Nos amis les femmes. 28/01/2016

A force d’en raconter et d’en écouter toute la journée dans leur Skoda en leasing parfumée à la vanille de synthèse, certains taxis sont venus déposer leur merde sur le périphérique parisien, histoire de montrer leur courroux légitime à la France ouvrière qui s’en branle, n’ayant pas les moyens de les prendre. Qu’ils se rassurent en se disant que la grande majorité des métiers d’hier n’ont pas d’avenir dans le monde de demain. Et qu’on va devoir tous échanger nos petits pots de vaseline contre de l’huile de graissage avant de se faire enculer par des robots froids et sans âme. Des patrons donc. Ou des machistes intégristes. Cette espèce qui au nom de la condition masculine fait reculer la condition féminine pour diverses raisons toujours pas élucidées par Stephen Hawking en 2016. En Iran, pays chanceux où les jeunes filles peuvent se marier à 13 ans, où les pères peuvent épouser leurs filles adoptives s’ils se lassent de leurs filles naturelles, on ne supporte pas par contre de voir une statue aux seins nues. Assez bien placé au rang des pays les plus faux culs du monde, l’Italie aurait donc fait couvrir les siennes pour éviter d’exciter le priapique Hassan Rohani en visite culturelle. En Afrique du Sud, des étudiantes doivent rester vierges pour pouvoir étudier, révisées à chaque retour de vacances, au risque de se voir retirer les bourses, ce qui est plutôt cocasse. Au Japon enfin, soulagement, puisque les popstars pourront enfin avoir des relations sexuelles et « briseront les rêves virginaux de leurs fans », ce tabou qui aurait sûrement poussé Miley Cyrus au suicide si elle avait du être bridée dans cet élan créatif vaginal qui la caractérise si bien. Mais que les féministes se rassurent, il y aura cette année pas moins de 6 femmes aux Césars dans la catégorie Meilleure Actrice. On avance.

Ailleurs dans le monde, tout semble aller pas mal même si un enfant sur neuf vit dans une zone de conflit. Et souvent sans parents. Ce qui est rassurant, c’est que huit sur neuf vivent dans une zone de confort. En conflit avec leurs parents. Ici on nous dit que les gens peuvent devenir méchants s’ils regardent « Salafistes », ce documentaire important que l’on veut censurer. Mais deviennent-ils cons en regardant TF1 ? Alors je vous en prie. Nous sommes en 2016 quand même ! Le futur président des USA, sûr de sa popularité, se dit prêt à tirer dans la foule sur la 5e avenue pour démontrer l’amour de ses électeurs, alors que Nicolas Sarkozy, plus trop sûr de la sienne, ne tire plus grand chose mais écrit des absurdités pleurnicheuses pour récupérer les siens. Deux styles, deux stratégies, deux abrutis en surchauffe dans le petit théâtre de marionnettes déplorables de la politique-spectacle. Tant qu’à se faire royalement chier, autant regarder le prochain show pyrotechnique des Enfoirés, qui, en panne de chanteurs crédibles, invitent désormais Ibrahimovic et Chabal pour rivaliser avec Mimie Mathy ou Muriel Robin. Mais niveau grande chanson française, on préfèrera toujours écouter un Renaud qui chante comme un canard tuberculeux qu’un Pascal Obispo qui chante…En brûlant un cierge pour Christiane Taubira, toujours debout, qui quitte le gouvernement en emportant la seule paire de couilles qui lui restait. Une femme belle, intègre, humaine, intelligente et courageuse. Et donc vilipendée par tous les gros beaufs cités plus haut. Pour le coup des singes, des vrais, au sens le plus primitif du terme.

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Nos amis les hommes. 20/01/2016

Alors que les anonymes continuent de mourir normalement dans l’anonymat et les skieurs dans les avalanches, les célébrités mortes se ramassent à la pelle sur le perron glissant d’une année qui s’annonce facétieuse. Et en perdant quelques figures marquantes de la musique, du cinéma, de la littérature ou de la mode, l’on prend surtout conscience du vide abyssal qui semble se dessiner pour les générations futures qui préfèreront toujours Christophe Maé à Delpech, Danny Boon à Galabru, Enrique Iglesias à Bowie, Guillaume Musso à Tournier et Desigual à Courrèges. Lui qui avait réussi, en aérant considérablement l’entrejambe féminin avec ses mini-jupes, à faire passer des millions de femmes pour des traînées et des millions d’hommes pour de gros beaufs priapiques. Une avancée, diront les plus progressistes, au moment même où Dolce & Gabanna proposent leur premier voile aux femmes saoudiennes pour recouvrir leurs dessous Lejaby et exciter leur mari qui n’aime rien d’autre de l’Occident que le côté bling-bling dégueulasse des vendeurs de tissus italiens. Mais même habillée, une femme reste une pute dans des pays où le mâle dominant les craint plus que la foudre, le filet mignon de porc à la sauge ou la pénurie de pétrole. Dieu ou machin truc, a mis autant d’amour à dessiner la féminité que les religieux de haine à la gommer.

Quant à la langue française, qui survit par miracle hors des cours d’école et des émissions télé, le coup de grâce vient de lui être donné avec la disparition d’un de ses derniers grands ambassadeurs, Michel Tournier, pile au moment où Nicolas Sarkozy déballe son amour pour la France après l’avoir salie pendant plus de 5 ans. De la lecture pour ses futurs codétenus, qui en apprendront un peu plus on l’espère sur les positions du bonhomme. Coup de tonnerre aussi chez l’éditeur français du « Club des 5 » d’Enid Blyton, qui récrit allègrement certains passages, en censure d’autres pour que nos jeunes bambins à la tête pleine d’eau puissent en saisir l’essentiel lorsqu’ils posent leurs Playstation pour se cultiver 5 minutes. C’est vrai que si l’on doit simplifier des livres de la bibliothèque verte ou rose, on est en droit de se demander ce que vont devenir les œuvres de Racine, Corneille, Molière, Céline ou Gérard Flaubert ! Mon Dieu faites que nous mourrions avant de subir ça. Que nos petits-enfants ne naissent pas avec les doigts palmés, un écran tactile dans chaque paume et le QI d’un bernard-l’hermite. Au moins n’opposeront-ils aucune réaction à la petite centaine de milliardaires qui contrôleront alors le reste de l’humanité dans leurs immenses entreprises où un simple boulon aura plus de réflexion que tous ces légumes déshumanisés.

David Bowie, de son amour pour l’espace à celui pour 1984, monument visionnaire de George Orwell, aura passé sa vie à sublimer celle des autres en montrant les chemins de traverses et les voies possibles vers la félicité. Sa disparition est sûrement la chose la plus cruelle qui pouvait arriver à la musique et à la culture (mais moins que les hommages que l’on va devoir subir aux Victoires de la Musique) car elle nous laisse au bord d’un précipice à la profondeur intangible, où les modèles à suivre se comptent désormais sur les doigts de la main. Cette nuit, j’ai même fait ce cauchemar horrible où les Daft Punk faisaient de la moto sans casque…Et puis j’ai vu Jean-François Copé faire son Caliméro chez Fogiel, Kerviel serrer les fesses avant la libération finale et Sarah Palin, la Nadine Morano yankee, venir faire de la lèche au gros rouquin à frange. Femme à lunettes, femme presbyte. Alors je me suis dit qu’on avait encore pas mal d’occasions de rire en 2016, et que malgré l’adversité, être un héros, juste pour un jour était le meilleur moyen d’atteindre les étoiles.

Today - Season 62
TODAY — Pictured: Sarah Palin appears on NBC News’ « Today » show — (Photo by: Peter Kramer/NBC/NBC NewsWire via Getty Images)