelques gros cons pathétiques ou corrompus, on peut utiliser le droit de vote. Mais aujourd’hui un peu partout dans le monde, pour éviter d’avoir un enfant non désiré on pourra juste utiliser un cintre, un cheval ou n’importe quel produit de Monsanto.

Bienvenu dans le monde moderne, celui qui rêve de coloniser Mars alors que la moitié de la planète vit au Moyen Age, n’a toujours pas accès à l’eau courante, à l’électricité et se raccroche à des dieux pour expliquer ses peurs et son manque de culture. Plus de 70 pays continuent de penser que l’homosexualité est une maladie ou un crime et qu’il est de bon ton de la combattre pour expliquer la montée des eaux plutôt que de donner du crédit aux scientifiques sur le réchauffement climatique. A l’heure de Trump, de Bolsonaro, de Zemmour ou de Pascal Praud. A l’heure de la haine intégrale et des discussions minimales. A l’heure où l’on s’en prend à Bilal Hassani pour sa sexualité plutôt qu’à sa chanson qui elle, est une véritable agression au bon goût. A l’heure où une humoriste, Elodie Poux, se fait condamner pour insulte envers un serial killer bovin sans que cela ne choque personne au pays de la liberté d’expression. A l’heure où les Balkany crachent à la gueule de la démocratie et de la décence politique.

A l’heure où les états les plus riches font machine arrière sur les traités climatologiques et que des ados sont obligés de prendre la relève pour sauver la biodiversité, le ‘’connard moyen’’ reste la plus grande menace sur cette planète. Et comme le dit si justement Bilal « Ce qu’on est on ne l’a pas choisi ! ». Non, c’est sur, mais pendant ce temps-là c’est le reste de l’humanité qui subit, qui régresse et qui s’éteint lentement.

image

Publicités