Déconfinons. 14/05/2020

Deux mois pour réfléchir à nos vies, à l’avenir, à un monde meilleur et il en ressort finalement que le citoyen lambda a surtout besoin d’aller chez Zara et au Mc Do pour donner un sens à sa vie si durement bouleversée par cette épreuve. On ne change pas nos habitudes. On ne touche pas à nos acquis ! On est français bordel ! Le parisien lui, est avant tout parisien, avant que d’être français. Dire que les trois-quart d’entre eux sont des provinciaux venus se confiner d’eux-mêmes dans Paris pour être au cœur du business, en se lamentant aujourd’hui d’agoniser dans 22 mètres carrés au 6e sans ascenseur. Pour certains d’entre eux la peur de ne plus boire de bière sur les bords du canal St Martin fut donc plus importante que la peur de tous finir aux urgences. Sur l’échelle des besoins vitaux, le parisien est toujours au taquet sur ce qui est branché (aller promener son tote-bag entre millenials) et de ce qui ne l’est pas (mettre un masque et passer 15 jours à l’hosto), de ce qu’il faut faire (aller s’isoler en province) ou de ce qu’il ne faut pas faire (dire du bien des provinciaux).

2 mois sans boire dehors, 2 mois sans bruit, sans pollution, sans pouvoir acheter de fringues, sans pouvoir les montrer, c’est vraiment le bout du monde pour une population habituée au confort moderne et à la démonstration sociale…Mais là, enfin, on peut sortir à nouveau. Faire la queue partout, s’entasser, respirer l’azote et le soufre, jeter ses bouteilles de bière et ses masques en papier par terre pour ne pas oublier les gestes ancestraux qui font la barrière entre les gens civilisés et les connards. C’est fascinant. Les mêmes qui, pour la plupart iront défiler pour la planète avec leurs tee-shirts en coton bio à 89 euros et afficher leurs idées révolutionnaires pour un monde plus green friendly sur Insta ou sur des blogs éco-responsables. Je vous hais. Avec la plus grande bienveillance bien sûr.

En même temps n’oublions pas que l’on est dans un pays de penseurs, qui de Nabilla à Pascal Praud, en passant par ton voisin Maurice jusqu’à Cyril Hanouna étale ses spécialistes et ses chroniqueurs de partout. Kim Glow, nouvelle géni(ss)e des Internets, qui brille et réfléchit vraiment comme une luciole, a un million de followers sur Instagram. Voilà donc les nouveaux prophètes de l’ère d’après. Baudruches siliconées et élevées en batterie dans des salles de sport, ersatz d’acteurs pornos pour films bling bling roumains, poupées désincarnées et interchangeables d’un star-système de caniveau, qui ne brille plus que par sa bêtise et sa vulgarité.

Comme elle, certains voient des complots dans n’importe quel fait divers et pensent que Bill Gates est une menace pour l’humanité. En revanche, ils ne semblent nullement dérangés par les actions de Trump ou les expérimentations d’Elon Musk. Ce génie moderne, manière de Tony Stark en vrai, qui en plus de polluer l’atmosphère avec ses satellites, annonce tranquillement le futur de l’humanité : avec sa société Neutralink le mec bosse sur des puces implantées dans le cerveau afin de soigner à peu près tout et permettre aux humains de ne plus avoir besoin de la parole pour s’exprimer d’ici 10 ans…Certes, ça évitera sûrement à beaucoup de dire des conneries en permanence. Mais son ambition première, en grand démiurge moderne qu’il est, c’est surtout de stocker la mémoire de chacun dans une clé USB, afin de nous ranger plus facilement dans une petite boîte et de nous recycler à l’envi, comme dans Westworld, Devs ou Black Mirror…Reste à savoir où il va plugger la prise pour nous recharger.

Tout va bien. Le mec fait aussi des Tesla, et sa fille s’appelle X Æ A-12 donc il est encore plus über-cool que les West/Kardashian. Du coup, crier au loup parce qu’on ne veut pas d’applis de traçage, alors qu’on est esclaves au quotidien d’un portable, d’une CB, d’Instagram, de Facebook, de Google Maps ou de Snapchat, quand notre Dieu Apple est prêt à connecter notre vie entière en récupérant nos données (mais de manière ludique), on devrait plutôt faire profil bas et réfléchir à deux fois avant de parler. D’ailleurs on doit dire désormais la Covid. Comme la MAIF, la CGT ou la COGIP. Voilà le nouveau débat crucial du moment. Mais dans un pays où l’on dit « une » clope depuis des décennies et où l’on va « au » coiffeur (à minuit pour les plus chanceux !), ce nouvel enculage de mouches verbal ne devrait pas nous empêcher de vivre en attendant la prochaine étape.

Il parait que l’hépatite E du rat de Honk Hong est un très bon cru.

 

 

Elon Musk — Wikipédia

Fini de Rire. 1/05/2020

Il y a quelque chose de touchant à voir un humoriste pleurer. D’autant plus quand il s’agit du plus grand comique du moment, Ricky Gervais. Humoriste sans tabou, capable de regarder dans les yeux le tout Hollywood et de remettre à leurs places, stars et producteurs, patrons de chaines ou d’industrie intouchables. Dans sa série After Life, Gervais est Tony, un homme brisé par la mort de sa femme, qui n’a plus grand-chose à attendre de la vie ou à espérer de l’espèce humaine. Ses larmes à la fin de la saison 2 ont cela de sincère qu’elles font écho à une période compliquée où chacun vient de prendre conscience de sa mortalité, de la fragilité de l’existence et de l’importance de profiter un peu plus de son bien-être et de celui des gens qu’on aime. Loin du cynisme ambiant, Ricky Gervais tombe les armes et bouleverse comme jamais.

Se sentir à sa place. Chercher un sens à sa vie alors que le monde moderne qui nous a façonné pour mieux nous digérer n’en a aucun. Les artistes ont peut-être cela de plus que le commun des mortels : une extra sensibilité à ressentir les choses, prendre le pouls d’une société à bout de souffle pour mieux en recracher les travers et les failles dans un texte, un tableau, un dessin, quelques notes de musique, une sculpture, un film ou une vanne. Faire en sorte, au travers de leur art, de prévenir, de réconforter, de rassurer, de faire voyager ou de divertir pour que le quotidien s’embellisse parfois, pour que tout ne soit pas qu’un immense tunnel de grisaille jusqu’à l’échéance fatale. Il n’y a pas de vie sans culture. Dans tous les sens du terme. Mais de la terre qui nourrit les corps à l’art qui nourrit les âmes, il n’y a pas de distinction à faire. Les deux sont vitaux à l’équilibre et à la survie de l’espèce humaine. Même si la connerie et la malbouffe semblent dominer la partie…

Dans les discours officiels pré-déconfinement, la culture n’existe pas au-delà des médiathèques et des bibliothèques…Pour un domaine qui pèse 2,2% de l’économie française. Comme elle se pratique bien souvent en groupe, les salles de spectacle, les théâtres, les musées et les cinémas seront sûrement les derniers à rouvrir, laissant sur le carreau des milliers de professionnels et d’amateurs. Situation inédite. Et extrêmement effrayante. Mais c’est comme ça ! L’amusement ça va bien deux minutes. On préfère que les gens puissent aller rapidement bosser, puis à la plage pour éviter une émeute estivale ! A défaut du virus, ils choperont au moins des mycoses ou un cancer de la peau.

Ainsi certains lieux ne seront plus là à la rentrée, certains intermittents devront trouver une autre occupation, certains festivals ne reviendront pas en 2021 et l’on continuera à regarder des films à la télé en commandant chez Uber Eats. Certes, les plus costauds n’ont rien à craindre, le grand public sera toujours prêt à débourser 70 balles pour Gad Elmaleh au Zénith, ou à encourager ceux qui se prennent pour des comiques à gesticuler et à brasser du vent alors qu’ils ne sont que youtubeurs. Pendant ce temps-là, des dizaines d’humoristes, dont l’avenir ne se compte pas en likes, dont l’art n’a de sens et de profondeur que sur scène, n’y remettront peut-être probablement jamais les pieds : les plus faibles, les moins médiatisés, les plus fatigués ou les plus lucides. Mais pas forcément les moins talentueux.

La crise vise toujours au même endroit. En bas de l’échelle. Contrairement à ce virus qui va faire bien plus de dégâts collatéraux que n’importe quelle tempête ou défilé des gilets jaunes. Qui doivent être bien tristes aujourd’hui de ne pas pouvoir mettre à profit ce premier mai (pensée pour les enfants scouts et roumains qui iront vendre leur clochette ailleurs) pour hurler une énième fois combien les inégalités détruisent une société. Le message, inaudible depuis un an, sera donc passé grâce à une maladie aussi violente qu’inattendue, sans qu’aucun CRS n’ait à sortir sa matraque…Comme quoi, il faut parfois choisir les bons médiateurs et viser au bon endroit.

Aux USA, quand la CIA en arrive à déclassifier des photos d’OVNI pour détourner l’attention du peuple des conneries de son président, c’est qu’il y a vraiment urgence. De toute manière, on ne pourra bientôt plus observer le ciel et les galaxies lointaines, déchiffrer la formation du monde, son évolution et son éventuelle destruction, Elon Musk ayant décidé de truffer le ciel de 12 000 satellites de communication. Accaparer ainsi l’espace alors qu’on n’a même pas fini de défoncer la planète ! Tout ça pour que des connasses pré-pubères puissent faire des chorégraphies sur Tik Tok en 5G dans tous les recoins du monde. En temps normal, on en ferait un sketch, mais ce genre de comportements et d’exactions irresponsables, sous couvert de modernité et d’accès à l’Internet pour tous, pousse le monde vers son futur mais plus vraisemblablement vers sa fin. Et nous donne plus envie de pleurer qu’autre chose. En espérant que ces larmes-là débouchent rapidement sur de nouveaux sourires.

Génération co-vide. 23/04/2020

Les grands discours sur les changements post Coronavirus, c’est un peu comme les bonnes résolutions prises le 1er janvier, un peu bourré, quand on pense à tout ce qu’on va faire pour devenir une meilleure personne, mais que l’on a déjà tout oublié le 3 janvier au matin à la première clope, juste avant le retour au boureau (je voulais écrire bureau, je laisse ça comme ça, ce lapsus est si révélateur…)

Non, RIEN ne changera. Comme après la Coupe du Monde 98, l’idéal black/blanc/beur s’est pris la réalité sociale et les racines gauloises du pays en pleine gueule. Comme après le 11 septembre, passé l’effroi et l’invasion de l’Irak, l’Amérique a créé de nouveaux monstres, jusqu’à son propre chef, et l’on a repris l’avion pour New York, où les Converse sont moins chères. Comme après les attentats de 2015, on a juste aidé le FN à s’implanter durablement. Comme après la Coupe du Monde 2018, où Benalla et les autres ont gâché la fête et laissé grossir le mécontentement dans un pays politiquement dévasté.

RIEN ne changera parce qu’il faudrait déjà une prise de conscience collective pour ça et que l’être humain moderne est bien trop égoïste pour changer d’abord lui-même.  Alors que certains ne pensent déjà qu’a retourner au stade brailler leur haine de l’autre en troupeau, ne pensent qu’à partir s’entasser sur des plages bondées pour valider leur bronzage annuel ou aller boire des pintes pour oublier ces semaines douloureuses, seul ou en famille, on peut légitimement se dire que l’humanité n’est pas prête pour un changement en profondeur. Non, des gens qui se ruent sur le PQ, les Mc Drive et les complots en tous genres, attendent le Tour de France et la reformation d’Oasis n’ont pas encore la maturité suffisante pour aider la planète à s’en sortir.

Dont le sort dépend avant tout des choix de nos leaders politiques…

Aucune vision, aucune hauteur, aucune projection à long terme. Massacrer le service public depuis 40 ans pour faire des économies sur le dos de l’éducation et de la santé de chacun. Se rendre compte, à l’heure du flip généralisé que c’est quand même important un hôpital bien équipé en temps de « guerre », comme disait l’autre. S’étonner du rôle des petites mains, des métiers de base, ceux pour lesquels on déshérite facilement nos enfants qui veulent devenir caissières, éboueurs ou épiciers, mais sans qui la vie s’arrête brutalement. Comme un ministre sans chauffeur. S’emballer encore sur le rôle des enseignants, si important pour garder à flots des niveaux souvent désespérés depuis la maternelle, dans un système scolaire qui n’a guère évolué depuis les années 60. Se réjouir enfin que la culture à domicile soit un vecteur d’épanouissement et d’évasion en ces temps où nos cerveaux s’étiolent, alors qu’on ne fait rien le reste de l’année pour préserver les artistes et les intermittents qui créent du contenu pour rendre la vie plus supportable…

C’est fou quand on y pense, mais il suffirait de tellement peu pour que le populisme étalé à grand renfort de promo télé et d’annonces mirobolantes avant les élections, ne se transforme en vraie popularité si ces annonces étaient simplement tenues ! La popularité, ça n’est pas sale. C’est juste faire preuve d’un peu de réalisme, d’humilité, d’intelligence, de générosité, de recul, d’empathie et de grandeur d’âme pour être à l’écoute et au service d’une nation. Plaire à quelques millions de personnes qui ne demandent qu’à vivre un peu mieux, plutôt qu’à une dizaine de chefs d’entreprises qui ne demandent qu’à mourir plus riches. Ca, ce serait un vrai changement ! Ce serait punk, couillu, dans une époque aseptisée dans les discours et les prises de risques mais où la vulgarité et l’indécence s’affichent partout sur les réseaux sociaux ou les paradis fiscaux. Un monde où de faux dictateurs mous, qui n’ayant aucun combat digne de ce nom à mener, décident de faire plier la planète sous le poids de leur égo et de leur incompétence.

Le co-vide.

Un espace partagé par Sibeth N’Diaye et Marlène Schiappa ici. Mais par tant d’autres ailleurs. RIEN ne changera. Le capitalisme est plus destructeur que le virus. Lui aussi sait s’adapter. Et les ravages qu’il cause sont bien plus importants sur la longueur. Si l’on exclue les suicides, les morts dues aux maladies cardiovasculaires, à l’obésité, à la cigarette, à la pollution ambiante, à l’alcool ou aux cancers en tous genres, sont bien plus nombreuses chaque année dans le monde que ce pauvre coronavirus qui a réussi à stopper la grande faucheuse mondialisée, comme aucun syndicaliste, aucun gréviste, aucune chanson de Saez, aucun manifestant, aucune guerre, aucun discours de Jean-Luc Mélenchon n’aura su le faire depuis 40 ans.

Ca donnera des très beaux films avec Timothy Chalamet dans quelques années !! Ah mais non en fait, les auteurs de SF, de Jules Verne à Stephen King en passant par George Orwell, les réalisateurs de films d’anticipation ( de Le Monde, la Chair, Le Diable à Contagion) ou de zombies (de La nuit des morts vivants à World War Z) font déjà ça depuis des décennies : nous prévenir gentiment de ce que l’homme est capable de faire à la planète et à ses semblables.

La science-fiction en 2000vain, c’est de voir que tout un tas de décideurs ont fait en sorte que tout ça arrive.

‘’Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.’’ George Orwell.

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Poison d’avril. 1/04/2020

Je ne sais pas qui écrit les sketchs de Philippe Martinez, mais alors là, proposer des préavis de grèves en pleine pandémie mondiale, fallait quand même oser ! Même en période de confinement, toutes les excuses sont bonnes pour ne pas aller bosser ! Toucher le fond, c’est un sport français ?

Ah c’est sûr qu’au niveau réflexions poussées, il n’y a guère qu’au gouvernement qu’on atteint des profondeurs où le cerveau humain n’a jamais mis le pied ! Entre les sorties toujours fascinantes des nunuches Sibeth et Marlène, les atermoiements de Castaner et Philippe, les départs dramatiques de Griveaux et Buzyn, voici que ce gros neuneu de Darmanin, dans un tweet pourtant écrit à jeun, vient demander aux français de donner un peu de leur vaste budget pour aider les entreprises à s’en sortir ! Même le Gorafi n’aurait pas osé ! Nonobstant le fait que certains d’entre eux vont se retrouver au chômage, ou à la rue, quand elles seront bien désinfectées, les français assistent impuissants, depuis des décennies au fracassage en règle des services publics, des aides aux plus démunis, dans un mépris général de la droite, comme de la gauche. Ces deux partis qui pleurent aujourd’hui de ne plus être reconnus à leur juste valeur. Mais les valeurs en politique, c’est comme les bonbons dans la main d’un pédophile ! C’est attirant au début, mais on comprend vite qu’on s’est fait niquer !

A l’heure où les masques tombent, il va donc falloir expliquer pourquoi l’hôpital est dans un tel état, le système éducatif pareil et le niveau de confiance en nos élus encore pire ! Comme pour les décisions de confinement, les français s’y sont pris un peu tard pour se rendre compte à quoi servent leur bulletin de vote aujourd’hui ! « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit ! » disait Coluche. Macron et sa bande de bras cassés doivent prier pour que le confinement dure au moins jusqu’en 2022, quand il n’y aura plus qu’une poignée de survivants lobotomisés pour aller voter Hanouna ou Marion Maréchal, dans des villes fantômes, mais complètement respirables.

Et Dieu dans tout ça ? A l’heure des célébrations pascales, une poignée de gourous exaltés pensent que la prière est bien plus importante que le confinement. Il va en falloir des hosties, de l’eau bénite, des excuses divines et des tapis pour enrouler tous les corps si le bordel se propage du Moyen-Orient à l’Afrique Noire, en passant par l’Asie, encore miraculeusement épargnés.  Pour la petite histoire, une grosse partie de l’épidémie française est partie d’un rassemblement de l’Eglise Evangéliste de la Porte Ouverte Chrétienne, à Mulhouse. Au-delà du fait qu’ils auraient du mieux la fermer, on rappelle que la prière, c’est comme la masturbation, ça se fait très bien tout seul dans sa chambre et pas devant tout le monde ! Mais contrairement à la branlette, la religion rend vraiment sourd, aveugle, et con.

Donc voilà, le monde s’est arrêté. On assiste, impuissants, à la mort de proches dont on n’a jamais été aussi éloignés. Les journées passent plus vite. On ne fait rien de ce qu’on aurait voulu faire. L’inspiration a été remplacée par un voile de mélancolie incontrôlable. Dehors il y a des combattants du quotidien, dedans des résistants à la routine, à l’ennui, à la violence, à la solitude, à BFM, à la purée Mousseline…Chacun est devenu médecin, chroniqueur, sportif ou obèse. Pour concilier d’ailleurs santé et entretien physique, essayez désormais de vous moucher dans votre genou. Ou si vous êtes vraiment contaminés, éternuez sur la poignée de porte de ces voisins qui s’amusent à dénoncer ceux qui sortent trop, à mettre des courriers anonymes dans les boîtes aux lettres des médecins, pompiers, infirmières ou homosexuels ! Douce France, où la filsdeputerie a encore de beaux jours devant elle. Et Dieu sait si j’ai du respect pour les putes.

Il faudra une société plus équitable disent-ils.

En même temps, les Indiens d’Amérique ou les hippies le savaient déjà, que l’amour, le partage et le respect de la Nature pouvaient avoir des vertus sur la santé et la survie de l’espèce humaine. Avant d’être ramenés à la raison par des gens sensés, éduqués et visionnaires. Et majoritairement blancs. Un bel héritage humaniste qui a donné au monde les plus grands dirigeants de ces 50 ans dernières années. Je parle des industriels, pardon, pas des hommes politiques ! Pendant que les champs brûlent, Total vient de verser 1,8 milliards de bonus à ses actionnaires… Alors à défaut de les voir payer leurs impôts pour aider à la survie des plus faibles dans leur pays respectif, on peut toujours envisager de les voir un jour à un procès pour crime contre l’humanité.

Il y a des virus plus compliqués à éradiquer que d’autres.

Peace, Love & Unity.

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Un Jour, un Maux.

En ces périodes d’enfermement, de déchirement, d’éloignement, de chômage forcé et de délation, jouons ensemble avec la langue française.

Chaque jour, je vous propose de vous familiariser avec un nouveau mot, afin d’enrichir votre vocabulaire et de briller en société lors de vos apéros Skype !  Retrouvez-les vidéos sur Facebook/Antoine Melvil ou Instagram antoine_melvil.

Intro

Les 2 premiers mots ici :

analphabite

Bananistaion

MORTEL.

Chers amis confinés, je profite de ce moment opportun où vous n’avez pas grand chose à faire de plus intelligent que de parcourir les réseaux sociaux, seules fenêtres encore ouvertes sur un monde devenu aussi fascinant qu’inquiétant.
Un monde qui m’inspire depuis quelques années méfiance et ironie, qui nourrit mes papiers et m’a donné il y a maintenant 3 ans l’envie de monter sur scène pour en découdre par le rire. L’aventure Toilette Intime m’a permis de jauger mes capacités, de me confronter au public et de mettre les pieds dans un milieu pas forcément très drôle !! Mais comme de partout, des gens bienveillants, ouverts et respectueux ont compris ma démarche, le public a réagit de manière surprenante à mes élucubrations, m’encourageant plus que de mesure à continuer cette aventure un peu masochiste.
Il y a quelques mois, je décidais, suite à de mignons problèmes cardiaques, d’appeler mon spectacle MORTEL. Parce qu’on l’est tous, parce que la vie est courte et parce que c’est un super jeu de mots ! Ce titre revêt aujourd’hui une connotation particulière, et l’humanité arrive à un tournant décisif dans ses choix de vie pour les prochaines décennies, pour les générations futures.
Et que ces choix soient judicieux, censés, humains, intelligents ou toujours motivés par l’appât du gain, il est de notre devoir, nous humoristes, de rester connectés et disponibles pour tamiser un peu tout ça, dédramatiser ou apporter un éclairage décalé sur ce bordel ambiant.
Il faudra du courage, de la patience, mais le rire restera un vecteur de force et de libération. En attendant donc de savoir où et quand chacun d’entre nous pourra remonter sur une scène, voici donc au moins la nouvelle affiche du spectacle, histoire de m’occuper et de me donner un but pour les mois à venir:
Etre en vie par les temps qui courent, c’est MORTEL !

A très bientôt. Prenez soin de vous. Coeur avec les coudes.

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Les Grandes Vacances. 23/03/20.

Après une petite semaine de confinage mondial, on peut enfin statuer sur quelques certitudes :

-Les cons sont toujours au premier rang, quelle que soit la situation extérieure (au moins en cas d’attaque de lémuriens géants, d’islamistes ou de zombies, le danger est vraiment tangible !)

-Les psys et les avocats auront du boulot pour quelques années.

-Les profs et les instits vont enfin passer pour des saints !

En parlant de saint, il va falloir expliquer aux cathos que Pâques est annulé, que Jésus ne prendra pas le risque cette année de ressusciter pieds nus et avec une hygiène douteuse pour affronter un virus plus virulent qu’une armée de palestiniens revanchards malgré ses super pouvoirs. Expliquer aux chocolatiers (et surtout aux industriels), que les petits enfants n’auront pas vraiment l’occase d’augmenter leur cholestérol avec de l’huile de palme et des corps gras saturés, tout le budget parental étant passé dans le riz, le PQ et les somnifères. Les parents pourront toujours cacher leurs enfants dans le jardin, au cas où les fêtes dégénèrent à cause du manque de sucre et de sommeil. Je mise désormais sur la prochaine pénurie : les bâches en plastique et la chaux vive. Saluons d’ailleurs ici un précurseur, Xavier Dupont de Ligonnès, qui vit aujourd’hui son confinement de manière exemplaire.

Ah ! Quelle période tout de même ! Jamais, depuis de la fin des escapades allemandes dans nos contrées, nous n’aurions pu penser un seul instant que le monde moderne puisse s’arrêter de vivre à cause d’un virus taquin. Qu’un système ultra recherché, comme le capitalisme, maintenu par un autre système encore plus fiable et virtuel, la bourse, puissent imploser de l’intérieur en un éternuement, devrait juste pousser les grands penseurs de ce monde à vite trouver un plan B pour que l’humanité ne doive sa survie qu’aux valeurs travail et argent roi. Alors oui, à ce jour, comme après 2008 et comme des milliers de patients, l’économie est sous assistance respiratoire et ça rassure les investisseurs…Mais dans 1 mois, 2 mois, 6 mois, quand tout le monde aura repris son SUV, sa routine, son égoïsme forcené et son jemenfoutisme légendaire, il faudra alors tout recommencer à zéro. Jusqu’au prochain glouton mutant, de la pire espèce, mi animal, mi Eric Zemmour, qui fera passer Ebola pour un simple rhume des foins. Entre temps, la Nature aura respiré un peu mieux, le cycle des saisons repris son cours normal, les animaux sauvages auront pu se promener en famille dans la forêt jolie et les poissons nager dans une eau presque claire.

Mais il va falloir que ça cesse maintenant ! C’est bon. L’Eurovision est annulée ! On a eu ce qu’on voulait. « Oui mais bon, payer mon abonnement à Canal, BeIn, Rmc, Europsort et Equidia pour n’avoir ni foot, ni rugby, ni tennis, ni Formule 1, ni Jeux Olympiques d’été !! Merci. Avec un peu de chance on va aussi rater le Tour De France, alors qu’on avait tout investi les économies dans le camping-car ! Merci les chinois ! Pile poil l’année où Paris allait gagner la Ligue des Champions. Comme par hasard !»

Surtout quand on va devoir expliquer à ces gens-là qu’il n’y aura pas de congés d’été…Ca devrait valoir son pesant de cacahuètes. Mais bon voilà, c’est bien beau de rien foutre pendant 2 mois en étant payé, mais il va falloir participer à l’effort de guerre ! Là, on est bien, on peut traverser au feu rouge sans regarder, sans se faire insulter par les cyclistes, on fait des apéros Skype tous les soirs, belle-maman est confinée très loin, et puis, on peut quand même se le dire, mais voilà quelques semaines qu’il n’y a pas de grève à la SNCF !!

Les plus stressés par l’enfermement sont prêts, eux, à prendre plusieurs amendes pour pouvoir aller en prison afin de fuir leur quotidien oppressant ! On peut les comprendre. D’ailleurs, à peine arrivé en zonzon, Harvey Weinstein a attrapé le Covid-19. Décidément le mec chope tout ce qui bouge ! Moi si je suis testé positif après ma visite quotidienne chez mon épicier halal, qui a des très belles noix, je pense que je postillonnerai sur Siri pour voir si je peux contaminer toute la planète Apple ! Ma petite vengeance perso contre la mondialisation.

Allez, courage !! Vous pourrez bientôt retourner manifester en masse contre tous les trucs chelous notés pendant ce confinement! Et on imagine déjà la beuverie totale le jour où les français vont pouvoir ressortir de chez eux !! La victoire en Coupe du Monde à côté, ce sera une kermesse dans le jardin du Cardinal Barbarin !!

En espérant surtout que plus personne ne tousse.

Il va falloir des gens en forme pour rester confinés au bureau en juillet-août afin de remplir les caisses de l’Etat.

Vivement Noel.

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Le Jour où la Terre s’arrêta…20/03/2020

‘’C’est quand même pas un peu louche ce confinement juste pile poil au moment où le printemps revient ? Juste le week-end où on avait prévu d’aller au Cap Ferret avec Jean-Pat pour canoter un peu tranquille entre deux barbecues ? Mais comme on est avant tout des gros cons de père en fils dans la famille, on va quand même y aller pour faire prendre l’air au Cayenne qui ne me sert plus à rien dans Paris ! ‘’

Déjà qu’on les détestait sur les pistes de ski, voilà que certains parisiens ont envahi les plages et les côtes ensoleillées pour y confiner leur arrogance boursouflée…Souhaitons leur donc un cancer de la peau et plus de places pour les accueillir à l’hôpital au premier mélanome estival venu.

Mais il y a pire. Aux Etats-Unis, les Spring Breakers ont décidé coûte que coûte de venir fêter leur dépucelage sur les plages floridiennes, à défaut d’infecter le Mexique, en noyant leur vulgarité crasse sous des litres d’alcool, perpétuant une tradition ancestrale qui donne de si belles élites à cette nation de winner. Il y a des virus plus difficiles à confiner que d’autres. Et c’est vrai que con et finement ne font jamais très bon ménage dans une phrase.

Une pensée d’ailleurs pour ces « français » propres sur eux qui commencent à se méfier des médecins, des infirmières, des livreurs ou de leur voisin parce qu’ils font des métiers à risques. Les migrants et les zombies à côté, c’est des représentants de chez L’Oréal ! Quant à ceux qui volent des masques dans les hôpitaux ou du gel dans des locaux des Restos du Cœur, on ne peut que vous souhaiter d’attraper la lèpre, la peste porcine, ou n’importe quelle maladie qui pourra vous priver de l’usage de vos mains. Parce que pour le cerveau c’est déjà trop tard.

C’est fou après 5 jours, le nombre de gens qui veulent à tout prix retourner travailler ! La cohabitation semble plus compliquée pour certains que dans le vestiaire du PSG. Sauf que là vous avez choisi vos partenaires de jeu ! C’est sûr qu’au bout d’un moment, quand personne ne veut parler sport, musique ou géopolitique avec vous, que les repas tournent principalement autour de frites, saucisses et nuggets de poulet, que les siestes sont impossibles, que vous ne pouvez même pas profiter de Netflix ou de PornHub Premium à cause d’une mauvaise connexion, que vous devez écouter Skyrock plutôt qu’un vieil album des Stones en vinyl, que vous ne pouvez plus commander sur Discogs de disques en Italie sous prétexte que les mecs ont la flemme d’aller à La Poste, que vous devez subir tous les derniers Disney, en vf, que les grasses mat sont interdites, qu’il n’y a plus d’eau chaude quand vos filles sont passées à la salle de bain, que ni votre femme ni vos enfants ne veulent faire l’amour, c’est fort probable , qu’à un moment, les lumières crues de l’open space et les blagues de ce connard de Michel vous manquent un tantinet.

Alors pour éviter de le devenir : SOYEZ PATIENTS !

Lisez des ouvrages sur le développement personnel, écoutez Rire et Chansons entre deux tâches ménagères, plutôt que les humoristes de BFM TV, n’ouvrez (toujours) pas aux Témoins de Jéhovah, prenez des gants pour taper vos femmes ou vos enfants et bientôt vous pourrez dire, comme pendant une levrette : le plus dur est derrière moi !

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