Nos amis les hommes. 30/09/2014

Pour des raisons qui m’échappent encore mais sous lesquelles je sens bien poindre une jalousie compulsive mal contenue par un sourire Ultra Brite à toute épreuve, je n’étais pas invité le week-end dernier au mariage de George Clooney. Et alors que je détartrais ma machine Nespresso, j’imaginais Venise, ce marais médiéval où les pigeons s’agglutinent aux balcons pour se lécher la bouche en parlant d’avenir, puis s’en vont gondolant roucouler dans la lagune en écoutant Verdi. Et dans ce grand carnaval, le gratin de la culture populaire allait s’esbaudir et faire honneur aux 11 millions dépensés ce jour-là par une star qui, si elle a le mauvais goût d’inviter Bono, a au moins la décence de donner ses cachets publicitaires au Darfour sans le crier sur tous les iTunes du monde.
Mais peu me chaut ! J’avais à faire chez Jardiland, en ce dimanche mordoré où je commandais mes plus beaux chrysanthèmes en attendant la Toussaint et le résultat des inondations à Montpellier, où j’ai quelques connaissances. Mais je ne suis pas dans l’Hérault, faut pas croire ce que disent les journaux, et je ne pus que constater les dégâts aux JT en boucle où Michel Chevalet tentait de nous expliquer avec cette même ferveur qu’à l’époque où il parlait des fusées qui explosent, des trains qui déraillent ou des premiers vibromasseurs à vapeur, que le taureau camarguais est curieusement moins étanche que le flamand rose. Et pendant que Paris profitait pour une fois tranquillement de son été indien, nous revenait en pleine face cette indécence qu’on les gens du sud, qui vivent toute l’année en narguant le reste du monde parce qu’ils ont du soleil et des cigales à longueur de siestes languedociennes, cette indécence disais-je à se plaindre à la première averse parce qu’ils ont 10 cm dans le sous-sol alors que ma voisine Paola, qui est plutôt sèche et carrément portugaise a l’air très heureuse avec 25 cm dans le fondement. Et, au risque de m’avancer et de froisser quelques esprits frileux et réactionnaires, je n’ai pas peur de penser qu’il n’y a plus de saisons ! On ne sait plus comment s’habiller, on s’enrhume pour un oui pour un non, de là à ce que les pharmaciens nous pètent à la gueule comme le premier pilote d’Air France venu et on se soigne comment , hein ? Chez Leclerc ? Non ! Ils n’ont que les cercueils, mais pas les médicaments qui pourraient retarder l’achat conséquent de ce bel objet d’acajou qui s’accommode si bien avec ces chrysanthèmes que je vais devoir jeter du coup…
Ah la France, pays où parler de réforme avec un salarié donne à peu près les mêmes résultats qu’une discussion philosophique entre un fan de l’OM et un du PSG, ou qu’une rencontre aux chandelles entre un djihadiste haineux et un stripteaseur gay catholique (même si ce dernier aime l’haineux). Comme le Sénat, ça irait dans le mur (cette blague, pourtant très percutante et assez fine, ne fit pas rire en son temps et on m’immola pour ça. Mais à l’instar de Nikki Lauda, et à grand renfort de Biafine, je pète le feu aujourd’hui. ). La France est une jeune vierge effarouchée qui refuse d’écarter les cuisses le premier soir, comme le dixième, comme le centième, et voit, dès les premières caresses gouvernementales, ses tétons et ses syndicats se durcir, obligeant ses dirigeants à aller se finir dans le lavabo déjà plein de projets avortés d’une démocratie au ralenti où les gens vont à pieds à la pharmacie lorsqu’il n’y a ni métro, ni train, ni avion. Heureusement pour nous tous, la destination qui nous attend à plus ou moins court terme reste bien desservie par les ambulances et par les corbillards.

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Nos amis les hommes, 15/09/2014

Je sentais bien depuis quelques semaines que je n’étais plus dans le coup, que je me mettais en marge de mes contemporains pour des raisons qui m’échappaient. Certes j’avais raté la première de Koh-Lanta et j‘ai paniqué à l’idée de n’avoir rien à dire aux collègues à la machine à café. Mais je me suis souvenu que j’étais au chômage et ça m’a rassuré. Je n’ai pas pris Netflix, pensant que c’était un nouveau médicament contre les règles douloureuses (et mon petit stérilet à hormones fonctionne plutôt bien).Puis, je ne sais toujours pas comment, j’ai payé pour avoir l’album de U2 avant tout le monde, alors que 500 millions de consommateurs d’iTunes semblaient s’en foutre autant que du nouveau One Direction…Merde, U2, quand même ! Une multi nationale comme Apple n’aurait pas fait une erreur stratégique de cette envergure ! Ou peut-être pire, des artistes qui vendent des disques comme Daft Punk ou Pharrell Williams n’auraient pas baissé leur slip Armani pour atterrir gratuitement dans des discothèques digitales informes entre le dernier Calogero et la compil des Enfoirés… Je ne sais plus… Le doute s’est accentué la semaine dernière. J’apprenais deux jours avant l’événement que Jay Z et Beyoncé avaient loué le Stade de France pour payer leur divorce et assurer un avenir potable à la petite Blue. Et je peux comprendre que faire ça entouré de monde, avec de jolies lumières dans la chaleur automnale de la nuit dionysienne puisse leur apporter un peu de réconfort. Faut-il être dans un niveau de détresse insondable pour venir se donner en spectacle dans le 9.3 alors que n’importe quelle demeure toscane ou propriété andalouse eut été plus appropriée pour un tel événement ? Mais l’on y fait rentrer moins de monde, c’est vrai, me dit mon comptable qui n’a pas peur de balancer ! Je me souviens qu’à l’époque (en général quand on commence à parler comme ça c’est que la fin est proche), les gens cool, ceux qui comptaient et qui pouvaient marcher la tête haute dans les rues de nos préfectures provinciales, les gens cool étaient cool parce qu’ils avaient été voir le spectacle d’Holiday on Ice du Lac des Cygnes à Paris en 83 ou parce qu’ils avaient un autographe des Harlem Globe Trotters ou de Tatayet ! Ca c’était le top de la coolitude. Aujourd’hui il fallait être au concert de la Carter Family (pas celle de June et Johnny, hélas) ou disparaître à tout jamais, rongé par la honte et les regrets éternels. Alors que je mettais ces heures à profit pour regarder des films de Richard Brooks, ranger ma vaisselle, caresser ma chatte et décrotter mes souliers inopinément souillés par un canidé et un maître mal élevés. Je me souviens m’être réveillé en vie et plutôt soulagé de n’avoir pas cautionné cette grand-messe consumériste et indécente, poussant le voyeurisme à un degré tel que la télé réalité s’invite désormais à nos spectacles musicaux! Et en playback. Cette ineptie professionnelle que l’on reproche à la moindre Britney venue et qui paraît si fun chez le couple lippu. « Tu comprends, c’est pas facile pour les chorés, les fringues et tout… ». Reste une poignée de chansons, incontournables. Comme chez le copain mégalo, Kanye West, qui met à profit ses aspirations divines pour faire lever des handicapés refusant de zooker sur son gros tube. Mais aucun ne bouge, provoquant le courroux divin. N’est pas « Yeezus » qui veut et Kanye devra revoir ses ambitions de messie à la baisse, ou faire une tournée avec Madame, au Stade Anal par exemple…
Et pendant que ces américains envahissent notre espace culturel, comme dit Michel Edouard, on en oublierait presque les tragédies qui frappent notre patrimoine local : Joyce Jonathan casse avec Thomas Hollande, ce loser congénital, et Clara Morgane sort un album de jazz ! « I’m so excited » nous susurre la belle. Mais pas autant que nous, pense le père de famille en attendant l’objet qui devrait être livré avec une cheminée, une peau de bête synthétique, un verre de Vermouth et une petite pipe.

Et puisqu’on parle de poils, rendons hommage à Joan Rivers, grande amie des bêtes et des chirurgiens plastiques, qui après avoir fait don de son visage à la science, viens de léguer une partie de sa fortune à ses chiens plutôt qu’à sa fille. Les petits quadrupèdes pourront du coup s’acheter une Ferrari, à moins que la lésée ne préfère se venger et faire frire ces petites bestioles ingrates, comme ce californien qui a eu la délicate attention de cuisiner le Loulou de Poméranie de sa compagne juste pour la faire chier. Il y a des gens qui ont donc à ce point des problèmes psychologiques pour s’amouracher d’un Loulou de Poméranie ??? Nous ne sommes pas là pour juger, mais nous garderons plutôt en tête l’exemple de cet homme, pédophile à ses heures perdues, et qui avait pris l’habitude de congeler des chatons dans son fa (son sous-sol, il apprenait le solfège). Sans doute pour que les petits enfants se sentent un peu plus en confiance avant de faire des selfies tout nus. La police américaine (encore !), en a retrouvé 50. Des chatons, pas des enfants. L’homme a été arrêté pour maltraitance et concurrence déloyale avec le Picard Chinois d’à côté. Aux dernières nouvelles, il n’avait jamais entendu parler de Jay-Z, Kanye West ou Beyoncé. C’est plutôt rassurant.

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Nos amis les hommes, 9/09/2014

Triste période que celle de la rentrée où la chaleur encore caressante de septembre donne des regrets amers à tous ceux qui ont passé l’été en sous-pull à attendre l’éclaircie sous le ciel boursouflé d’ingratitude après une année de labeur éprouvante. Des mois à économiser pour choper son cancer au soleil plutôt que dans la pollution urbaine, et rien ! Blafard, le contribuable souffre alors en postant ses enfants et en laissant ses impôts à l’école. Le pervers quitte à regret les parcs jaunissants où chantent encore les rossignols pour se rapprocher des ruelles bruyantes où s’échoue l’écolier après les cours, dans l’espoir que ses parents arrivent à l’heure. Mais avec les portables et autres appareils de surveillance, le métier n’est plus ce qu’il était. Petit à petit, la modernité tue les passionnés, même si l’homme reste le même sous l’imperméable. Contrairement au hipster, ce parasite, qui change de personnalité en même temps que de look. Cette année, la tong se marie fort à propos avec une paire de chaussettes en laine, mettant en valeur le sarouel et toute la virilité vestimentaire de ces barbus vélocipédiques, qui ont le bon goût d’acheter le livre de Valérie Trierweiler chez Colette (ils ont droit à un tirage spécial relié en peau de pute à 580 euros).

Pour les politiques, la rentrée est à l’image de l’année. Nulle, pesante et bordélique. Même en changeant une équipe qui ne gagne pas, plus rien ne pourra sauver désormais une institution devenue à son insu plus pathétique qu’une bande de connasses Chtis à Ibiza, mais moins drôle. Aussi ambitieux en début de saison que Lyon et Monaco, la droite et la gauche sont désormais la risée de l’Europe, et pas que de celle du football. D’ailleurs sur le Rocher, le Prince qui n’a plus que ça à foutre depuis le départ de ses meilleurs joueurs, se verse un peu d’eau froide sur la tronche en défiant François Hollande, oubliant juste qu’avec les seaux de merde que ce dernier prend régulièrement sur la gueule depuis quelques temps, notre bon président a largement gagné ce défi mondial ! Des photos truquées, des vilains dissidents, des fraîchement nommés qui ne paient pas leurs impôts juste au moment où le français de classe moyenne à genoux remet un petit peu d’huile d’olive pour faire passer l’augmentation des siens… Sans dents c’est pratique pour les pipes, mais le contribuable semble être plus souvent passif dans cette relation…Comme Valoche, son ex vénère qui vient bouleverser la rentrée littéraire avec son gros Voici sans images ! Mais le lecteur français, élevé chez Musso, Levy et Nothomb ne s’y est pas trompé. « Merci pour le moment » est un succès, alimentant les discussions croustillantes avec les voisines et bouleversant les conversations météorologiques en allant au coiffeur, avant de penser à voter FN aux prochaines élections !

On a les scandales qu’on mérite. Hollande ne sera jamais Clinton, « Plus Belle la vie » jamais « House of Cards »….Quant aux limites à ne pas dépasser, je me faisais récemment la réflexion en refusant de photographier ces trisomiques qui mangeaient, enfin qui essayaient de manger leurs glaces à la pistache sous la Tour Eiffel, alors que je n’hésitais pas à en prendre d’autres avachis devant Secret Story en rentrant au foyer conjugal. Un peu de savoir vivre ne fait de mal à personne.

C’est d’ailleurs encore là, au niveau des égouts, que se jouait la nouvelle mode hollywoodienne après l’éreintante campagne de l’Ice Bucket. En parlant de douche froide, quelques starlettes ont été gâtées en découvrant leur intimité sur le net, grâce à un petit génie informatique que le mâle moyen remercie de toute sa main libre ! Le même qui gueule après la NSA pour intrusion dans sa vie privée. Là il est vrai que les intrusions en tous genres ne sont pas que dans la vie privée, même si je n’ai pas vu les photos car je lisais « Merci pour le moment ». Franchement, quelle crédibilité ont toutes ces gamines élevées chez Disney, qui n’ont pour la plupart même pas l’âge d’avoir des seins, qui se la jouent prude et chaste sur les grands écrans où le téton agace l’intégriste texan, mais qui se jettent sur le premier connard venu les déflorer avec une Go Pro sur le gland pour s’étonner ensuite de ce pitoyable étalage ?

Allons, allons, un peu de sérieux mesdemoiselles. Il semblerait que le Cloud soit devenu aussi dangereux pour les stars que la Syrie pour les journalistes. Mais personne n’oblige personne à y aller, même au nom de l’infotainment permanent ! Ayons d’ailleurs une pensée pour tous ceux qui vont devoir couvrir la deuxième grossesse de Machine d’Angleterre (alors que personne ne parle de celle de Vitaa par ici). Mais n’est-ce pas un peu inconscient de livrer ainsi un deuxième petit rouquin royal au peuple gaga, alors que ces radins d’écossais sont sur le point de lui supprimer une partie de ses revenus et de ses ressources naturelles ? Pauvre enfant qui devra se contenter du Pays De Galles et d’un bout de l’Irlande (pas le meilleur) pour partager ses bières avec son peuple de soiffards édentés…Toutes ces petites velléités d’indépendance, cet égoïsme crasse au moment où se fait la grande Europe, au moment où Vladimir Poutine cherche à rebâtir la grande U.R.S.S de son enfance, franchement quelle leçon pour nos jeunes ? Bon, par contre, si le Belgique se sent de récupérer la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais, on peut y réfléchir rapidement…