Echo logique. 29/06/2020

Fabuleux cette poussée verte aux municipales. Le paradoxe étant surtout que les gens ont préféré s’y mettre, au vert, plutôt que de venir choper le Covid en glissant un bulletin dans l’urne d’un gymnase défraîchi. Ce Covid, toujours taquin, toujours présent malgré les précautions et les gestes barrières, comme Zemmour sur CNews. Que ce monsieur ait encore la parole sur une chaîne d’information (où officie déjà Pascal Praud !), c’est aussi incongru que Patrick Balkany dansant libre comme l’air dans les rues de sa ville. Mais la démocratie est ainsi faite. La justice est ainsi défaite.

Zemmour qui s’en prend désormais aux Verts en comparant leur couleur à celle de l’Islam, comme une nouvelle menace rampante et mortelle pour les âmes intoxiquées de ce pays de mécréants qui font rien qu’à trier leurs déchets, à faire du compost, du vélo et à se laisser envahir les aisselles de touffes seventies ! Lui qui ressemble à un lémurien anémique devrait avoir un peu plus de respect pour la nature et pour un parti venu ‘’naturellement’’ sanctionner les politiques de l’ancien monde d’une part, et l’envie d’un ciel sans monoxyde d’azote d’autre part. Il est déjà loin le temps où les biches graciles déboulaient dans les rues désertes, où le sanglier libéré prenait ses aises sur la Croisette en lieu et place de stars hollywoodiennes au chômage forcé. Mais ces moments de calme, ces heures bénies où le silence baignait les villes de son énergie salvatrice, faisant taire pour un temps scooters, klaxons et mauvaise musique auto-tunée d’autoradio, ces moments fragiles ont peut-être donné envie à certains de changer un peu le cours des choses.

Mais au-delà de la surprise, certains politiques n’ont toujours pas compris que l’écologie ne devrait même pas être un parti, mais une priorité politique depuis au moins 50 ans. Compliqué quand on rend des comptes à Total, Bouygues ou Areva. Alors le mieux aujourd’hui, c’est d’en prendre ‘’acte’’, histoire de se soucier un peu de l’avis des français à 2 ans d’élections qui devraient valoir leur pesant de cacahuètes bios. Pour d’autres, les Verts restent aussi menaçant qu’un troupeau de zombies ou de méchants aliens, venus sur terre pour détruire l’industrie, nous priver de voitures et de 5G, manger nos enfants (en se forçant car ils sont végétariens évidemment), imposer le tofu dans les cantines et le port du pagne en centre-ville. En gros, les mecs sont plus dangereux pour l’équilibre planétaire que Monsanto, Trump et Bolsonaro réunis, le réchauffement climatique et la déforestation amazonienne ! Une bande de hippies, de doux rêveurs, de gauchistes, de poètes qui écoutent Francis Cabrel pendant que Joan Baez, qui ne se lavent qu’un jour sur deux et inculquent à leurs enfants des valeurs de paix et d’amour, en s’en prenant violement à la mondialisation galopante, sans laquelle il n’y a pas de bonheur terrestre possible, d’enrichissement personnel ou d’endettement généralisé !

Les Verts ont donc mis leurs grosses bottes boueuses dans les salons marbrés de mairies importantes. Et c’est sûrement la plus belle nouvelle de 2020, avec le nouvel album de Jul. Le changement c’est maintenant, disait l’autre. Oui, plus que jamais ! Les partis sont exsangues, la vieille garde plombée par les affaires Sarkozy, Fillon, Chirac, Tapie, Balkany, Cahuzac, Botton et des dizaines d’autres champions de l’enculade républicaine, sous couvert d’un héritage gaulliste indéniable.

Messieurs, regardez vous dans un miroir. Les français n’ont plus la gaule pour vous depuis longtemps. Vos petites alliances et vos manipulations politiciennes n’amusent plus personne. Vous êtes vilains, incultes et dépassés par les événements d’un monde que vous n’avez jamais compris. Et Yannick Jadot président en 2022, ça vaut tous les rebondissements de Game Of Thrones du monde ! Le terreau est fertile, il est temps de planter les bonnes graines qui nous débarrasseront durablement des mauvaises herbes et du chiendent qui envahit tous les partis vieillissants. Ca va piquer un peu pour quelques temps les entrecuisses délicats des petits barons intouchables, mais ça devrait amener une bonne bouffée d’oxygène à tout un tas de citoyens combatifs.

En vert, et contre tous !

Mad Masques. 3/06/2020

A l’heure de la réouverture des bars, qui sont un peu aux esprits assoiffés ce que la réouverture des musées est aux esprits affamés, le filsdepute moyen reprend subitement goût à la vie. Deux mois de confinement, de vie familiale, de parties de Fortnite et de débats enflammés devant Zemmour ou Hanouna n’auront pas suffit à lui faire oublier son comportement pré-crise, que certains spécialistes qualifiaient déjà à l’époque de gros beauf, en rapport avec cette catégorie d’individus de mâles alpha qui s’ébrouent depuis l’invention du Ricard dans les plaines européennes ou dans les meilleurs états d’Amérique, où l’intelligence est prohibée contrairement au port d’armes.

Habitué jadis à jeter ses emballages de Mc Do par la fenêtre de son Audi en leasing, le filsdepute (qu’on appellera aussi fdp pour gagner du temps, au risque que si certains d’entre eux nous lisent, ils puissent comprendre ‘’frais de port’’, ce qui n’a aucun sens ici) aime jeter des bouteilles en verre dans les ruisseaux, ses canettes en alu dans des parcs familiaux, de l’huile sur le feu, ses masques couverts de miasmes d’abruti congénital sur les trottoirs en bas de chez lui, ses mégots de cigarettes sur le balcon du voisin du dessous et depuis quelques temps, des trottinettes dans les fleuves environnants.

Certains disent qu’il abuse, qu’il est mal élevé ou qu’il se comporte comme un animal. Mais aucun animal, de toute l’histoire terrestre des animals, ne s’est jamais comporté comme un fdp en salissant sciemment son habitat naturel. Même les bouses géantes (qui pouvaient atteindre la taille d’une Twingo) de certains dinosaures mettaient quelques jours à disparaitre contrairement à des récipients en plastique qui mettront des siècles, si la planète existe encore bien sûr, ce qui n’est pas garanti. Lol. Car le fdp est passé par là ! Et même s’il est allé une fois défiler pour le climat pour voir, le fdp n’a toujours pas fait le rapprochement entre ses gestes de fdp et le dérèglement climatique ! Le fdp ne participe pas qu’à la pollution, il est LA pollution. Mais il s’en fout parce qu’au petit matin, des éboueurs ou des bénévoles de la ville viendront nettoyer la merde de son pique-nique bien mérité avec d’autres fdp, dont certains ne sont pas de sa famille, mais juste des collègues.  »Qui se ressemble s’assemble », disait Eric Zemmour, un autre fdp pourtant très adepte du tri sélectif.

Le fdp ne croit pas vraiment au monde d’après, parce que le monde d’avant lui convenait très bien et qu’il y a de fortes chances qu’on nous mente et que la Terre soit plate. Comme son encéphalogramme. Mais bon, tant qu’il y a des bières, des potes, du foot et une bonniche pour sortir les poubelles, je vois pas où est le problème. Le fdp se propage plus vite que le Covid 19 et il est plus sournois, mais le gouvernement n’a toujours pas lancé d’application pour les repérer (en général on sait où ils se trouvent le week-end venu !). En revanche les chinois devraient vraiment plancher sur un virus pour éradiquer les fdp et éliminer les nuisances sonores, visuelles et pestilentielles qu’ils génèrent à chaque sortie. Et je parle même pas de leur musique de fdp à base de Rnb latino, de rap autotuné ou de variété italienne des années 80. Le fdp est néfaste. Alors que le rat et le pigeon ont une utilité. Ou au moins un intérêt culinaire. Alors que le fdp n’aime que les chips et les pizzas, mais surtout les tacos. On aurait même aperçu des fdp dans les quartiers bobos de la capitale, avec de socquettes dans leurs mocassins, un bonnet en plein été et un tote-bag en coton recyclé.

Le fdp ne pense qu’à sa gueule et parfois on se prend à rêver qu’un oiseau géant vienne leur chier dans la bouche, ou pire, sur leurs bagnoles de fdp qui sont toute leur vie et qui polluent encore plus ! Le monde peut bien s’écrouler autour d’eux, des gens mourir sous des genoux haineux, des présidents attiser la violence et la division, le fdp se conduira toujours en fdp, la bêtise et le manque de civisme étant deux fléaux majeurs de nos sociétés de consommation de fdp.

Alors réunissez vous dans vos jardins privés ou sur vos balcons de fdp, pour vos barbecues et célébrations de fdp en tous genres où vous referez le monde en pensant que c’est les autres les fdp.

Mais une bonne fois pour toute : laissez-nous respirer !

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Déconfinons. 14/05/2020

Deux mois pour réfléchir à nos vies, à l’avenir, à un monde meilleur et il en ressort finalement que le citoyen lambda a surtout besoin d’aller chez Zara et au Mc Do pour donner un sens à sa vie si durement bouleversée par cette épreuve. On ne change pas nos habitudes. On ne touche pas à nos acquis ! On est français bordel ! Le parisien lui, est avant tout parisien, avant que d’être français. Dire que les trois-quart d’entre eux sont des provinciaux venus se confiner d’eux-mêmes dans Paris pour être au cœur du business, en se lamentant aujourd’hui d’agoniser dans 22 mètres carrés au 6e sans ascenseur. Pour certains d’entre eux la peur de ne plus boire de bière sur les bords du canal St Martin fut donc plus importante que la peur de tous finir aux urgences. Sur l’échelle des besoins vitaux, le parisien est toujours au taquet sur ce qui est branché (aller promener son tote-bag entre millenials) et de ce qui ne l’est pas (mettre un masque et passer 15 jours à l’hosto), de ce qu’il faut faire (aller s’isoler en province) ou de ce qu’il ne faut pas faire (dire du bien des provinciaux).

2 mois sans boire dehors, 2 mois sans bruit, sans pollution, sans pouvoir acheter de fringues, sans pouvoir les montrer, c’est vraiment le bout du monde pour une population habituée au confort moderne et à la démonstration sociale…Mais là, enfin, on peut sortir à nouveau. Faire la queue partout, s’entasser, respirer l’azote et le soufre, jeter ses bouteilles de bière et ses masques en papier par terre pour ne pas oublier les gestes ancestraux qui font la barrière entre les gens civilisés et les connards. C’est fascinant. Les mêmes qui, pour la plupart iront défiler pour la planète avec leurs tee-shirts en coton bio à 89 euros et afficher leurs idées révolutionnaires pour un monde plus green friendly sur Insta ou sur des blogs éco-responsables. Je vous hais. Avec la plus grande bienveillance bien sûr.

En même temps n’oublions pas que l’on est dans un pays de penseurs, qui de Nabilla à Pascal Praud, en passant par ton voisin Maurice jusqu’à Cyril Hanouna étale ses spécialistes et ses chroniqueurs de partout. Kim Glow, nouvelle géni(ss)e des Internets, qui brille et réfléchit vraiment comme une luciole, a un million de followers sur Instagram. Voilà donc les nouveaux prophètes de l’ère d’après. Baudruches siliconées et élevées en batterie dans des salles de sport, ersatz d’acteurs pornos pour films bling bling roumains, poupées désincarnées et interchangeables d’un star-système de caniveau, qui ne brille plus que par sa bêtise et sa vulgarité.

Comme elle, certains voient des complots dans n’importe quel fait divers et pensent que Bill Gates est une menace pour l’humanité. En revanche, ils ne semblent nullement dérangés par les actions de Trump ou les expérimentations d’Elon Musk. Ce génie moderne, manière de Tony Stark en vrai, qui en plus de polluer l’atmosphère avec ses satellites, annonce tranquillement le futur de l’humanité : avec sa société Neutralink le mec bosse sur des puces implantées dans le cerveau afin de soigner à peu près tout et permettre aux humains de ne plus avoir besoin de la parole pour s’exprimer d’ici 10 ans…Certes, ça évitera sûrement à beaucoup de dire des conneries en permanence. Mais son ambition première, en grand démiurge moderne qu’il est, c’est surtout de stocker la mémoire de chacun dans une clé USB, afin de nous ranger plus facilement dans une petite boîte et de nous recycler à l’envi, comme dans Westworld, Devs ou Black Mirror…Reste à savoir où il va plugger la prise pour nous recharger.

Tout va bien. Le mec fait aussi des Tesla, et sa fille s’appelle X Æ A-12 donc il est encore plus über-cool que les West/Kardashian. Du coup, crier au loup parce qu’on ne veut pas d’applis de traçage, alors qu’on est esclaves au quotidien d’un portable, d’une CB, d’Instagram, de Facebook, de Google Maps ou de Snapchat, quand notre Dieu Apple est prêt à connecter notre vie entière en récupérant nos données (mais de manière ludique), on devrait plutôt faire profil bas et réfléchir à deux fois avant de parler. D’ailleurs on doit dire désormais la Covid. Comme la MAIF, la CGT ou la COGIP. Voilà le nouveau débat crucial du moment. Mais dans un pays où l’on dit « une » clope depuis des décennies et où l’on va « au » coiffeur (à minuit pour les plus chanceux !), ce nouvel enculage de mouches verbal ne devrait pas nous empêcher de vivre en attendant la prochaine étape.

Il parait que l’hépatite E du rat de Honk Hong est un très bon cru.

 

 

Elon Musk — Wikipédia

Fini de Rire. 1/05/2020

Il y a quelque chose de touchant à voir un humoriste pleurer. D’autant plus quand il s’agit du plus grand comique du moment, Ricky Gervais. Humoriste sans tabou, capable de regarder dans les yeux le tout Hollywood et de remettre à leurs places, stars et producteurs, patrons de chaines ou d’industrie intouchables. Dans sa série After Life, Gervais est Tony, un homme brisé par la mort de sa femme, qui n’a plus grand-chose à attendre de la vie ou à espérer de l’espèce humaine. Ses larmes à la fin de la saison 2 ont cela de sincère qu’elles font écho à une période compliquée où chacun vient de prendre conscience de sa mortalité, de la fragilité de l’existence et de l’importance de profiter un peu plus de son bien-être et de celui des gens qu’on aime. Loin du cynisme ambiant, Ricky Gervais tombe les armes et bouleverse comme jamais.

Se sentir à sa place. Chercher un sens à sa vie alors que le monde moderne qui nous a façonné pour mieux nous digérer n’en a aucun. Les artistes ont peut-être cela de plus que le commun des mortels : une extra sensibilité à ressentir les choses, prendre le pouls d’une société à bout de souffle pour mieux en recracher les travers et les failles dans un texte, un tableau, un dessin, quelques notes de musique, une sculpture, un film ou une vanne. Faire en sorte, au travers de leur art, de prévenir, de réconforter, de rassurer, de faire voyager ou de divertir pour que le quotidien s’embellisse parfois, pour que tout ne soit pas qu’un immense tunnel de grisaille jusqu’à l’échéance fatale. Il n’y a pas de vie sans culture. Dans tous les sens du terme. Mais de la terre qui nourrit les corps à l’art qui nourrit les âmes, il n’y a pas de distinction à faire. Les deux sont vitaux à l’équilibre et à la survie de l’espèce humaine. Même si la connerie et la malbouffe semblent dominer la partie…

Dans les discours officiels pré-déconfinement, la culture n’existe pas au-delà des médiathèques et des bibliothèques…Pour un domaine qui pèse 2,2% de l’économie française. Comme elle se pratique bien souvent en groupe, les salles de spectacle, les théâtres, les musées et les cinémas seront sûrement les derniers à rouvrir, laissant sur le carreau des milliers de professionnels et d’amateurs. Situation inédite. Et extrêmement effrayante. Mais c’est comme ça ! L’amusement ça va bien deux minutes. On préfère que les gens puissent aller rapidement bosser, puis à la plage pour éviter une émeute estivale ! A défaut du virus, ils choperont au moins des mycoses ou un cancer de la peau.

Ainsi certains lieux ne seront plus là à la rentrée, certains intermittents devront trouver une autre occupation, certains festivals ne reviendront pas en 2021 et l’on continuera à regarder des films à la télé en commandant chez Uber Eats. Certes, les plus costauds n’ont rien à craindre, le grand public sera toujours prêt à débourser 70 balles pour Gad Elmaleh au Zénith, ou à encourager ceux qui se prennent pour des comiques à gesticuler et à brasser du vent alors qu’ils ne sont que youtubeurs. Pendant ce temps-là, des dizaines d’humoristes, dont l’avenir ne se compte pas en likes, dont l’art n’a de sens et de profondeur que sur scène, n’y remettront peut-être probablement jamais les pieds : les plus faibles, les moins médiatisés, les plus fatigués ou les plus lucides. Mais pas forcément les moins talentueux.

La crise vise toujours au même endroit. En bas de l’échelle. Contrairement à ce virus qui va faire bien plus de dégâts collatéraux que n’importe quelle tempête ou défilé des gilets jaunes. Qui doivent être bien tristes aujourd’hui de ne pas pouvoir mettre à profit ce premier mai (pensée pour les enfants scouts et roumains qui iront vendre leur clochette ailleurs) pour hurler une énième fois combien les inégalités détruisent une société. Le message, inaudible depuis un an, sera donc passé grâce à une maladie aussi violente qu’inattendue, sans qu’aucun CRS n’ait à sortir sa matraque…Comme quoi, il faut parfois choisir les bons médiateurs et viser au bon endroit.

Aux USA, quand la CIA en arrive à déclassifier des photos d’OVNI pour détourner l’attention du peuple des conneries de son président, c’est qu’il y a vraiment urgence. De toute manière, on ne pourra bientôt plus observer le ciel et les galaxies lointaines, déchiffrer la formation du monde, son évolution et son éventuelle destruction, Elon Musk ayant décidé de truffer le ciel de 12 000 satellites de communication. Accaparer ainsi l’espace alors qu’on n’a même pas fini de défoncer la planète ! Tout ça pour que des connasses pré-pubères puissent faire des chorégraphies sur Tik Tok en 5G dans tous les recoins du monde. En temps normal, on en ferait un sketch, mais ce genre de comportements et d’exactions irresponsables, sous couvert de modernité et d’accès à l’Internet pour tous, pousse le monde vers son futur mais plus vraisemblablement vers sa fin. Et nous donne plus envie de pleurer qu’autre chose. En espérant que ces larmes-là débouchent rapidement sur de nouveaux sourires.

Génération co-vide. 23/04/2020

Les grands discours sur les changements post Coronavirus, c’est un peu comme les bonnes résolutions prises le 1er janvier, un peu bourré, quand on pense à tout ce qu’on va faire pour devenir une meilleure personne, mais que l’on a déjà tout oublié le 3 janvier au matin à la première clope, juste avant le retour au boureau (je voulais écrire bureau, je laisse ça comme ça, ce lapsus est si révélateur…)

Non, RIEN ne changera. Comme après la Coupe du Monde 98, l’idéal black/blanc/beur s’est pris la réalité sociale et les racines gauloises du pays en pleine gueule. Comme après le 11 septembre, passé l’effroi et l’invasion de l’Irak, l’Amérique a créé de nouveaux monstres, jusqu’à son propre chef, et l’on a repris l’avion pour New York, où les Converse sont moins chères. Comme après les attentats de 2015, on a juste aidé le FN à s’implanter durablement. Comme après la Coupe du Monde 2018, où Benalla et les autres ont gâché la fête et laissé grossir le mécontentement dans un pays politiquement dévasté.

RIEN ne changera parce qu’il faudrait déjà une prise de conscience collective pour ça et que l’être humain moderne est bien trop égoïste pour changer d’abord lui-même.  Alors que certains ne pensent déjà qu’a retourner au stade brailler leur haine de l’autre en troupeau, ne pensent qu’à partir s’entasser sur des plages bondées pour valider leur bronzage annuel ou aller boire des pintes pour oublier ces semaines douloureuses, seul ou en famille, on peut légitimement se dire que l’humanité n’est pas prête pour un changement en profondeur. Non, des gens qui se ruent sur le PQ, les Mc Drive et les complots en tous genres, attendent le Tour de France et la reformation d’Oasis n’ont pas encore la maturité suffisante pour aider la planète à s’en sortir.

Dont le sort dépend avant tout des choix de nos leaders politiques…

Aucune vision, aucune hauteur, aucune projection à long terme. Massacrer le service public depuis 40 ans pour faire des économies sur le dos de l’éducation et de la santé de chacun. Se rendre compte, à l’heure du flip généralisé que c’est quand même important un hôpital bien équipé en temps de « guerre », comme disait l’autre. S’étonner du rôle des petites mains, des métiers de base, ceux pour lesquels on déshérite facilement nos enfants qui veulent devenir caissières, éboueurs ou épiciers, mais sans qui la vie s’arrête brutalement. Comme un ministre sans chauffeur. S’emballer encore sur le rôle des enseignants, si important pour garder à flots des niveaux souvent désespérés depuis la maternelle, dans un système scolaire qui n’a guère évolué depuis les années 60. Se réjouir enfin que la culture à domicile soit un vecteur d’épanouissement et d’évasion en ces temps où nos cerveaux s’étiolent, alors qu’on ne fait rien le reste de l’année pour préserver les artistes et les intermittents qui créent du contenu pour rendre la vie plus supportable…

C’est fou quand on y pense, mais il suffirait de tellement peu pour que le populisme étalé à grand renfort de promo télé et d’annonces mirobolantes avant les élections, ne se transforme en vraie popularité si ces annonces étaient simplement tenues ! La popularité, ça n’est pas sale. C’est juste faire preuve d’un peu de réalisme, d’humilité, d’intelligence, de générosité, de recul, d’empathie et de grandeur d’âme pour être à l’écoute et au service d’une nation. Plaire à quelques millions de personnes qui ne demandent qu’à vivre un peu mieux, plutôt qu’à une dizaine de chefs d’entreprises qui ne demandent qu’à mourir plus riches. Ca, ce serait un vrai changement ! Ce serait punk, couillu, dans une époque aseptisée dans les discours et les prises de risques mais où la vulgarité et l’indécence s’affichent partout sur les réseaux sociaux ou les paradis fiscaux. Un monde où de faux dictateurs mous, qui n’ayant aucun combat digne de ce nom à mener, décident de faire plier la planète sous le poids de leur égo et de leur incompétence.

Le co-vide.

Un espace partagé par Sibeth N’Diaye et Marlène Schiappa ici. Mais par tant d’autres ailleurs. RIEN ne changera. Le capitalisme est plus destructeur que le virus. Lui aussi sait s’adapter. Et les ravages qu’il cause sont bien plus importants sur la longueur. Si l’on exclue les suicides, les morts dues aux maladies cardiovasculaires, à l’obésité, à la cigarette, à la pollution ambiante, à l’alcool ou aux cancers en tous genres, sont bien plus nombreuses chaque année dans le monde que ce pauvre coronavirus qui a réussi à stopper la grande faucheuse mondialisée, comme aucun syndicaliste, aucun gréviste, aucune chanson de Saez, aucun manifestant, aucune guerre, aucun discours de Jean-Luc Mélenchon n’aura su le faire depuis 40 ans.

Ca donnera des très beaux films avec Timothy Chalamet dans quelques années !! Ah mais non en fait, les auteurs de SF, de Jules Verne à Stephen King en passant par George Orwell, les réalisateurs de films d’anticipation ( de Le Monde, la Chair, Le Diable à Contagion) ou de zombies (de La nuit des morts vivants à World War Z) font déjà ça depuis des décennies : nous prévenir gentiment de ce que l’homme est capable de faire à la planète et à ses semblables.

La science-fiction en 2000vain, c’est de voir que tout un tas de décideurs ont fait en sorte que tout ça arrive.

‘’Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.’’ George Orwell.

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Poison d’avril. 1/04/2020

Je ne sais pas qui écrit les sketchs de Philippe Martinez, mais alors là, proposer des préavis de grèves en pleine pandémie mondiale, fallait quand même oser ! Même en période de confinement, toutes les excuses sont bonnes pour ne pas aller bosser ! Toucher le fond, c’est un sport français ?

Ah c’est sûr qu’au niveau réflexions poussées, il n’y a guère qu’au gouvernement qu’on atteint des profondeurs où le cerveau humain n’a jamais mis le pied ! Entre les sorties toujours fascinantes des nunuches Sibeth et Marlène, les atermoiements de Castaner et Philippe, les départs dramatiques de Griveaux et Buzyn, voici que ce gros neuneu de Darmanin, dans un tweet pourtant écrit à jeun, vient demander aux français de donner un peu de leur vaste budget pour aider les entreprises à s’en sortir ! Même le Gorafi n’aurait pas osé ! Nonobstant le fait que certains d’entre eux vont se retrouver au chômage, ou à la rue, quand elles seront bien désinfectées, les français assistent impuissants, depuis des décennies au fracassage en règle des services publics, des aides aux plus démunis, dans un mépris général de la droite, comme de la gauche. Ces deux partis qui pleurent aujourd’hui de ne plus être reconnus à leur juste valeur. Mais les valeurs en politique, c’est comme les bonbons dans la main d’un pédophile ! C’est attirant au début, mais on comprend vite qu’on s’est fait niquer !

A l’heure où les masques tombent, il va donc falloir expliquer pourquoi l’hôpital est dans un tel état, le système éducatif pareil et le niveau de confiance en nos élus encore pire ! Comme pour les décisions de confinement, les français s’y sont pris un peu tard pour se rendre compte à quoi servent leur bulletin de vote aujourd’hui ! « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit ! » disait Coluche. Macron et sa bande de bras cassés doivent prier pour que le confinement dure au moins jusqu’en 2022, quand il n’y aura plus qu’une poignée de survivants lobotomisés pour aller voter Hanouna ou Marion Maréchal, dans des villes fantômes, mais complètement respirables.

Et Dieu dans tout ça ? A l’heure des célébrations pascales, une poignée de gourous exaltés pensent que la prière est bien plus importante que le confinement. Il va en falloir des hosties, de l’eau bénite, des excuses divines et des tapis pour enrouler tous les corps si le bordel se propage du Moyen-Orient à l’Afrique Noire, en passant par l’Asie, encore miraculeusement épargnés.  Pour la petite histoire, une grosse partie de l’épidémie française est partie d’un rassemblement de l’Eglise Evangéliste de la Porte Ouverte Chrétienne, à Mulhouse. Au-delà du fait qu’ils auraient du mieux la fermer, on rappelle que la prière, c’est comme la masturbation, ça se fait très bien tout seul dans sa chambre et pas devant tout le monde ! Mais contrairement à la branlette, la religion rend vraiment sourd, aveugle, et con.

Donc voilà, le monde s’est arrêté. On assiste, impuissants, à la mort de proches dont on n’a jamais été aussi éloignés. Les journées passent plus vite. On ne fait rien de ce qu’on aurait voulu faire. L’inspiration a été remplacée par un voile de mélancolie incontrôlable. Dehors il y a des combattants du quotidien, dedans des résistants à la routine, à l’ennui, à la violence, à la solitude, à BFM, à la purée Mousseline…Chacun est devenu médecin, chroniqueur, sportif ou obèse. Pour concilier d’ailleurs santé et entretien physique, essayez désormais de vous moucher dans votre genou. Ou si vous êtes vraiment contaminés, éternuez sur la poignée de porte de ces voisins qui s’amusent à dénoncer ceux qui sortent trop, à mettre des courriers anonymes dans les boîtes aux lettres des médecins, pompiers, infirmières ou homosexuels ! Douce France, où la filsdeputerie a encore de beaux jours devant elle. Et Dieu sait si j’ai du respect pour les putes.

Il faudra une société plus équitable disent-ils.

En même temps, les Indiens d’Amérique ou les hippies le savaient déjà, que l’amour, le partage et le respect de la Nature pouvaient avoir des vertus sur la santé et la survie de l’espèce humaine. Avant d’être ramenés à la raison par des gens sensés, éduqués et visionnaires. Et majoritairement blancs. Un bel héritage humaniste qui a donné au monde les plus grands dirigeants de ces 50 ans dernières années. Je parle des industriels, pardon, pas des hommes politiques ! Pendant que les champs brûlent, Total vient de verser 1,8 milliards de bonus à ses actionnaires… Alors à défaut de les voir payer leurs impôts pour aider à la survie des plus faibles dans leur pays respectif, on peut toujours envisager de les voir un jour à un procès pour crime contre l’humanité.

Il y a des virus plus compliqués à éradiquer que d’autres.

Peace, Love & Unity.

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Un Jour, un Maux.

En ces périodes d’enfermement, de déchirement, d’éloignement, de chômage forcé et de délation, jouons ensemble avec la langue française.

Chaque jour, je vous propose de vous familiariser avec un nouveau mot, afin d’enrichir votre vocabulaire et de briller en société lors de vos apéros Skype !  Retrouvez-les vidéos sur Facebook/Antoine Melvil ou Instagram antoine_melvil.

Intro

Les 2 premiers mots ici :

analphabite

Bananistaion

MORTEL.

Chers amis confinés, je profite de ce moment opportun où vous n’avez pas grand chose à faire de plus intelligent que de parcourir les réseaux sociaux, seules fenêtres encore ouvertes sur un monde devenu aussi fascinant qu’inquiétant.
Un monde qui m’inspire depuis quelques années méfiance et ironie, qui nourrit mes papiers et m’a donné il y a maintenant 3 ans l’envie de monter sur scène pour en découdre par le rire. L’aventure Toilette Intime m’a permis de jauger mes capacités, de me confronter au public et de mettre les pieds dans un milieu pas forcément très drôle !! Mais comme de partout, des gens bienveillants, ouverts et respectueux ont compris ma démarche, le public a réagit de manière surprenante à mes élucubrations, m’encourageant plus que de mesure à continuer cette aventure un peu masochiste.
Il y a quelques mois, je décidais, suite à de mignons problèmes cardiaques, d’appeler mon spectacle MORTEL. Parce qu’on l’est tous, parce que la vie est courte et parce que c’est un super jeu de mots ! Ce titre revêt aujourd’hui une connotation particulière, et l’humanité arrive à un tournant décisif dans ses choix de vie pour les prochaines décennies, pour les générations futures.
Et que ces choix soient judicieux, censés, humains, intelligents ou toujours motivés par l’appât du gain, il est de notre devoir, nous humoristes, de rester connectés et disponibles pour tamiser un peu tout ça, dédramatiser ou apporter un éclairage décalé sur ce bordel ambiant.
Il faudra du courage, de la patience, mais le rire restera un vecteur de force et de libération. En attendant donc de savoir où et quand chacun d’entre nous pourra remonter sur une scène, voici donc au moins la nouvelle affiche du spectacle, histoire de m’occuper et de me donner un but pour les mois à venir:
Etre en vie par les temps qui courent, c’est MORTEL !

A très bientôt. Prenez soin de vous. Coeur avec les coudes.

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