BENNY HILL. That Joke Isn’t Funny Anymore.

Article écrit pour le magazine NETWORK (mars 2017).

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Benny Hill fut retrouvé mort le 20 avril 1992, seul dans son appartement de Teddington, en pyjama, des billets de banques dans les poches, assis devant la télévision, qui marchait depuis deux jours dans le vide. Une fin tragique et glauque à l’image de la vie d’un artiste unique, qui, pour éloigner ses démons, passait sa vie sur les plateaux télé. Mais contrairement aux Monty Python, autres monuments de l’humour british à avoir colonisé le monde entier, vénérés pour leur humour absurde, cérébral, souvent anarchiste ou leur folie, Benny Hill fut souvent considéré comme un simple amuseur aux sketches potaches et grivois, comme un personnage de cartoon amusant, ce vieil oncle qui raconte des blagues et amuse la galerie à la fin des repas de famille avec ses fausses dents. Mais pour tenir aussi longtemps le haut de l’affiche, avoir une renommée universelle (son show était diffusé dans 97 pays au début des années 90 !), et être vénéré par Charlie Chaplin, Michael Caine, Frank Sinatra, Burt Reynolds, Michael Jackson ou…Gilles Deleuze, il y a forcément autre chose que la chance qui entre en ligne de compte. Mais comme beaucoup d’humoristes, Benny Hill était avant tout un personnage complexé et tourmenté, dont la vie morne et solitaire contraste avec celle d‘amuseur public N 1.

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Dans une interview, un journaliste lui dit un jour « qu’il vit sa vie avec un grand V », ce à quoi Benny rétorque : « Et parfois je souffre avec un grand S. ». Voilà donc résumé en une phrase le rapport tourmenté que l’artiste connaitra durant toute sa carrière face à la célébrité, aux femmes et à ce corps qu’il ne supporte pas.

Celui qui naitra Alfred Hawthorne Hill le 21 janvier 1924 à Southampton, surnommé Alfie, se passionnera peu pour l’école et les études, aura peu d’amis et se verra très vite enchainer les petits boulots. Il sera notamment laitier, et s’en servira plus tard comme inspiration pour quelques sketches ou chansons. Son père tient une espèce de pharmacie, mais a, comme son grand-père, quelques connections avec des gens du cirque. Impressionné par le milieu des saltimbanques, Alfie Jr commence à jouer de la guitare et à faire des blagues pour 5 shillings par soir, pensant naïvement que le fait de devenir clown lui apportera gloire et reconnaissance. Avec son maigre pécule de 25 Livres, il déménage pour Londres, persuadé que des jours meilleurs l’attendent là-bas. Il devient assistant dans un théâtre, faisant toutes sortes de boulots peu reluisants pour 3 Livres par semaine, mais se confrontant enfin aux mondes des artistes. Il se fait désormais appeler Benny, en référence à Jack Benny, comique américain qu’il adore. Mais pendant ses mois d’apprentissage, le jeune homme de 17 ans a purement et simplement oublier de remplir les papiers pour l’armée, alors que la guerre fait rage en Europe. Il sera rattrapé par la patrouille en 42, « traité comme un criminel », d’après lui et enrôlé alors comme mécano dans une batterie anti-aérienne en Normandie. Il en profite pour chanter et jouer le soir avec l’accent allemand pour amuser les troupes. Démobilisé en 47, il met alors son pactole de 52 livres à profit pour retourner à Londres, où il partagera un appartement avec 3 filles, mais n’ayant pourtant, à 23 ans, qu’une obsession en tête : devenir une star du show-biz ! Il lui faudra encore patienter deux petites années pour faire sa première apparition dans une émission télé, Hi There. Il traine avec l’acteur Reg Varney qui lui offrira un rôle dans Straight Man, convoité par un autre comique débutant, un certain Peter Sellers…Benny rencontre alors Richard Stone, qui restera son agent jusqu’à la fin et se passionne très tôt pour l’objet télé, qui commence à envahir les foyers anglais, sentant tout le potentiel de cette petite boîte magique. Il écrit alors des tonnes de sketches qu’il apporte fièrement à Ronnie Waldman, patron des divertissements à la BBC. Le courant passe entre les deux hommes et Benny se fait la main dans divers programmes, et gagne alors 300 livres par semaine avant de lancer en 1955 la première mouture du Benny Hill Show. Le programme mélange séquences enregistrées en public et parties filmées, avec déjà les germes du futur show en couleur. Présence féminine, tapotage de crâne (Jackie Wright est déjà de la partie) et hommage prononcé aux comiques US, Chaplin et Marx Brothers en tête, nombre de ses sketches étant visuels, empruntant au burlesque et à l’humour slapstick du début du siècle. Benny Hill est dans son élément, il a toujours détesté le théâtre ou les apparitions en direct qui le rendent nerveux. Il refusera d’ailleurs des dizaines d’invitations sur des plateaux célèbres (dont celui de Johnny Carson), par peur de se confronter à des éléments dont il ne maîtrise rien. Sur ses plateaux, il est le roi. Un des seuls humoristes d’ailleurs, qui ait le contrôle total de ses productions. Le Show, coécrit alors avec Dave Freeman, cartonne, mais s’expatrie sur ITV de 1957 à 1960, avant de revenir sur la BBC. Où Benny se paie une sitcom de 62 à 63, 19 épisodes dans lesquels il campe un personnage différent par semaine.

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Il cachetonne dans quelques publicités pour Schweppes ou de la margarine en 1960, avant de se voir proposer quelques rôles au cinéma, qui reste minimes, l’acteur n’ayant pas le temps, ni l’envie de s’investir ailleurs. On l’aperçoit dans « Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines » de Ken Annakin en 65, puis dans le musical « Chitty Chitty Bang Bang » en 68 et de manière plus surprenante dans « Pendez-les haut et court » de Ted Post où il croisera la silhouette de Clint Eastwood, qui se déclarera plus tard fan de l’humoriste ! En 69, il joue aux côtés de Michael Caine dans le film de braquage « The Italian Job », année érotique qui voit son show passer sur Thames Télévision pour la consécration que l’on sait. La télé est désormais en couleur depuis deux ans et chaque foyer possède bientôt la petite boîte à miracles. C’est le début du Benny Hill Show tel qu’on le connait et tel qu’on s’en souvient.

Et l’on comprend mieux aujourd’hui les recettes d’un succès universel, d’une réussite sans frontière, le programme reprenant les codes et les blagues visuelles hérités de l’époque slapstick du cinéma muet. On se gausse alors de ses mésaventures, de la vieille Europe en passant par l’Amérique puritaine ou le fin fond du Brésil. Des filles dénudées, des tartes à la crème, des chutes, des perruques, des poursuites et des coups dans les parties génitales : autant de gimmick vus et revus mais fonctionnant de manière imparable grâce à la bonhommie de son créateur. En 77 le show est regardé par 21 millions de personnes en Grande-Bretagne et si les jeunes pré-ados que nous sommes au début des années 80 (Benny Hill sera diffusé en France sur FR3 de 1980 à 2000 à 20h), apprécient autant, ce n’est pas tant pour son esprit burlesque que pour ses passages grivois qui enflamment nos sens alors peu irrigués par le déferlement d’images érotiques que l’on connait aujourd’hui. Pour le dire clairement, sous couvert de programme familial, on peut enfin apercevoir des fesses, des seins et des porte-jarretelles à la télé française, le dimanche soir, en ce moment béni que l’on vénère bien plus que le Jour du Seigneur !

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La sexualité, ou son absence, est d’ailleurs au cœur de la vie de Benny Hill, handicapé du sentiment et qui aborde toutes ses relations avec la maladresse d’un ado introverti. « J’ai un âge mental de 17 ans, bien loin des préoccupations du mariage. » dira-t-il souvent. S’il aime, comme beaucoup de gamins, se déguiser très tôt avec les affaires de sa mère, avec laquelle il vivra jusqu’à son décès en 76, Benny doit démentir une homosexualité que certains subodorent, étonnés qu’il n’ait pas de relations et de petites amies attitrées. Effrayé par un livre sur la sexualité, qui rendrait les gens mauvais, et qu’il a lu plus jeune, Hill développe des troubles face aux femmes, voyant le sexe à la fois comme un rêve impossible et un cauchemar, et vit ce sentiment de culpabilité et de saleté en évitant toute relation durable. Il préfère passer du temps avec deux filles handicapées qu’il visitera pendant 30 ans à l’hôpital, et se sent inapte au mariage suite aux refus brutaux de prétendantes dont il était plus jeune secrètement amoureux. Pourtant, malgré sa timidité maladive, il adore s’entourer de belles et jeunes filles. Et comme le décrit souvent la série, elles sont fraîches et pimpantes, contrairement aux épouses, qu’il représente grosses et acariâtres, pensant réellement que le mariage n’est pas loin de la peine de mort !

Son fameux harem des Hill’s Angels sera donc la caution sexy de son célèbre show, mené par la pétillante Sue Lipton. Benny Hill confiera même préférer les filles normalement constituée aux bimbos blondes à forte poitrine. Son aversion pour le sexe le conduira donc naturellement à quelques rencontres privées avec des filles très jeunes (mais consentantes), venant le soulager parfois dans son appartement, sans qu’il ne tente jamais rien de plus entreprenant. Son amour pour les prostituées se confirmera lors de quelques voyages, dans des villes choisies pour la bonne réputation des bordels locaux (Marseille, Hambourg, Tokyo ou Bangkok). Mais derrière son physique de chérubin et sa candeur affichée, Hill reste un grand enfant en quête de réconfort. D’ailleurs, la plupart du temps, dans ses courses poursuites avec ses girls, Benny Hill finit souvent seul, les filles préférant partir avec d’autres que lui. Il reste alors là, avec son regard de chien battu, comme le voyeur impuissant qu’il sera toute sa vie.

Mais le sexe n’est pas la seule problématique pour conquérir les filles. Hill développe depuis longtemps une boulimie qu’il vit mal et qui l’obligera au milieu des années 70 à prendre des amphétamines pour calmer sa frugalité. Il pèsera jusqu’à 105 kilos, flippant de finir comme son frère Leonard, qui meurt en pesant plus de 150 kilos ! Il développe alors une haine pour ce corps qui doit pourtant passer à la télé toutes les semaines. La seconde crise cardiaque et la thrombose coronarienne qui lui seront fatales en 92, découleront directement de sa boulimie. Il traine alors chez lui, dans des appartements quasi vide, devant sa télévision (qu’il loue), jetant ses papiers griffonnés et ses affaires par terre, tolérant quelque fois la présence d’une femme de ménage, qui ne doit toucher à rien. Même ses nombreux trophées sont empilés dans un simple carton. Il se complait dans ce confort spartiate et n’a pas de chauffeur, pas de jardinier, ni de garde du corps ou d’assistant pour gérer ses affaires. Il n’a d’ailleurs ni maison, ni voiture à lui. Et quand il doit faire réparer le toit de la demeure familial, il préfère déménager plutôt que de faire un chèque de 175 000 livres, alors qu’il est déjà millionnaire. Cette mesquinerie maladive se développe depuis plusieurs années déjà, et s’il oublie parfois de signer des chèques pour ses employés, il préfère marcher que de payer le taxi, et fait ses courses dans des supérettes locales où il achète des conserves périmées et des fruits pourris. Il change rarement d’habits et se complet dans une situation en total décalage avec son standing, lui qui aime les grands restaurants et la nourriture raffinée. Sa vision du partage et de la bonté humaine aurait été largement altérée par le comportement de son père et lorsque dans son enfance, une jeune fille aurait refusé de partager ses coquillages avec lui à la plage, pendant qu’une autre lui refusa un peu de barbe à papa ! Après le sexe, encore un traumatisme profond, indélébile.Difficile donc d’envisager le mariage avec un rapport à l’argent plus que délicat, lui qui emmena quelques une de ses conquêtes au self-service plutôt qu’au restaurant. Tout juste daigne-t-il se payer quelques voyages dans les villes citées plus haut pour y trouver du bon temps, où il part souvent avec un sac plastique comme seul bagage.

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En 1976, sa mère vient de mourir et alors qu’il se bourre d’amphétamines depuis des années pour calmer sa boulimie, on doit lui retirer un rein, suite à un problème de rétention d’eau du à son stress permanent. Le show cartonne sans que le grand public ne soit au courant de ses problèmes personnels, et il faut attendre 1985 pour que l’on commence à lui chercher des poux sur un contenu trop sexuellement explicite et qui commence à agacer les féministes et les ligues de vertus, qui trouvent l’émission dégradante.

Autres temps, autres mœurs. Dans la France d’Hara Kiri et du Petit Rapporteur, Benny Hill n’avait rien de choquant, et le sexisme ambient, la misogynie galopante et quelques accents étrangers n’ont rien de vraiment inapproprié dans une époque où Michel Leeb est une star. Alors qu’il apparait au sommet de sa gloire en Fred Scuttle dans le clip de Genesis « Anything she does » en 86, on lui reproche alors d’aller trop loin, le vénérable Cliff Richard claironnant même aux bonnes âmes qu’il n’y a aucune raison que l’on projette ce programme nauséabond dans les salles à manger anglaises ! Ben Elton, producteur et compositeur, ira même jusqu’à faire un parallèle entre le succès de Benny Hill et l’augmentation des agressions et des viols sur les femmes du pays. En 87, Colin Shaw, directeur du Broadcasting Standards Council demandera même à ce que l’artiste soit incarcéré ! Voilà. Tout ça pour un show alors bien anodin, et dont les hommes étaient plus souvent montrés en victimes qu’en héros. Peut-être pourra-t-on juste reprocher à son auteur de ne pas avoir su évoluer avec son temps et de devenir un peu ringard à l’approche des fatidiques années 90. Dans une époque aussi vulgaire que la notre, où les programmes télés abêtissants et bas du front nous servent des apprenties starlettes en bikinis à longueur de chaînes de la TNT, le candide Benny Hill semble aujourd’hui bien inoffensif.

En juin 89, alors que le show court depuis 20 ans (en plus de 14 ans sur la BBC) et que quelques millions de fans suivent encore Benny, le patron de Thames lui annonce brutalement son renvoi, traitant comme un moins que rien un homme qui vient de passer 38 ans de sa vie complètement dévoué à son art, la télévision. Sans sa seule raison de vivre, Benny Hill se laisse alors aller et développe des ulcères, des douleurs à la poitrine et des indigestions, tout en prenant du poids. En février 92 il refuse un pontage coronarien. Guère de temps après, une première crise cardiaque l’envoie à l’hôpital où un certain Michael Jackson vient lui rendre visite. Le 20 avril, la seconde lui sera fatale. Il a alors 68 ans. N’ayant rien anticipé, Benny Hill laisse plus de 8 millions de Livres que se partageront des neveux et nièces qu’il ne connait même pas. Persuadés que l’artiste est enterré avec des bijoux, des profanateurs ouvriront sa tombe un peu après ses funérailles. Une fin solitaire et glauque comme un résumé de sa vie hors des plateaux. Celui qui fut reçu par Charlie Chaplin dans sa résidence suisse de Vevey, en digne successeur burlesque qu’il fut, laissera par contre un héritage comique conséquent à tout un tas d’apprentis humoristes en culottes courtes. De son successeur dans le coeur des anglais, Mr Bean, aux excentricités de Sacha Baron Cohen ou Russell Brand, des costumes outranciers de Mike Myers dans Austin Powers aux délires queer des petits génies de Little Britain (Matt Lucas et David Walliams), Benny Hill (et son regard caméra complice et innocent) aura laissé des traces durables dans l’inconscient collectif et la pop culture du 20e siècle. On se souvient encore émus de sa galerie de personnages incroyables (de Fred Scuttle et son salut débile à la petite fille qui souffle sur des fleurs de pissenlits), de ses complices (le papi irlandais Jackie Wright et son crâne luisant, Bob Todd, abonné aux rôles de serveurs ou Henry McGee, qu’on apercevra aussi dans le Saint ou Chapeau Melon et Bottes de cuir), de ses parodies des feuilletons à la mode (Agence tous risques, Starsky et Hutch, Steve Austin ou Kojak), des rires enregistrés et des folles poursuites de fin de show au son du célèbre « Yakety Sax », composé en 63 par Boots Randolph, et qu’il imposera au monde entier, comme le « Mah na Mah na » du compositeur italien Piero Umiliani, également entendu dans le Muppet Show en 76!

Mais pour nous français, Benny Hill ne serait pas le Benny Hill qu’on connait, sans la voix de sa célèbre doublure locale : Roger Carel. Stars du doublage, cet autre héros d’enfance accompagnera nombre de nos programmes préférés. A lui seul il est la voix française (parmi des dizaines d’autres) de C3-PO, Kermit la grenouille, Woody Woodpecker, Capitaine Caverne, Mister Magoo et de la série Il Etait une fois l’Homme…quand il ne joue pas des personnages pour Hanna Barbera, dans tous les longs métrages Disney ou ne double pas Peter Sellers, Jack Lemmon ou Jerry Lewis ! L’alter ego idéal à son modèle, d’un timbre de voix similaire et qui s’amusait comme un gosse avec toutes ces imitations grossières et ces accents que l’on taxerait de racistes aujourd’hui. Les deux hommes se rencontreront enfin lors d’une émission spéciale sur FR3 diffusée le 22 janvier 92. Benny Hill confiera d’ailleurs à Carel (qui aura 90 ans cette année !) avoir des envies pour de nouveaux shows aux USA. Ironie du sort, il avait reçu le jour de sa mort un contrat de Central Independant Television (devenu ITV) pour un nouveau projet. La lettre fut retrouvée à côté de son corps sans vie. On ne saura jamais si Benny Hill avait encore des choses à dire pour nous faire rire, s’il avait évolué dans son humour, la seule chose qui le maintenait en vie et le protégeait des agressions extérieures, mais avant tout de lui-même. Ce petit homme timide et rondouillard, innocent et naïf, et dont le show fut la parfaite métaphore de sa vie : une course effrénée après quelques jolies filles qu’il ne réussira jamais à attraper.

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Nos amis les hommes, 7/03/2017

La tempête qui souffle actuellement sur la France devrait, à moyen terme, faire plus de dégâts que les quelques tuiles qui nous tombent sur la gueule depuis des mois…. Tous les matins, comme la rivière en crue, sortir de son lit en colère et se dire qu’il est moins dangereux de s’abriter sous un arbre en plein orage que de faire confiance aux hommes politiques…Parce que contrairement à leur connerie, la pluie cesse toujours à un moment. Mais la bêtise est une chose, l’aveuglement en est une autre. Et quand cela confine à l’abrutissement sectaire, des milliers de moutons réactionnaires (des millions selon les organisateurs) viennent hurler leur amour et leur soutien à un potentiel mis en examen. Mais bon, quand on croit plus en la Bible qu’en la justice de son pays, et que les modèles de probité s’appellent Sarkozy ou Balkany, on n’est plus à un délire médiéval près. Tous unis contre les gueux, les étrangers, le progrès et l’amour! Dans ce déluge d’idiotie et de populisme, notons tout de même la prise de position courageuse de Juppé qui préfère rester au sec avec un verre de Bordeaux plutôt que de se faire des cheveux pour une famille politique qui compte plus de traîtres qu’un épisode de 24 Heures Chrono. On souhaite donc bonne chance à celui qui, en quelques semaines, devra se bâtir un programme, une image médiatique et sauver son parti en mettant son égo et son arrivisme primaire de côté. Tout en continuant à rire des saillies sans cesse renouvelées de messieurs Retailleau, Estrosi, Wauquiez, Mariton ou Eric Ciotti, mûr pour reprendre le rôle d’Adolfo Ramirez dans un remake de Papy Fait de la Résistance.

Et comme on parle comédie, pour éviter de revivre le scandaleux dénouement d’une cérémonie des Oscars, qui a plus ému le peuple que les tirs de missiles coréens ou que l’accident de bus de Jenifer (qui va bien, et qui pourra participer aux Enfoirés 2018), je propose d’instaurer dès l’année prochaine une section pour les comédies de Will Ferrell (sinon il n’aura jamais rien), en plus d’une section pour les noirs, d’une pour les mexicains et d’une pour les femmes. Afin de nous éviter leurs atermoiements répétés dans une industrie qui a déjà la gentillesse de les mettre en avant ailleurs que dans des films porno interraciaux. Franchement, en 2017, consacrer encore une journée pour défendre les droits des femmes, c’est un peu abusé, non? Alors qu’une demi-journée suffirait amplement. D’ailleurs la mienne, saoulée de tout ce cirque machiste s’est mise au gin. La boisson, pas le jeu. Je vais d’ailleurs lui apporter un petit seau, la gueule de bois devrait durer 4 ou 5 ans.

Cher Emmanuel, 17/02/2017

On connait l’importance dans vos métiers d’astiquer tout le monde dans le sens du poil (le catho intégral est contre l’épilation intégriste), mais de là à faire passer certains réactionnaires pour des victimes d’une banale décision sensée (le mariage pour tous), c’est un peu fort de café, comme disait Jacques Vabre en faisant croire aux gringos mexicains que le leur avait bon goût. Il semblerait d’ailleurs que pour n’importe quelle décision, sur n’importe quel sujet, il y ait des pour et des contre. Et ce depuis l’invention du libre-arbitre. Dans l’histoire récente, les guerres, la peine de mort, Ie PSG, les préservatifs dans le porno, le port du voile, l’immigration, Christophe Maé, les assistants parlementaires, la recette des nems ou Roman Polanski ont toujours eu leurs défenseurs et leurs détracteurs. Rien, pas même Dieu ou Cristiano Ronaldo n’arrivent à faire l’unanimité sur cette foutue planète ! Alors à un moment, il faut prendre position, se décider en son âme et conscience et faire ce qu’il nous semble juste et pas calculé de manière grossière pour plaire au plus grand nombre. Ce qui fera d’ailleurs toujours la différence entre les studios Folimage et Walt Disney, Dominique A et Matpokor A, Guillaume Canet et Eric Judor, qui est vraiment drôle…

En prenant parti pour une frange de la population qui s’est sentie humiliée par la seule décision courageuse et utile de ce gouvernement (qui fut le tien), tu renies également des années de lutte et de combat pour une égalité juste et équitable, que même des pays bien plus à cheval sur le bénitier (l’Espagne depuis 2005, le Portugal depuis 2010, ou l’Irlande en 2015 , prouesse dans un pays qui compte plus de curés pédophiles que la France) ont laissé passer sans martyriser de chapelets ou hurler à l’éradication des homosexuels, de leur maladie et de leurs mœurs inavouables entre la messe du dimanche et celle de Jean-Pierre Ricard. Tant qu’à rallier une cause, autant qu’elle soit tournée vers l’amour et la modernité plutôt que vers la haine et le formol, non ? Sinon, comment se sortir des mentalités rances et moyenâgeuses d’un pays qui ne fait que regretter son passé et sa blancheur mais prend peur dès que l’on parle d’avenir et de couleurs ? On te pensait tellement plus swag que le premier Dupont-Aignan venu…

Tes réflexions de gauche nous auraient presque fait oublier tes inflexions de droite. Ton discours sur l’ouverture aux autres et à la discussion (mêmes avec les fachos), ta propension à aimer les vieilles tout en intéressant les jeunes à la politique, ta petite sortie couillue sur la colonisation, que tous tes prédécesseurs et les livres d’histoire semblent vouloir oublier, tes discours enflammés comme un puceau qui vient d’être élu délégué de sa classe de 3e, tout ça nous avait diverti entre les hologrammes de Mélenchon et les affaires en 3D de Fillon. Mais alors que tu dus démentir toi-même récemment une allégation taquine d’homosexualité, ce petit doigt d’honneur en direction de la communauté LGBT vient faire tâche sur ton caleçon immaculé de premier communiant. C’est désormais un poing d’honneur que tu brandis maladroitement dans le fondement des libertés individuelles comme un débutant à la Fistinière ou un gendarme dans un manifestant.

Donner toujours raison aux puissants, aux classes dominantes ou aux profils tolérés par les conventions (blanc, hétéro, de droite ou de gauche, catholique, diplômé et surtout docile), n’est plus vraiment la norme. Les riches et puissants Donald et Marine ont réussi l’exploit de faire croire aux pauvres et aux illettrés qu’ils avaient une solution pour eux et que l’ennemi était l’étranger, la différence et les journalistes. Et ça fonctionne ! Tu es jeune et ambitieux, ne mène pas des combats d’arrière-garde et surtout ne te trompe pas de cible (s) en manipulant tout le monde comme tes glorieux ainés. Si tu dois te mettre en marche, avance déjà dans la bonne direction.

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Bonjour la vie !

 

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Un peu de baume au coeur pour toutes ces familles calomniées par l’affaire Fillon , et dont on vient gâcher l’espoir d’une France dynamique et tournée vers l’avenir en plus des vacances à Courchevel. En espérant que la justice fasse aussi son travail par rapport à la sortie de ce disque.

Nos amis les ordures. 2/02/2017

Voilà déjà un mois que 2017 s’égrène, et l’impression sournoise d’avoir fait une indigestion de Mon Chéri dure depuis quasiment 30 jours, au point de chier des noyaux de cerise à chaque passage aux toilettes après le JT de 20h.

On pensait pourtant avoir atteint le fond du fond de la politique française après deux quinquennats marqués par l’incompétence, les concours de bites et les affaires dégueulasses, mais les égouts descendent finalement bien plus bas que ce que l’on imaginait. Comme tout prêtre pédophile, discret et respectable, Fillon avait donc, sous cette blancheur immaculée qui illumine les aubes des communiants aveuglés, une forte envie de nous la mettre également bien profond. Don Corléone dormait sous l’Abbé Pierre. Réussir à virer Sarkozy pour en arriver à ça, même les plus fins stratèges de la littérature mafieuse n’auraient pas osé l’écrire. On a tous eu des scrupules, vautré sur notre canapé à crédit de chômeur inutile, en écoutant des discours moralisateurs pour redresser cette France qui bandait mou depuis 5 ans. Au moins pourra t-on reprocher à Hollande d’avoir était nul, maladroit et un peu engoncé dans un costume trop grand pour lui, préférant faire du scooter la nuit pour énerver son ex et alimenter la presse poubelle. Mais alors là, avec les camions de casseroles que se trainent les barons de ton parti irréprochable, vous allez pouvoir faire concurrence à Tefal pendant quelques années. En même temps c’est bien utile autant d’ustensiles pour votre petite cuisine interne, qui fait vraiment passer les concurrents de Top Chef pour des stagiaires du McDo.

Taxer 17 millions d’euros aux votants de la primaire (dont certains avaient juste fait le déplacement par la gauche pour éliminer Gargamel !), et leur expliquer derrière qu’il devront finalement voter pour Baroin, Larcher, Bertrand ou Gargamel…J’ai comme l’impression que Juppé n’osera même pas, par décence, et par fatigue, remettre un orteil dans cette fange où vous vous complaisez à défendre vos intérêts personnels en appelant Jeanne et Charles à votre rescousse républicaine. On savait que le voyage (la croisade) que tu entrepris, tel un Ulysse bigot et rétrograde, serait semé d’embûches, mais là, Pénélope aurait au moins pu se tricoter une couverture un peu plus épaisse en attendant ton sacre du printemps. Tu nous as fais une petite DSK, mais contrairement à lui, qui s’est juste tapé la bonne, tu as quand même réussi à niquer toute la famille en plus des millions français qui te mangeaient les hosties dans la main sans sourciller. Chapeau l’artiste !

Au moins avec Donald, on n’est pas surpris ! On passe notre temps à gueuler que nos politiques ne tiennent pas leurs promesses, mais lui les respecte et on lui en veut aussi ! En même pas une semaine, il a signé plus de décrets racistes et xénophobes que les Le Pen n’en ont rêvé dans leur carrière ! Autant d’énergie pour cacher autant d’incompétence, de méconnaissance géopolitique et de peurs infondées, c’est assez fascinant. Dans les années 50, on pouvait vraiment se méfier des communistes : ils étaient fourbes, laids et sentaient le tabac froid. Dans les années 60, il fallait vraiment anéantir les cubains, prêts à envahir Miami à coups de noix de coco (si c’est pas un signe !) pour imposer les dominos et Compay Segundo à tout le pays ! Quant aux vietnamiens des années 70, que n’a t-on bien fait d’envoyer des milliers de boys faire des barbecues aux frais de Monsanto pour sauver on ne sait toujours pas quoi, mais sûrement pas la face ! Votre vie n’est qu’un film de super-héros dont vous seriez les victimes permanentes, contre le reste du monde, qui ne partagent pas vos valeurs mais juste vos marques et vos fast-food ! Heureusement que les Indiens n’avaient pas la télé à l’époque où vos ancêtres européens les massacrèrent sans répit pour bâtir des Starbucks et des KFC dans les grandes prairies de l’indépendance où s’ébrouent depuis vos petits bâtards patriotes.

James Woods, cet ex grand acteur mais néo fils de pute conservateur, a brillamment publié des photos de gens morts au Bataclan pour justifier vos lois farfelues. Doit-on lui rappeler que la majorité des tarés qui viennent exécuter vos enfants dans des lycées ou des écoles sont des purs produits de votre pays malade, fascinés par les armes et la télé-réalité ?D’ailleurs au Canada, c’est un énième fasciste au nom ridicule qui a exécuté six personnes dans une mosquée. Un musulman dégommant six personnes dans une église aurait été un peu plus vendeur pour nos chaînes de télé, mais, bon, on fait avec les abrutis que l’on a sous la main. Au moins les terroristes de Daesh agissent en citant Dieu, pas en venant clamer leur amour pour les idées de Trump ou de Marine Le Pen ! Voilà. En tous cas si les onze prochains mois de l’année se poursuivent sur ce rythme, je vais réserver un aller simple pour le Groenland ou me faire cryogéniser jusqu’en 2505. Date à laquelle je reviendrais. Et comme dans Idiocracy, le monde aura changé…

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