Glow in the dark. 15/11/2020

Le monde connecté se divise désormais en 2 catégories : ceux qui croient que la Terre est plate, et ceux qui pensent que tout ça ne tourne plus très rond. L’humanité, en l’espace de 15 ans de réseaux sociaux, aura donc connu un schisme violent et irréversible, à faire passer les guerres de religion pour des parties de balles au prisonnier.

Et là encore, comme bien souvent, les USA sont précurseurs, avec leur modèle grandeur nature de ce qu’est une nation divisée par deux idéologies distinctes. Les Etats Désunis. Les bibles et les fusils d’un côté, les livres et les stylos de l’autre, pour faire simple…Car la simplicité, dans les deux sens du terme (facilité et naïveté) est devenue la norme d’une société élevée à Internet, scotchée à son portable, addicte au buzz, au clic et au retweet sans aucune autre forme de pensée que l’amusement, la détente et l’indignation permanente, sur n’importe quel sujet. Se sentir agressé dans sa chair, au plus profond de son être, par des propos jugés diffamatoires, parce que contraires à nos propres convictions. S’en prendre à des gens à qui l’on n’aurait jamais adressé la parole dans la vraie vie, intervenir sur des forums ou des profils d’inconnus, juste pour donner son avis, forcément violent, sans fondement, juste avec l’envie de cracher son mal être à la face d’un monde où il faut exister, être vu, être entendu, qu’importe la manière. La pendule tourne, tic toc, je veux être quelqu’un, parce que je le mérite…Aimez-moi les uns et les autres, même si mes likes ne sont pas réciproques.

Sur ce terreau fertile, et avec ces outils digitaux modernes, il n’en fallait pas moins pour voir fleurir au grand jour fake news et complots en tous genres. Si le principe a toujours existé : on nous cache forcément des choses (des aliens de Roswell à la mort d’Elvis), il a désormais pignon sur rue avec des ambassadeurs de la trampe de Trump, des tenanciers Pmu de l’info en boucle et des vengeurs masqués du Dark Web. Et ce virus taquin n’aura fait qu’amplifier un phénomène qui se cantonnait avant ça aux journaux à scandale ou à certaines émissions de RTL9.

Malheureusement, pas besoin d’être très informés pour savoir que oui, les milliardaires tiennent les médias, que les labos pharmaceutiques préfèrent vendre des vaccins, c‘est leur métier, et que les hommes politiques servent les intérêts de lobbies industriels et financiers. Pourquoi chercher des complots quand tout est plutôt clair et défini depuis l’invention de la démocratie moderne et du capitalisme ravageur, que l’on alimente volontairement et compulsivement pour avoir un semblant de vie sociale ? Soit on l’accepte, et l’on arrête de s’offusquer pour un oui ou pour un non (on est là que pour 80 piges en moyenne, ça va être long de s’agacer tous les jours dans un système pourtant moins pire que d’autres), soit l’on essaie de vrais modèles de dictatures pour voir ce qui change (puisque la France en est une…), soit l’on prend son sac à dos et ses Crocs pour aller vivre au fin fond du Larzac ou dans le bush australien pour s’acheter une virginité mentale et sociale.

Ainsi Bill Gates est devenu l’ennemi numéro un de ce grand cirque complotiste mondialisé. Le Diable. Lui dont les actions répétées ont permis de sauver des millions d’enfants dans le monde et d’éradiquer quelques maladies. Alors qu’on aime bien Elon Musk, qui lui, a clairement l’intention de mettre des puces dans chaque être humain pour les connecter à ses milliers de satellites, en plus de vouloir miser sur l’intelligence artificielle parce que l’Homme est décidemment trop con pour mériter de survivre. Les labos sont là uniquement pour nous éradiquer, dit-on en se bourrant d’anxiolytiques et d’anti-dépresseurs depuis des années, en les engraissant pour oublier que notre vie n’est pas celle dont on rêvait à l’église.

Attention, l’abus de cachetons peut rendre paranoïaque. Et schizophrène. On veut des masques, mais on ne veut pas les mettre. On veut un vaccin contre le Covid, mais on ne veut pas se faire inoculer ! On crie à la dangerosité des vaccins pour nos gosses, pendant qu’on les empoisonne normalement à coup de sodas, de Mc Do, de Nutella et de pizzas Hut. On veut plus de sécurité, moins d’attentats, mais on ne veut pas de caméras dans les rues ni de reconnaissance faciale…On veut un monde écolo et vert, mais hors de question de lâcher notre SUV pour un modèle plus propre.

On gueule, comme si on nous coupait un bras, dès que le wifi s’éteint en pleine partie de Candy Crush, mais on refuse la 5G pour des raisons fallacieuses. Rassurons-nous, toute dangereuse soit-elle pour la santé, elle ne causera finalement pas tant de lésions sur nos cerveaux déjà passablement amoindris. Et la 6G est sûrement déjà prête ! Puis si c’est un problème d’être tracé par une application, que n’attendons-nous pour revendre nos smartphones et d’arrêter de donner nos images et nos infos persos à des dizaines d’entreprises soi-disant bienveillantes ? Regardez donc ‘’Derrière nos écrans de fumée », un vrai bon documentaire Netflix pour vous en convaincre, s’il vous reste un minimum de lucidité et d’esprit critique.

La peur du contrôle, c’est vraiment quand ça nous arrange. Le documentaire Hold Up surfe là-dessus. Les peurs. Et l’arrivée du Covid, qui a bouleversé nos petites vies tranquilles d’occidentaux parvenus. Si la fin des libertés individuelles c’est de ne plus pouvoir aller à Disneyland, boire des bières au troquet, dévaliser H&M pour le Black Friday ou fêter Noel en bons catholiques, dites-vous peut-être que vous n’avez pas franchement de problèmes…Une poignée de penseurs, de professionnels de la santé, de journalistes ou Sophie Marceau se sont laissés avoir par ces révélations aussi documentées qu’un reportage sur la liberté de pensée en Corée du Nord, mais est-il surprenant de voir arriver là-dessus la brillante Kim Glow, venue expliquer à son million de followers pourquoi il ne faut pas se faire vacciner. Avec le regard aussi lumineux qu’une luciole sous Tranxène, Kim nous met en garde sur les nanoparticules, et l’on comprend qu’elle sait de quoi il en retourne, tant son cerveau de starlette en est peuplé. Elle nous parle d’injections dangereuses, et dans sa bouche, ça prend un drôle de sens…Un pur moment de poésie et d’horreur, poupée superficielle au visage de filtre Instagram, se rêvant en Jeanne d’Arc des causes perdues, la virginité en moins.

Si le vaccin contre la connerie n’existera sans doute jamais, il est vraiment temps de se prémunir en éteignant nos télés, en désactivant Instagram, Twitter et autres propagateurs de virus bien plus dangereux pour la santé mentale de nos enfants.  »Restez éveillés, ils sont partout. Et quoi qu’il arrive, renseignez-vous. Parce que moi je n’ai pas de preuves. » Du coup hier soir, je me suis surpris à regarder un reportage sur les mouflons dans les Alpes italiennes. C’était beau, reposant. Limite excitant. Pour Noel, je veux bien un disque de flûte des Andes avec les derniers livres de Frédéric Lenoir et de Matthieu Ricard. Et un poncho. Dans ces moments difficiles et dans ce monde totalitaire, heureusement qu’il nous reste Amazon pour se reconnecter à notre moi intérieur, en ayant accès, comme n’importe quel homme libre à nos besoins vitaux et à des choses essentielles.

Une réflexion sur “Glow in the dark. 15/11/2020

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