Nos amis les hommes. 26/04/2018

Même si les oiseaux morts n’annoncent plus vraiment l’arrivée des beaux-jours, voici donc l’époque bénie où les tenues légères reviennent en même temps que les gros lourds. Comme à chaque printemps, plus les jupes raccourcissent, plus les langues rallongent. Et pas que. Sauf qu’aujourd’hui, certaines femmes se sentiront moins complexées et certains mecs  un peu plus, afin de ne pas rajouter leur nom à la liste des gros porcs potentiels, qu’une parole maladroite condamnera à errer éternellement dans les affres de la beaufitude. Mais quel esthète n’a jamais regardé avec concupiscence autant qu’admiration cette Maserati passer dans la rue, en sachant pertinemment qu’il n’aura jamais les moyens de se l’offrir, voir même d’y monter dedans, ne serait-ce qu’une seule fois ?

D’aucuns diront que l’homme est ainsi fait, que la femme voit le mâle partout, mais si l’on compile le puceau maladroit qu’un téton tendu tétanise, le relou moyen qui aime à siffler ses proies en baissant ses lunettes de soleil, le frustré de base par des années de discours religieux aussi infondés que dangereux pour le cancer des testicules, le mari privé de chair fraîche depuis la naissance du 3e en 98, le kéké qui pense impressionner ses potes avec son survêt du Réal, sa sacoche en bandoulière en distillant du « Hey mamoizelle » à la première venue et le patron sournois qui laisse traîner sa main  en brandissant sa hiérarchie comme menace, c’est sûr que le parcours féminin dans la société actuelle est toujours semé d’autant d’embûches qu’au Moyen-Age. Mais leur espérance de vie étant plus grande, elles peuvent être harcelées plus longtemps.  A cette liste de blaireaux normaux et banalisés, il faut rajouter aujourd’hui les Incels, une nouvelle catégorie de mal baisés, qui rejettent d’ailleurs cette seule responsabilité sur les femmes, à la fois salopes, sorcières et diablesses et qui font rien qu’à ne pas vouloir coucher avec eux. Alek Minassian, pauvre connard humilié, vient donc d’en faire payer certaines en fonçant dans la foule innocente de Toronto.   Les nouveaux malades mentaux, quand ils ne sont pas dirigés par Allah, les médocs ou l’alcool, prennent des camionnettes pour faire payer leurs névroses aux autres. Alors que sur les quais on va soigner ses frustrations dans des camionnettes, pour même pas 50 euros. Et les dames sont très gentilles. A défaut de parler français.

Et c’est là où d’autres zozos, animés eux aussi par quelques problèmes d’identité, de confiance en eux et l’envie de se reproduire français, ont décidé de prendre sur leur temps de  vacances à Courch’ pour apprendre le planté de bâton sur d’éventuels migrants, à l’esprit plus montagnard que navigateur. Ces fervents catholiques, dans leurs magnifiques doudounes bleues, afin de ne pas être confondus avec des bouquetins par le chasseur taquin, ces gens tellement pieux ont décidé d’aller faire une clôture dans les Alpes, afin d’empêcher manu militari que la France ne soit envahie une nouvelle fois. Comme au bon vieux temps des milices en noir, la police regarde et laisse faire. C’est fascinant. Et moins excitant que d’aller déloger des punks à chiens, des planteurs de rutabagas ou des fumeurs de cannabis étudiants en dégradations gratuites. Sous les pavés, la glande. 50 ans à pleurer mai 68 pour en arriver à des graffitis pleins de fautes et dénués de sens, ne serait-ce qu’utopique. Une culture française de la grève à entretenir religieusement, comme un anglais normal apprend de père en fils à vénérer des princesses et des futurs rois, fussent-ils rouquins. A chacun ses traditions. Perso,  même si des tonnes de choses me font chier, j’ai du mal à écrire sur le trône.

000_1476aw

Publicités

Nos amis les hommes. 16/02/2018

En veuve noire éplorée, puis en parfaite femme fatale sans cœur, Laeticia Hallyday va donc passer le restant de ses jours dans la peau de la femme la plus détestée de France, ce qui soulagera un peu Christine Angot. Jojo, plus taquin que jamais, a donc décidé en partant, de filer le blues à tout le monde, contrairement à son pognon, privant ses fans de pèlerinage annuel et ses enfants normaux d’héritage paternel. A défaut d’être intéressante, cette histoire sordide aurait dû rester entre les mains d’avocats habitués à dépatouiller les embrouilles plutôt que dans celles de journalistes pressés de remuer la merde. Mais le suspense autour de l’affaire Maelys étant terminé après à peine 7 mois d’enquête (le petit Grégory peut dormir tranquille !) et les J.O quasiment finis, il faut bien meubler entre 2 bulletins météo et les analyses poussées sur les choix d’Unaï Emery. David n’ayant déjà pas hérité du talent de son père, le voilà doublement embêté alors que Laura s’acharne et que Nathalie baille. En France on ne peut pas déshériter ses enfants, ce qui devrait quand même nous faire réfléchir doublement avant de procréer. Ou faire semblant d’être pauvre, comme une bonne majorité de travailleurs dans ce pays, qui ont compris l’astuce. Par contre un enfant peut-être sexuellement consentant à 11 ans. Quand on voit le nombre de petits salopiauds prêts à tout pour obtenir de meilleures notes de leurs profs de français, l’oral n’étant pas suffisant, on se dit que l’Epreuve de la Maturité pour qualifier le nouveau bac est finalement bien trouvée.

Aux Etats-Unis, pays magique où l’on peut devenir une mégastar après avoir fait une sextape avec un rappeur, voilà maintenant que l’on peut devenir célèbre en faisant un selfie avec Justin Timberlake ! Ainsi pour 8 jours d’hystérie collective  et de vide intersidéral autour de sa condition de phénomène de foire, le jeune Selfie Kid (qui doit sûrement s’appeler Kevin ou Ryan) aura plus fait pour la promotion des appareils dentaires et l’explosion du travail chez les pédopsychiatres que pour la pérennité de son statut aussi saugrenu qu’inopiné. Au moins ce presque adolescent a le mérite d’être en vie, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les élèves scolarisés dans les lycées américains. Déjà 30 fusillades de masse depuis le début de l’année 2018, soit quasiment une par jour, dont 18 dans des écoles, sans que l’on ne remette en cause l’achat des armes, alors qu’il est si difficile de se procurer une bouteille d’alcool avant 21 ans. Mais être une victime mineure d’une tuerie majeure est finalement le moyen le plus sûr d’avoir une bière.

Depuis la boucherie de Las Vegas, aucune règlementation n’a été mise en place pour limiter la prolifération des armes automatiques ou les concerts de country….Et exciter les suprématistes blancs et les anciens militaires avec de tels joujoux, c’est aussi imprudent que d’organiser un séminaire de prêtres à Disneyland. En un mois, 1827 personnes sont mortes à cause des armes à feux (dont 69 enfants) au pays de Donald Trump, sans que ce terrorisme local n’émeuve plus que ça les autorités compétentes. On ne peut pas bombarder la NRA : ce n’est pas un pays musulman, ils n’ont pas de pétrole (pas beaucoup d’idées non plus) mais participent activement à l’économie, à l’élection d’abrutis belliqueux et à la protection du pays. Lol. Quand l’industrie des armes de guerre va, tout va, disent les grands hommes politiques, pragmatiques.  Emmanuel Macron vient d’en prendre la mesure en obligeant nos jeunes à se frotter au service militaire obligatoire et en augmentant drastiquement le budget de la Défense. Ce qui résoudra donc le double problème de l’éducation (pas besoin de s’encombrer avec un cerveau pour tirer dans le tas) et des hôpitaux, prêts à se relancer avec l’afflux massif de nouveaux estropiés. La chair à canon, comme au bon vieux temps où la France savait se faire respecter, voilà une promesse d’avenir revigorante pour une jeunesse peu concernée.

Mais qui aimerait sûrement se passer d’un héritage aussi encombrant.

gal

Nos amis les hommes. 31/01/2018

Ainsi donc la ‘’joggeuse’’ assassinée a retrouvé son nom. Après des mois de classification de l’affaire sous sa seule appartenance à la catégorie des sportives imprudentes et en surpoids,  Alexia Daval se voit à nouveau dotée d’une identité humaine après un revirement sordide autant qu’inopiné, à faire mouiller d’extase Carole Rousseau. Ce qui au départ ne semblait être qu’une énième mauvaise rencontre dans les bois avec un pervers normal venu cueillir des champignons avec un drap, s’est transformé à la grande joie des journaux en boucle en affaire de mœurs et de meurtre familial. Un débordement dans un lit conjugal : enfin une alternative croustillante aux inondations de la Meuse.

Mais voilà que le grand public, toujours pas remis de l’affaire Cantat, s’offusque non pas de l’acte en lui-même, après tout on commence à s’y habituer, mais bien plutôt que le mari éploré ait menti pendant tout ce temps !! Le monstre. Comment se peut-ce ? Pourquoi l’esprit humain est-il à ce point tordu ? Mentir, devant les caméras de BFM en plus, où le sensationnalisme est de mise depuis que la déontologie ne l’est plus ! Alors, ce nouvel épisode donnera sûrement un beau film policier avec Guillaume Canet ou François Cluzet d’ici deux ans, mais l’on va forcément se reposer cette question qui revient en boucle depuis l’invention du couple et du fait-divers : comment protéger les hommes fragiles quand leurs femmes portent la culotte ? Espérons donc que quelques années en prison puissent endurcir notre gaillard, et qu’il soit un peu moins émotif s’il sort un jour avec toute son intégrité physique, parce qu’Oscar Pistorius, ça lui a un peu coupé les jambes ces histoires…Mais bon il aura grandement le temps d’y réfléchir et pourra toujours échanger sur sa maladresse avec Gérald Darmanin et Tariq Ramadan…

Peut-on seulement réduire une personne, avec toutes ses complexités, ses qualités et ses tares, à sa simple fonction, qu’elle soit pompier, policier, joggeuse, mineur ou alpiniste ? Voilà un drôle de raccourci qui en dit long sur le peu de respect que les médias portent à certains anonymes décédés brutalement. Toute une vie à construire, à grandir, à se démarquer pour finir réduite à un collant en lycra et un survêtement Décathlon…Quelle violence ! Du même registre d’ailleurs, que celle de quelques intégristes qui pensent que l’affichage vestimentaire de leur religion et bien plus important que la sécurité de leurs enfants. Les clichés ont peut-être la vie dure, et doivent être combattus, mais il y a de fortes chances que quelqu’un qui sort en djellaba soit identifié comme musulman avant que d’être un citoyen lambda, qu’un gamin qui porte une kippa soit désigné comme juif avant que d’être un écolier normal ou qu’un individu en soutane soit suspecté d’être pédophile plutôt que curé de campagne…Il était dit quelque part, dans une société qui se veut laïque, que tout signe ostentatoire devait être banni de la sphère publique….afin de ne pas déranger notre président inutilement, ni agacer les intégristes de l’autre bord avec des faits divers qui pourraient être évités avec un simple jogging du PSG et une casquette Vuitton.

De contrebande. Parce que tout le monde n’a déjà pas les moyens de se payer du Nutella ou du caviar bio. Mais je rappellerais simplement à certains qui ne verraient ici que l’explosion d’une violence beauf dans le quotidien vulgaire des supermarchés de province, que certains soit disant mieux lotis sont prêts à escalader leur voisin ou à piétiner autrui pour accéder en premier aux soldes chez Colette, aux ristournes du Bon Marché ou aux collections capsules de chez H&M. Que des gens meurent le jour du Black Friday pour des congélateurs. Et que certains invités haut de gamme repartent des apéritifs branchés ou des diners en ville les poches pleines de nourriture…La vulgarité n’a pas de barrière sociale, et la violence marketing d’une mondialisation sauvage est la seule responsable de comportements rarement observés chez les autres animaux. Qui ont le bon goût de manger sain, et uniquement pour se nourrir.  On espère juste ne pas avoir tous ces gens pour voisins le jour où les russes et les aliens débarqueront pour étrangler nos fils et nos compagnes ou violer nos ‘’joggeuses ‘’ imprudentes, et qu’il n’y aura plus rien au Franprix du coin, plus d’eau potable et plus d’essence. Comme à Cuba finalement. Mais après des années de régimes à l’américaine, de sucres saturés et d’huile de palme, on espère avoir le temps de s’enfuir, pendant qu’ils  mangent d’abord leurs enfants gros et gras.

Shoppers reach for television sets as they compete to purchase retail items on Black Friday at a store in Sao Paulo

Polémique ta mère. 24/01/2018

A tous ceux qui rétorqueraient que l’hiver est rude, parce qu’il neige en montagne et qu’il pleut dans leur cœur, je ne me souviens même plus de ces journées piquantes de janvier où la gelée matinale envoyait valser le retraité malhabile sur le trottoir glissant d’une vieillesse piégeuse. Si les opérations du col du fémur ont donc sensiblement diminué grâce au réchauffement climatique, le nombre de connards passionnés par les péripéties météorologiques ne cesse d’augmenter, et quand il fait 18 degrés à Perpignan un 23 janvier, non, il n’y a aucune raison de se réjouir, même si ça donne de très beaux selfies sur Instagram.

Plus que tout autre peuple, le français n’avait vraiment pas besoin des réseaux sociaux pour étaler son courroux, ses états d’âmes changeants et ses recettes préférées à ses concitoyens remontés tout autant que lui sur à peu près n’importe quel sujet. Tex, la police, le lait en poudre, l’équipe de France de foot, Benzema, ma sœur, le viol, les ouragans, le loup des Pyrénées, Jawad, les impôts locaux, Macron, la recette des crêpes, Johnny, le prix des topinambours et plus récemment Laura Laune.

Nouvellement promue star de la gaudriole vacharde grâce à son incroyable talent (et son opportunisme soudain de chanter pour passer à la télé, mais là n’est pas le débat), l’humoriste belge jouissait pourtant déjà d’une jolie réputation scénique et d’un parcours plus qu’enthousiasmant. Mais le raz-de-marée médiatique étant passé lui aussi par-là, voici que la charmante blonde se retrouve emportée sur tous les plateaux de France, de Navarre et de Corse, où certains découvrent en prime-time, interloqués, son humour irrespectueux et iconoclaste. Ah ben dis-donc, en 2018, une fille si mignonne, dire des choses aussi osées sur le sexe, son père, le viol et les enfants, c’est vraiment cocasse ! On s’était tellement habitué aux blagues Ikea des barons du rire chez Drucker !

Oui, mais là on parle de juifs quand même ! Parce que voilà. La nouvelle charge est venue des gardiens du temple, des aboyeurs assermentés, des pisse-froids qui crient à l’antisémitisme dès que le mot « juif » apparait dans une conversation publique. Depuis la jurisprudence Dieudonné, tu comprends, tout le monde est suspect. Comme les musulmans pour le terrorisme. Alors petit 1, il faudrait d’abord blâmer les abrutis (rédac chefs et présentateur compris) qui laissent passer cet extrait-là (une blague sur les juifs comme on en entend des milliers depuis l’invention de la blague, mais sortie du contexte d’un spectacle d’une heure et des brouettes) dans un journal populaire et peu préparé à ce genre de gaudriole au moment de servir la soupe familiale. Si ce n’est pas calculé, c’est pervers et dangereux (pour la carrière de son auteur) dans une société tendue comme un string et sans aucun second degré sur n’importe quel sujet religieux. Et petit 2, il faudrait juste rappeler que les gens qui vont voir des spectacles sont vaccinés, majeurs et responsables de leurs actes et que ce qui se dit sur une scène est plus que sacré. Il n’y a qu’à voir la violence des one (wo)man show US par rapport à la tiédeur de leurs émissions télé pour comprendre que ces sanctuaires de l’humour et de la liberté d’expression doivent être protégés corps et armes. Alors que les spectateurs télé sont désespérément passifs…Les blagues juives existent depuis des décennies et font partie du patrimoine culturel (avec celles sur les belges, les noirs, les arabes, les nains et les pédés…). Toutes ces «minorités » qui en ont pris plein la gueule avant l’arrivée des roumains, des roux et des migrants. Ils rigoleront bien les blancs dans 30 ans tiens, quand eux-mêmes seront une minorité et que les africains se foutront enfin ouvertement d’eux en prime-time. Mais il n’y aura plus d’émissions télé…

Laura Laune se moque de tout le monde et comme 90% des humoristes consciencieux, d’abord des religions, qui rendent certains si cons et si violents. Il y a sûrement plus d’antisémites dans les partis politiques que sur les scènes de Comedy Club. Et sûrement plus de violence dans les propos d’Eric Zemmour ou de Laurent Wauquiez, plus d’indécence dans l’attitude faussement cool de Jeremstar ou de Morandini que chez n’importe quel humoriste de ce pays, simple observateur et tireur d’alarme sur une société qui part gravement en couille à force de se replier sur ses acquis et ses communautés. Sur scène, l’ennemi commun est bien souvent le FN, les nazis y sont souvent raillés largement, mais qui s’en offusque ? Les fachos ne vont pas au spectacle. Alors, chaque mort, chaque conflit, chaque attaque (blague funky pour la communauté black) depuis que la guerre existe doit être dénoncée de la même manière, avec la même virulence. Il n’y a pas de classement dans l’horreur ou la douleur, comme voudraient pourtant nous le faire croire BFM et autres remueurs de merde, dès qu’un avion s’écrase avec des français à bord ou qu’une bombe explose loin de nos pelouses. Mais, entre nous, on a quand même l’impression que les lobbies juifs voudraient nous persuader du contraire depuis 70 ans. Et qu’à force de les écouter, il est peut-être de bon ton de vouloir les taquiner et jouer encore sur les clichés ; parce que parler de la Shoah, même avec dérision, c’est toujours en parler et garder à l’esprit que des petits moustachus en puissance grouillent aux quatre coins du monde. Des fois sur un malentendu, ça peut fonctionner à nouveau, comme en 33, cette année gironde où certains ont donné les clefs délibérément à leur futur bourreau en pensant s’offrir une vie meilleure. ….Et c’est vrai aussi qu’on entend moins les Indiens d’Amérique, les rwandais, les congolais ou les Rohingyas sur leurs problèmes de génocides, assez peu mis en avant dans les journaux de Delahousse ou les films hollywoodiens.

L’horreur est derrière nous. Ce qui est fait est fait et personne ne changera ça. Mais les humoristes et les pacifistes font juste en sorte que ça ne se reproduise plus, sans aucune velléité de déclencher de nouveaux conflits meurtriers. Contrairement à certaines personnes élues par le peuple. Le diable est certes une gentille petite fille, mais surtout un gros con dénué d’humour. Rire de tout. Tout le temps. Alors ne vous trompez pas de cible, Messieurs, Dames les journalistes qui relayez ce genre de fait-divers ou d’incidents déplorables juste pour le buzz. Vous ne faites qu’accentuer la régression de la presse et de la liberté d’expression en participant à ce retour au puritanisme ambiant, à ce révisionnisme de la culture passée, qui touche même certains des plus jeunes d’entre vous… Et si cette incitation au plaisir anal n’était pas prohibée également en 2018, on vous inviterait volontiers à aller vous faire enculer.

pht2

 

Problemos. 18/01/2018

Si le monde libre respire mieux après les résultats de la coloscopie de Donald Trump, on ne sait toujours pas quels outils oblongs ont été nécessaires pour explorer un aussi gros trou du cul ! Il y a des mystères qu’il est bon d’ignorer. Avec son QI avéré d’orang-outan, le président américain est donc apte pour une nouvelle année où plus personne ne s’offusquera de son incompétence, de sa vulgarité, de ses saillies racistes et misogynes en plus de son immaturité qui font passer Macron pour un philosophe grec. L’instabilité planétaire a plus que jamais un nom et un visage, tout aussi repoussant.

Heureusement qu’en France la passionnante histoire de l’aéroport Notre Dame des Landes est venue animer un peu le cœur de l’hiver, cet insoutenable suspense venant réveiller des médias anesthésiés par la mort de France Gall, la créatrice de Blablacar, merveilleuse chanson sur le covoiturage africain, suivie de celle de Dolorès O’Riordan autre chanteuse habituée à bêler dans les hautes sphères de la chanson populaire. Le côté facho en plus.

A la nuisance visuelle et sonore des avions, il faudra donc supporter celle des zadistes, occupant illégalement un terrain de l’état avec leurs djembés et leurs utopies rigolotes. Problemos. Si la société avait tant besoin de rêveurs et de poètes, on vivrait encore dans les effluves de Woodstock, le patchouli, les filles nues (et consentantes), les vestes en mouton et les sabots crottés au lieu de profiter des soldes. Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous les gens riches disaient alors les slogans. Mais quelque chose à sûrement déraillé sur le chemin de la béatitude.

En Californie, des enfants plein de merde vivent encore enchainés à leur lit. En 2018. Certains d’entre eux n’ont même jamais entendu parler d’Harvey Weinstein, c’est dire ! Personne n’a osé indiquer le distributeur de préservatifs le plus proche aux parents ou les avertir que 13, ça porte malheur ? Un beau scénario à venir pour Hollywood, juste à côté, où James Franco, Aziz Ansari et Kevin Spacey (entre autres) attendront un peu que leurs anciennes conquêtes rancunières se calment un peu. Ils ne jouissent malheureusement pas du même statut que Woody Allen, qui excite tant le public et les critiques françaises malgré ses ratés (et je ne parle pas de ses 10 derniers films !). Chez nous me direz-vous, Morandini présente toujours une émission de télé, où il dénonce, notamment, le harcèlement. Et voilà que Jéremstar, qui n’a de star que son pseudo débile (le mec s’appelle Gisclon, ce qui est tout de même cocasse pour une histoire de sex-tape), vient de se voir clouer au pilori lui aussi !! Comment va-t-on survivre à ce énième scandale dans le petit monde de la télé-réalité ? Peut-être en se disant que certains sont devenus président des Etats-Unis, et qu’ils peuvent aujourd’hui étaler leur vacuité et leurs analyses d’urine au grand jour. Une forme de consécration trop stylée. Une belle revanche sur la vie, t’as vu ?

zadiste-roybon

Nos Amis Les Hommes de 2018. 4/01/2018

Alors qu’en Somme, la rivière sortait de son lit, dans mon rêve j’inondais le mien en pensant que la Nation Française venait m’apporter le petit déjeuner au réveil, me caressant au passage le scrotum avec une plume de canard sauvage, elle qui me connait si bien et sait combler chacun de ses enfants.  Avant que le réveil ne sonne pour une reprise toute en douceur d’une humiliation au travail, l’un des aspects les plus socialement acceptables de la Nation Française, qui n’aime rien moins que les feignasses et les smicards, ces furoncles disgracieux sur le visage rayonnant de son grand gourou, le Medef.  Cette même Nation  Française qui envoyait ses enfants au front en fusillant les récalcitrants pour leur apprendre un peu le respect des valeurs et ce courage que n’ont pas les donneurs d’ordres derrière les bureaux. Cette grande Nation Française qui appréciait sa choucroute avec un bon verre de Vichy, cette sublime Nation Française qui éduquait des peuples africains à bien fermer leur gueule une fois la décolonisation venue, cette belle Nation Française qui n’en peut plus d’être américanisée jusque dans son cholestérol, mais où le beauf et les gros cons courent toujours. Sans fusil mitrailleur ! Cette brillante Nation Française enfin qui vient de perdre en Johnny son plus bel emblème culturel, et qui élit Jean-Jacques Goldman comme sa personnalité préférée. Encore un matin pour rien…En 2018 ! Un homme dont l’inactivité depuis 15 ans ferait presque passer Polnareff pour un stakhanoviste de la chanson à texte ! Un homme qui laissa les Enfoirés avec « Toute la vie », dernière daubasse réac et affligeante, et qui ne daigna même pas assister à l’enterrement du rockeur belgo-saintbarthélémien, parce qu’il avait piscine. Même pas eu l’envie de se forcer à avoir envie. Dire qu’aux grandes heures de Coluche, les français élisaient L’Abbé Pierre, le Commandant Cousteau ou Sœur Emmanuelle !! On préfère encore les bondieuseries et les chasseurs de mérous à un chanteur invisible dont le seul coup de maître est d’avoir pollué le top 50 de 1981 à 1991 avec des femmes qui font des bébés toutes seules, des cordonniers, du vieux pain sur son balcon et des chansons faciles pour attirer les moines et les pigeons !!

Qu’il n’y ait plus dans ces sondages inutiles aucun homme politique, on peut aisément le comprendre. La sanction est tombée également dans les urnes. Qu’il y ait tout un tas d’amuseurs publiques, passe encore, la vie est si triste devant Jean-Pierre Pernault, mais la disparition de tout intellectuel, chercheur, écrivain, serial killer ou artiste exigeant nous rappelle pourquoi la Nation Française aime tant faire tourner les serviettes le 31 au soir, après un bon bêtisier et la messe de minuit devant Saint-Hanouna. Pendant ce temps-là, Nordahl Lelandais est monté sur ses échasses pour réfuter en bloc la mort de Johnny, du petit Grégory, d’Estelle Mouzin, de la démocratie, de la déontologie journalistique et l’arrivée au sommet de Laurent Wauquiez. Avec les avalanches, les savoyards que nous sommes n’avaient pas vraiment besoin de ça. Heureusement que Trump nous distrait un peu, comme à son habitude, entre l’interdiction d’un livre polémique, la Russie, le faux réchauffement climatique, l’Iran, Twitter, la Palestine et son gros bouton rouge.  On espère vraiment que Kim jong-un ne mette pas par hasard son coude sur le bureau, mais vu sa taille et sa souplesse, on est un peu rassurés.

Vivement que 2018 prenne tout son essor, entre les commémorations de 14-18 et celles de 98, la grande Nation Française saura encore faire pleurer dans les chaumières et réunir sous un beau drapeau tricolore et une Marseillaise plus que jamais militante, les fans des obus des Poilus et des missiles de Zizou. Avant d’envoyer sa nouvelle armada multi-millionnaire et multicolore en Russie et ses athlètes amateurs blancs en Corée du Sud, histoire d’oublier un peu les lois sur le travail et les augmentations taquines devant un fraternel match de foot et une chaleureuse compétition de biathlon. Une belle métaphore sportive de The Walking Dead. Fuir ses adversaires, courir avec un fusil dans le dos et tirer au hasard si un zombie ou un migrant nous attaque sournoisement. 2018, on est prêts.

maxresdefault

Nos amies les femmes. 20/10/2017

Doit-on blâmer Dieu, qui devait se faire cruellement chier en ce 6e jour de création artistique pour  inventer ces deux créatures diaboliques autant qu’hystériques, alors que tout était relativement calme sur cette Terre fraîchement lâchée à l’appréciation de Darwin et autres farfelus qui la préféreront plate. Comme cette femme, et cet homme qu’il dessina à son image. Soit. On peut donc se poser légitimement la question de l’apparence physique du créateur le plus célèbre devant Steve Jobs : le fait qu’il soit transgenre pourrait donc résoudre pas mal d’interrogations modernes et soulager enfin Christine Boutin et Eric Zemmour sur la théorie du genre. Bizarrement, la Bible et les autres manuels de bienséance religieuse restent assez évasifs sur le sujet.

Depuis que la femme a eu 2 seins et une mini-jupe en peau de mammouth, et que l’homme a eu envie de jouer avec parce que les troncs d’arbres commençaient à lui filer des irritations, elle n’a pas attendu la démocratisation de l’éjac’ faciale pour en prendre plein la gueule. It’s a man’s man’s man’s world chantait James Brown avant d’être arrêté pour violence conjugale. Un parmi tant d’autres. Ou quand le pouvoir, l’argent, l’arrogance mâle mais aussi la drogue, l’alcool et le PMU, ajoutés à une enfance souvent  violente conduisent certains à se comporter comme aucun animal n’oserait le faire. Juste pour se donner une contenance et se sentir vivant.  Contrairement à certaines de leurs victimes. Il faudrait donc enfin blâmer toutes les religions pour avoir fait des femmes des objets honteux et dépourvus d’âme, pour les avoir déguisées en sorcières et obliger à se plier à toutes les volontés masculines, leur donnant réconfort et enfants, afin que leur lignée d’enculés héréditaires  perpétue à leur tour cet héritage couillu.

Le harcèlement existe depuis que l’homme s’est normalement senti supérieur à la femme. Physiquement, intellectuellement, moralement ou spirituellement. Ce devait être le même jour où l’homme, blanc, s’est senti supérieur à l’homme noir, jaune, beige ou vert pour les mêmes raisons. Les religions ont créé des frustrations, qui ont créé des déviances, qui créent des perversions et des comportements banalisés par des années d’obscurantisme, de sketches de Bigard, de Patrick Sébastien ou de blagues raffinées de Cyrille Hanouna. Même si l’on peut blâmer certaines, prêtes à s’avilir pour s’offrir une carrière, parce que les « études tu comprends, je suis moins forte à l’oral », on n’excusera jamais qu’une main au cul ne soit pas un problème ou que certains le regard torve, dévisagent certaines comme de simples morceaux de viande. Face à leurs propres peurs, maladresses ou impuissance, face à un manque cruel d’idées et de vocabulaire, la violence est la réponse des lâches et des abrutis congénitaux. Dans son infinie beaufitude, l’homme n’a jamais supporté qu’un boulon ou qu’une femme ne lui résiste. Alors qu’il faut parfois un peu de patience et de doigté.  Ou demander gentiment. En 2017, certaines vont donc pouvoir enfin l’ouvrir pour de bonnes raisons, Mr Weinstein aura au moins servi à ça (et à lancer la carrière de Tarantino !). Puisse cette parole devenir un symbole de liberté et d’égalité, et pas que dans les métiers artistiques où l’abus de pouvoir est légion. Même si certaines auraient mieux dû choisir leur harceleur, au vu de leur carrière…La prochaine étape, bien plus longue et bien plus éloignée d’Hollywood, consistera peut-être à ce que chacune, aux quatre coins du monde, puisse enfin, à un âge décent où l’on n’est plus censé jouer à la poupée, choisir ses fringues, son métier, ses loisirs, sa sexualité, ses méthodes de contraception et avant tout son mari…