Nos amis les chasseurs. 28/10/2018

Qui va à la chasse gagne sa place au paradis des enculés. Sur ce sujet, il est vrai que j’ai du mal à faire dans la nuance. J’ai beau chercher un peu partout, mais je n’arrive pas à trouver une raison humaine, écologique ou sportive pour pouvoir excuser ces quelques fanatiques d’armes à feu d’aller s’en prendre matutinalement à des animaux sans défenses (et je ne parle pas ici de chasse à l’éléphant). Aller taquiner l’alouette furtive et le lapin mutin dans les sous-bois moussus à l’heure où blanchit la campagne et rosissent les joues avinées, pour de simples raisons culturelles : « Dans la famille, on est tueurs de gibiers de père en fils. On aime tuer. C’est noble, ça détend et ça donne de très bons plats en sauce. »

Droit dans ses bottes crottées, face à l’animal qui n’a aucune chance, comme un enfant noir courant de dos, que le policier blanc prend le temps d’ajuster…Voilà à peu près le rapport de force. Se mettre à 400 autour d’un sanglier pour lui donner une petite chance d’arriver directement dans la cocotte-minute, thermostat 12. Y rajouter des meutes de chiens excités et des chevaux claironnants. La noblesse de l’acte. Mais la noblesse voudrait peut-être que si tu te sens d’aller défier un animal dans son habitat naturel, tu y ailles comme lui, dépouillé, avec tes propres armes de bipède pleutre et dégueulasse. Ou que tu lui files également un fusil pour voir…qui s’envole ou détale le plus vite à la première détonation.

Alors voilà. Comme il y a des lois, des règles (dont certaines sont censées aussi protéger le citadin en randonnée ou en vtt), qui t’autorisent à pratiquer ta « passion » dominicale en bandes organisées, il serait peut-être grand temps de créer pour tous les aficionados de ton espèce, une immense partie de chasse annuelle, avec des règles bien strictes, où vous pourriez vous défouler, mettre à profit votre amour pour les armes à feu, les exécutions sommaires et la mort, en vous tirant mutuellement dessus. Juste entre vous, pour le fun. Pas d’animaux ou de piétons innocents pour venir saccager votre Escape Game grandeur nature. Un vrai Battle Royale pour les bonshommes, plein de couilles et de testostérone, plein de rage, de sueur et de bière, avec cette envie d’en découdre contre des animaux encore plus dangereux que vous. Mais équitablement armé au niveau du fusil et du cerveau. Pas de jaloux.

Bien sûr il y aurait des enjeux pour pimenter le tout. Pas plus de 200/300 morts par an, avec un système de points attribués en fonction des cibles touchées. Le graal étant les noirs et les arabes (parce qu’on n’oublie pas qu’ils pullulent dans nos campagnes, pis que le rat musqué ou le renard argenté). 1000 points. Puis les enfants. De préférence les vôtres, afin que l’hérédité chasseresse qui coule dans leur veines s’arrêtent rapidement (je te recommande d’ailleurs cette scène hilarante dans le dernier film de Lars Von Trier !!) : 500 points. Puis les vieux, les gauchistes, les pacifistes ou les garagistes, ces voleurs…Pour les femmes attention, il n’y aura pas de bonus en cas de viol collectif. C’est un autre jeu que l’on mettra en place si celui-ci fonctionne.

Par contre, pour agrémenter tout ça, il serait bien d’inviter les milliardaires désœuvrés des safaris tragiques. Ces espèces de sous-merde boursouflées qui trouvent plus facile de tirer sur des éléphants en troupeaux ou sur des lions endormis que sur des cibles mouvantes. Ca donne de plus jolies stories sur Facebook et ça vous pose un homme. Bien sûr l’aventure sera ouverte à tous les détraqués américains (et de partout) qui réclament à grands renforts de cartouches le retour à une Amérique blanche, qu’elle n’a par ailleurs jamais été vraiment. Force est de constater le nombre d’anciens militaires ou d’admirateurs du 3eReich dans le rang des décérébrés congénitaux qui s’inventent une existence en allant crier leur colère dans des églises, des synagogues, des boîtes de nuit gay, des centres pour handicapés, des supermarchés, des concerts de country, ou pire, des collèges…Ca leur ferait peut-être du bien finalement de sortir au grand air pour aller faire respirer leur treillis, leurs vestes en cuir gothiques et leurs neurones. Et pour que la petite sauterie soit complète, on y inviterait également une poignée de toréadors, afin de les laisser s’ébrouer hors de leurs arènes exiguës où le taureau gracile ne peut guère exprimer son plein potentiel…

Bien sûr, ces gens vous rétorqueront alors que c’est la loi de la nature. Manger ou être mangé. Oui. Mais l’animal, petit ou gros, ne mangera un autre animal que s’il a faim, pour nourrir ses petits avant l’arrivée des glaciers dans les steppes africaines ou dans nos forêts bucoliques. Toi, tu n’as pas faim. La bouffe, prédécoupée, emballée, surgelée est déjà dans ton congel, les animaux étant décimé à l’échelle industrielle par d’autres psychopathes assermentés. Mais tu n’y retrouves pas la petite touche artisanale, personnelle, ce plaisir jouissif d’avoir tué toi même ton propre manger, pour en ressentir l’exquise saveur, cette petite touche de professionnalisme qui fait la marque des plus grands serial-killer. Tu n’as plus faim, non. Tu as soif (et tu commences d’ailleurs tôt le matin) de trophées, de récompenses, de montrer ta domination masculine (mais peu humaine) sur le monde animal, la Nature, dont tu n’as jamais respecté les règles ou le développement depuis cette période des cavernes où tu étais par instinct un chasseur/cueilleur imparable. Mais depuis, tu as lu des livres (mais pas forcément les bons) et tu as Internet…mais rien ne change. Et la Nature cherche à se débarrasser de toi comme un chien d’une vilaine tique. Mais tu continues aveuglément à sortir ton fusil pour aller guerroyer contre tout et n’importe quoi, sans comprendre que tu fais partie d’un grand tout bien plus intelligent que toi. Tu n’es rien. Tu le sais inconsciemment au fond de toi. Et c’est cette peur de pauvre mortel arrogant qui te fait agir comme un lâche depuis l’invention du Colt et du manque de courage.

Tenir une arme dans sa main. Se sentir tout puissant. Donner la mort. Prendre la vie.

Alors tous ensemble, tirons. La chasse. Il y a des espèces plus nuisibles que d’autres.

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