Nos amies les femmes. 20/10/2017

Doit-on blâmer Dieu, qui devait se faire cruellement chier en ce 6e jour de création artistique pour  inventer ces deux créatures diaboliques autant qu’hystériques, alors que tout était relativement calme sur cette Terre fraîchement lâchée à l’appréciation de Darwin et autres farfelus qui la préféreront plate. Comme cette femme, et cet homme qu’il dessina à son image. Soit. On peut donc se poser légitimement la question de l’apparence physique du créateur le plus célèbre devant Steve Jobs : le fait qu’il soit transgenre pourrait donc résoudre pas mal d’interrogations modernes et soulager enfin Christine Boutin et Eric Zemmour sur la théorie du genre. Bizarrement, la Bible et les autres manuels de bienséance religieuse restent assez évasifs sur le sujet.

Depuis que la femme a eu 2 seins et une mini-jupe en peau de mammouth, et que l’homme a eu envie de jouer avec parce que les troncs d’arbres commençaient à lui filer des irritations, elle n’a pas attendu la démocratisation de l’éjac’ faciale pour en prendre plein la gueule. It’s a man’s man’s man’s world chantait James Brown avant d’être arrêté pour violence conjugale. Un parmi tant d’autres. Ou quand le pouvoir, l’argent, l’arrogance mâle mais aussi la drogue, l’alcool et le PMU, ajoutés à une enfance souvent  violente conduisent certains à se comporter comme aucun animal n’oserait le faire. Juste pour se donner une contenance et se sentir vivant.  Contrairement à certaines de leurs victimes. Il faudrait donc enfin blâmer toutes les religions pour avoir fait des femmes des objets honteux et dépourvus d’âme, pour les avoir déguisées en sorcières et obliger à se plier à toutes les volontés masculines, leur donnant réconfort et enfants, afin que leur lignée d’enculés héréditaires  perpétue à leur tour cet héritage couillu.

Le harcèlement existe depuis que l’homme s’est normalement senti supérieur à la femme. Physiquement, intellectuellement, moralement ou spirituellement. Ce devait être le même jour où l’homme, blanc, s’est senti supérieur à l’homme noir, jaune, beige ou vert pour les mêmes raisons. Les religions ont créé des frustrations, qui ont créé des déviances, qui créent des perversions et des comportements banalisés par des années d’obscurantisme, de sketches de Bigard, de Patrick Sébastien ou de blagues raffinées de Cyrille Hanouna. Même si l’on peut blâmer certaines, prêtes à s’avilir pour s’offrir une carrière, parce que les « études tu comprends, je suis moins forte à l’oral », on n’excusera jamais qu’une main au cul ne soit pas un problème ou que certains le regard torve, dévisagent certaines comme de simples morceaux de viande. Face à leurs propres peurs, maladresses ou impuissance, face à un manque cruel d’idées et de vocabulaire, la violence est la réponse des lâches et des abrutis congénitaux. Dans son infinie beaufitude, l’homme n’a jamais supporté qu’un boulon ou qu’une femme ne lui résiste. Alors qu’il faut parfois un peu de patience et de doigté.  Ou demander gentiment. En 2017, certaines vont donc pouvoir enfin l’ouvrir pour de bonnes raisons, Mr Weinstein aura au moins servi à ça (et à lancer la carrière de Tarantino !). Puisse cette parole devenir un symbole de liberté et d’égalité, et pas que dans les métiers artistiques où l’abus de pouvoir est légion. Même si certaines auraient mieux dû choisir leur harceleur, au vu de leur carrière…La prochaine étape, bien plus longue et bien plus éloignée d’Hollywood, consistera peut-être à ce que chacune, aux quatre coins du monde, puisse enfin, à un âge décent où l’on n’est plus censé jouer à la poupée, choisir ses fringues, son métier, ses loisirs, sa sexualité, ses méthodes de contraception et avant tout son mari…

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