Nos amis les hommes, 15/09/2014

Je sentais bien depuis quelques semaines que je n’étais plus dans le coup, que je me mettais en marge de mes contemporains pour des raisons qui m’échappaient. Certes j’avais raté la première de Koh-Lanta et j‘ai paniqué à l’idée de n’avoir rien à dire aux collègues à la machine à café. Mais je me suis souvenu que j’étais au chômage et ça m’a rassuré. Je n’ai pas pris Netflix, pensant que c’était un nouveau médicament contre les règles douloureuses (et mon petit stérilet à hormones fonctionne plutôt bien).Puis, je ne sais toujours pas comment, j’ai payé pour avoir l’album de U2 avant tout le monde, alors que 500 millions de consommateurs d’iTunes semblaient s’en foutre autant que du nouveau One Direction…Merde, U2, quand même ! Une multi nationale comme Apple n’aurait pas fait une erreur stratégique de cette envergure ! Ou peut-être pire, des artistes qui vendent des disques comme Daft Punk ou Pharrell Williams n’auraient pas baissé leur slip Armani pour atterrir gratuitement dans des discothèques digitales informes entre le dernier Calogero et la compil des Enfoirés… Je ne sais plus… Le doute s’est accentué la semaine dernière. J’apprenais deux jours avant l’événement que Jay Z et Beyoncé avaient loué le Stade de France pour payer leur divorce et assurer un avenir potable à la petite Blue. Et je peux comprendre que faire ça entouré de monde, avec de jolies lumières dans la chaleur automnale de la nuit dionysienne puisse leur apporter un peu de réconfort. Faut-il être dans un niveau de détresse insondable pour venir se donner en spectacle dans le 9.3 alors que n’importe quelle demeure toscane ou propriété andalouse eut été plus appropriée pour un tel événement ? Mais l’on y fait rentrer moins de monde, c’est vrai, me dit mon comptable qui n’a pas peur de balancer ! Je me souviens qu’à l’époque (en général quand on commence à parler comme ça c’est que la fin est proche), les gens cool, ceux qui comptaient et qui pouvaient marcher la tête haute dans les rues de nos préfectures provinciales, les gens cool étaient cool parce qu’ils avaient été voir le spectacle d’Holiday on Ice du Lac des Cygnes à Paris en 83 ou parce qu’ils avaient un autographe des Harlem Globe Trotters ou de Tatayet ! Ca c’était le top de la coolitude. Aujourd’hui il fallait être au concert de la Carter Family (pas celle de June et Johnny, hélas) ou disparaître à tout jamais, rongé par la honte et les regrets éternels. Alors que je mettais ces heures à profit pour regarder des films de Richard Brooks, ranger ma vaisselle, caresser ma chatte et décrotter mes souliers inopinément souillés par un canidé et un maître mal élevés. Je me souviens m’être réveillé en vie et plutôt soulagé de n’avoir pas cautionné cette grand-messe consumériste et indécente, poussant le voyeurisme à un degré tel que la télé réalité s’invite désormais à nos spectacles musicaux! Et en playback. Cette ineptie professionnelle que l’on reproche à la moindre Britney venue et qui paraît si fun chez le couple lippu. « Tu comprends, c’est pas facile pour les chorés, les fringues et tout… ». Reste une poignée de chansons, incontournables. Comme chez le copain mégalo, Kanye West, qui met à profit ses aspirations divines pour faire lever des handicapés refusant de zooker sur son gros tube. Mais aucun ne bouge, provoquant le courroux divin. N’est pas « Yeezus » qui veut et Kanye devra revoir ses ambitions de messie à la baisse, ou faire une tournée avec Madame, au Stade Anal par exemple…
Et pendant que ces américains envahissent notre espace culturel, comme dit Michel Edouard, on en oublierait presque les tragédies qui frappent notre patrimoine local : Joyce Jonathan casse avec Thomas Hollande, ce loser congénital, et Clara Morgane sort un album de jazz ! « I’m so excited » nous susurre la belle. Mais pas autant que nous, pense le père de famille en attendant l’objet qui devrait être livré avec une cheminée, une peau de bête synthétique, un verre de Vermouth et une petite pipe.

Et puisqu’on parle de poils, rendons hommage à Joan Rivers, grande amie des bêtes et des chirurgiens plastiques, qui après avoir fait don de son visage à la science, viens de léguer une partie de sa fortune à ses chiens plutôt qu’à sa fille. Les petits quadrupèdes pourront du coup s’acheter une Ferrari, à moins que la lésée ne préfère se venger et faire frire ces petites bestioles ingrates, comme ce californien qui a eu la délicate attention de cuisiner le Loulou de Poméranie de sa compagne juste pour la faire chier. Il y a des gens qui ont donc à ce point des problèmes psychologiques pour s’amouracher d’un Loulou de Poméranie ??? Nous ne sommes pas là pour juger, mais nous garderons plutôt en tête l’exemple de cet homme, pédophile à ses heures perdues, et qui avait pris l’habitude de congeler des chatons dans son fa (son sous-sol, il apprenait le solfège). Sans doute pour que les petits enfants se sentent un peu plus en confiance avant de faire des selfies tout nus. La police américaine (encore !), en a retrouvé 50. Des chatons, pas des enfants. L’homme a été arrêté pour maltraitance et concurrence déloyale avec le Picard Chinois d’à côté. Aux dernières nouvelles, il n’avait jamais entendu parler de Jay-Z, Kanye West ou Beyoncé. C’est plutôt rassurant.

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