La relève : Guillermo Guiz

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La coolitude est sûrement ce petit plus qui différencie les artistes belges des artistes français. Que ce soit en musique, cinéma ou stand-up, nos voisins d’Outre-Quiévrain affichent souvent cette décontraction potache qui leur évite de se la raconter plus que nécessaire. Longtemps moqués pour leur soi-disant bêtise, André Lamy, Tatayet ou leur amour des frites, il semblerait qu’une nouvelle génération ait réussi à renverser cette tendance très eighties à se foutre de leur gueule, en imposant leur humour et leur drôlerie à notre pays de snob, pendant que nos propres comiques s’embourgeoisaient au cinéma. Depuis « C’est arrivé près de chez vous » en 92, en passant par Dikkenek, les joutes verbales de Stephane De Groodt et les caméras cachées déjantées de François Damiens, le Belgique trône tout en haut de nos références en terme de blagues et de liberté de penser. Pas un hasard donc si les nouveaux noms à suivre à la radio ou sur les scènes de café-théâtre d’ici se nomme Walter, Laura Laune, Alex Vizorek, Charline Vanhoenacker, Nawell Madani ou Guillermo Guiz.

Et prendre un pseudo hispanisant alors que l’on a un nom de serial-killer belge (Guy Verstraeten), n’est-il pas déjà une belle forme d’auto-dérision ? Guillermo Guiz en joue d’ailleurs, comme de son passé familial, de sa jeunesse dans les banlieues difficiles de Bruxelles où, si l’on n’est pas assez bon pour jouer au club de foot d’Anderlecht, on a le choix entre devenir terroriste ou pédophile, ces deux petites fiertés locales qui ont remis le pays au coeur des conversations. Mais lui s’en est sorti. La preuve, il vient en parler devant nous, avec talent et désinvolture. Décontracté du gland…Micro à la main, à la Louis C.K, modèle avoué de ce trentenaire qui appelle un chat un chat et parle de sa bite avec le plus grand naturel. Il aime le sexe, les petits plaisirs et les femmes, sans qui ce monde serait aussi glauque… qu’une banlieue bruxelloise. Une pincée de racisme, un passage psy, quelques réflexions croustillantes sur le viol ou la zoophilie, on est en terrain connu, mais c’est jouissif, vivifiant, le naturel du garçon emportant le morceau haut la main. Et si l’on ne sait toujours pas faire la distinction entre un diable rouge et un flamand rose, il va falloir apprendre à s’habituer ici à l’humour belge, dont Guillermo Guiz est l’un des meilleurs représentants. Sans blaguer.

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