Nos amis les hommes. 25/09/11.

Toute personne de bonne volonté, qui s’est réveillée joyeuse aux blagues de Nicolas Canteloup, se retrouve définitivement changée au moment où elle met les pieds dans le métro parisien. Les têtes se baissent, les visages deviennent gris, les sourires se figent.  Les usagers alors forment de longues queues aux cadences robotiques, dénuées de toute trace de vie humaine. Comme une longue file d’attente à un meeting du Front National ou à un concert de Michel Sardou. On a connu des voyages en train vers la Pologne un peu moins moroses ! J’ai donc décidé d’arrêter de me mêler à ce troupeau anesthésié qui file doucement vers une mort cérébrale certaine et de braver ma peur du danger et des cyclistes en enfourchant quotidiennement un scooter de fort beau calibre, laissant le vent fouetter mon visage poupin, la pollution graisser mes cheveux chatoyant et mes yeux vagabonder à l’érotisme matinal des joggeuses en lycra et des parisiennes court vêtues en Vélib. Le tout sans risquer de me faire piquer mon iPhone 5 ou d’entendre « La Vie en rose » massacrée à l’accordéon alors que je me concentre pour écouter au casque le dernier Christophe Willem.

Il y a des moments comme ça dans la vie où il faut savoir dire stop. Aller de l’avant, prendre les choses en main, comme une Tristane Banon 8 ans après les faits (pendant c’est pas prouvé…). C’est dans cette volonté de changement, et suite aux multiples exemples que nous donnèrent récemment la crise financière et le sport de ballon  rond, que je décidais d’un commun accord avec moi même de faire racheter mes enfants par la Chine. Histoire d’alléger mes mensualités et mettre de côté pour acheter cette Rolex qui marquera ma réussite sociale dans une dizaine d’année.  Et si par la même occasion les chinois peuvent trouver dans quelques usines spécialisées un stage de 3e pour les gosses, leur professionnalisme et leur savoir faire en la matière seront toujours plus formateur que les ambiances socialement tendues d’un Monoprix provincial. Restons ouverts au modernisme ! Concernant ma femme, dont les coûts journaliers s’approchent du salaire annuel d’un chirurgien grec, je décidais, non sans mal, de la céder aux Qataris, ayant entièrement confiance en des gens qui font confiance au PSG. Sachant de surcroit que ce peuple a des années d’avance sur nos civilisations en matière d’élevage des femmes et d’éducation des chevaux, il semblerait que le deal soit équitable.

Alors crise, tu ne passeras pas par moi !  Ainsi en ai-je décidé afin d’apaiser ma conscience en attendant les extra-terrestres incas de 2012. Au moment d’une envie d’ovalie exacerbée, finis les suppositoires qu’on cherche à placer de force dans le fondement d’une humanité qui aimerait bien profiter enfin de ses congés payés et de son coin de jardin. En attendant ces jours utopiques, profitons au mieux de quelques disques qui changèrent en leur temps la face du monde : les albums de Pink Floyd, enfin réedités proprement pour redécouvrir les méandres enfumés de quelques cerveaux géniaux et « Nevermind », album culte d’un trio de Seattle qui imposa aux jeunes du monde entier les chemises à carreaux trop grandes, les skates et les cheveux gras , avant que son leader ne laisse son cerveau génial sur la moquette de Courtney Love, qui n’en avait jamais vu de près. Kurt Cobain avait sans doute compris qu’il n’obtiendrait rien de cette société là. Un vrai visionnaire.

Nos amis les hommes. 22/09/11

Ca y est, c’est l’automne. Pour de bon. Pas celui qui traîne sur Paris depuis le mois de juin. Et avec lui ce lourd manteau grisâtre qui recouvrira bientôt les épaules déjà bien chargées du salarié moyen qui n’a plus trop le cœur à jouer dans les feuilles mortes que l’éboueur ramasse à la pelle pour un salaire quasiment aussi ridicule que son costume vert fluo. Y aura t-il à nouveau un été quelque part ? Ou au moins un printemps ? L’hypothèse semble de plus en plus improbable selon les plus grands spécialistes de la météo boursière. Et le film « La Route » de prendre soudain des tons de gentille comédie familiale à côté du bordel qui arrive….Espérons tout de même que l’on puisse connaître le gagnant de Masterchef avant l’Apocalypse.

Un qui ratera le dénouement de Twilight 4, c’est ce pauvre Troy Davis, exécuté hier aux yeux d’un monde médusé qui ne comprend pas comment les cerveaux américains, ceux là même qui inventèrent le Coca Light et les Pom-Pom Girls, les Cheerios en couleur et le Ku Klux Klan, peuvent encore tolérer d’éliminer des gens dans leurs propres frontières au prétexte qu’ils sont noirs et analphabètes ? L’avant dernier président, blanc et analphabète, a t-il seulement été inquiété pour ses interventions farfelues en Irak et en Afghanistan et ses milliers de morts ? Il semblerait que non. Doit-on pendre sans procès les tradeurs qui jouent avec nos bourses ? Non, nous sommes civilisés, on se laisse mettre sans broncher ! Dans le cas de notre ami Destroy, il semblerait que cet homme ne fut jamais reconnu officiellement coupable du meurtre dont on l’accuse. Mais resta 22 ans en prison au cas où l’on trouve quelque chose. Contrairement à cet homme blanc, jamais reconnu officiellement coupable du viol dont on l’accuse et qui resta 22 jours dans un loft de Manhattan en attendant de trouver plus grand. La présomption d’innocence c’est important : c’est ce qui permet aux gens qui nous gouvernent d’être toujours en liberté. Même quand l’étau se resserre, même quand les proches plongent pour des affaires obscures. Même quand des gens avec la légion d’honneur paient enfin pour empoisonnement aux médocs prohibés. Mais les peines devraient être bien plus douces pour ces patrons de labos peu scrupuleux que pour ce bon vieux Troy, qui était là par hasard….1 mort contre des milliers….Il y a peut-être un truc qui cloche aux pays de la démocratie  pour élites protégées.

DSK est d’ailleurs revenu chez lui en héros, détournant 13 millions de badauds de « Plus Belle La Vie » en recherche d’un scoop bien baveux sur sa giclette intempestive. Tout ça pour ça ? Montrer qu’il est un homme faible et qu’avec une femme tolérante on peut quand même baiser à droite et à gauche sans risques ? Prouver que les évènements en Afrique ou ailleurs sont des sujets bien moins importants qu’une histoire de mœurs glauquissime ? Enfoncer une gauche déjà bien moribonde dont les débats sont aussi passionnants à regarder qu’un match de l’OM et qui fait moins d’audience que la matronne du FN ? Quand on pense qu’il faudra prendre sur un de nos dimanches de pique-nique pour aller voter pour ces gens uniquement pour empêcher la fille du borgne d’être au second tour, c’est déjà déprimant !

Heureusement, dans le même temps, la culture, la vraie, continue d’occuper ce qu’il reste de disponible dans nos cerveaux atrophiés. Johnny est sur scène. Lui qui a toujours revendiqué quelque chose de Tennessee, même si ce n’est pas le talent, s’offre un peu de répit après l’échec de son album écrit par Mathieu «M»elon Chedid. Ce qui fait au moins une occasion pour son public d’aller au théâtre ! Mais l’on se doute qu’à l’époque, Mr Williams n’imaginait pas le « Paradis sur Terre » avec une vieille chouette déplumée comme interprète principal. Explosion de botox, décoloration capillaire : le Docteur Delajoux est aux anges ! Le public moins.

Pendant ce temps à Athens un autre monument est en faillite : R.E.M se sépare après 30 ans de bons et loyaux services à la pop music. Courageux et honnête avant de devenir pathétique comme tous ces dinosaures encore sur la route pour payer la dope et la Bentley des enfants. Et je ne parle pas que de Mick Jagger et de son pathétique groupe de reggae-soul Superheavy ! Je préfère mille fois suivre la nouvelle tournée allemande de Benoît le Seizième, plus connu sous le doux nom de Cardinal Ratzinger, qui s’en va parler du bon vieux temps avec ses anciens camarades de régiment.

Allez je vais remettre « Losing my religion « ….

Nos amis les hommes. 11/09/11

Les hommes ont toujours tenu à commémorer les évènements tragiques que leur folie et leur envie d’en découdre les poussèrent à accomplir. Soit. Ainsi donc, en ce 11 septembre 2011, commémorons ensemble l’effondrement d’un édifice que d’aucuns tenaient pour le dernier symbole du monde du rock : Noir Désir ! Car ce matin là, les vendeurs alors compétents de la Fnac ne se doutent pas que cet album qu’ils tiennent dans leurs mains expertes (« Des visages, des figures ») sera à jamais le dernier de cette formation légendaire, dernier bastion d’un rock français qui disparaitra corps et âmes dans la chevelure des BB Brunes et la pop-rock virginradioïsée de Calogero. En effet, après ce coup de massue musical, leur leader ira nuitamment pousser sa petite cantate du bout des doigts un peu trop fort dans un pays en voie de développement où l’accès à la vodka et aux putes n’est pas règlementé.  Et des générations de jeunes de se lamenter en attendant l’improbable retour.  Mais il semblerait que Téléphone et Johnny Hallyday  restent encore pour longtemps les ambassadeurs du rock d’ici dans le cœur des neuneus et des belges.

Pendant ce temps-là,  au rayon Tv, les vendeurs règlent les premiers écrans plats au moment où quelques pilotes inexpérimentés percutent les 2 tours de cette bourgade proche du New Jersey, pas encore célèbre pour son équipe de foot avec Thierry Henry ou ses femmes de chambres clandestines venues chercher fortune dans les bourses de clients plein aux as. New York devient alors l’emblème d’une guerre idéologique et religieuse que se livreront pour les années à venir les 2 fins stratèges, l’un peut-être plus que l’autre, Ben Laden et Georges Bush Jr, ce dernier étant mis au courant alors qu’il apprend à lire « Petit Ours Brun «  à une classe de Cm1. Enfin une bonne occase de partir guerroyer, venger papa pour son flop de 91, récupérer un peu de pétrole et chasser les vilains moustachus pour faire de l’Irak un territoire aussi propre et pacifié que la Suisse. On en rigole encore dans les réunions des milices chiites radicales. Puis vint le tour de l’Afghanistan, où les plus chanceux ayant échappé à Bagdad  iront s’aguerrir en cherchant le barbu dans sa grotte.  Un véritable succès stratégique et financier, où , pour capturer 2 marionnettes médiatiques, l’on sacrifiera des milliers de vies civiles et militaires, engloutissant  pour l’occasion les milliards de dollars qu’il manque aujourd’hui à l’Amérique pour gérer ses problèmes internes ou sauver la finance mondiale. Mais dans la Big Apple, le tourisme est on ne peut plus florissant et les nouvelles tours seront encore plus belles et plus visibles pour les futurs pilotes en herbe.

En tous cas, au moment où tout ça nous pétait à la gueule et qu’on profitait à fond de nos années Chirac, nous écoutions avec frissons le dernier Noir Dez.  La plage 2 commençait comme ça : « Ca y est, le grand incendie, y’a l’feu partout, emergency, Babylone, Paris s’écroulent, New York City, Iroquois qui déboulent, maintenant, allez… ». Jamais un tel choc ne fut ressenti à l’écoute d’un morceau alors que la télé mondiale crachait ses images sans discontinuer. C’est sans doute à ce moment-là que l’on comprit vraiment que ce groupe n’aurait jamais d’égal et tiendrait pour toujours une place à part dans nos cœurs et nos discothèques. Quoi qu’il arrive.