Nos amis les hommes. 1/04/2015

Un ami amusant et néanmoins bilingue postait ce matin : « Vos poissons d’avril, on s’en fish », avant que je ne le vire de Facebook, où il faut de toute façon éviter de traîner en ce jour néfaste pour l’humour comme l’est le 14 février pour l’amour. Merci au Gorafi d’avoir ringardisé cette date de la blague obligatoire, l’information quotidienne étant devenue de toute façon assez drôle et saugrenue pour que l’on évite de croire que les Beatles se reforment, qu’il y a des vidéos de Marion Maréchal en soubrette chez Jacquie et Michel ou que le dernier Selah Sue est mortel. Dans la rubrique grande musique, le G20 des millionnaires du disque avait lieu cette semaine à Hollywood, montrant leur courroux au monde entier pour obtenir réparation quant à leurs feuilles de paie tronquées. Dans un élan revendicateur touchant (on se serait cru sur un parking du transporteur Mory/Global au moment de l’annonce des 2150 licenciements, mais avec des Bentley garées au lieu des camions), Jay-Z et ses camarades tentaient le putsch de l’année en s’en prenant à Spotify et Deezer, afin de gratter quelques deniers supplémentaires pour payer leurs divorces ou le petit personnel mexicain qui emmène leurs enfants à l’école. Peut-être auraient-ils du monter un vrai label alors, au lieu de continuer à se faire enculer par les majors du disque qui leur assurent pourtant promotion et visibilité mondiale, plutôt que de venir racketter le chaland pour un système qui existe déjà (Qobuz) au prétexte d’un meilleur son ? Quand on sait qu’un ado lambda écoute leurs tubes calibrés sur des iPhones ou des ordis cramés, c’est vrai qu’il y avait urgence à éduquer leurs pauvres oreilles insensibles au double du prix de la concurrence ! Qui pourrait venir du dissident Dr Dre, ce vilain qui vient de vendre son système Beats Music à l’ogre Apple sur le même terrain du streaming. Dont le plus beau site reste actuellement France Inter, où l ‘on peut enfin écouter de la bonne musique sans les coupures pub ou les jérémiades de Patrick Cohen.

Tristesse capitaliste, affligeante mondialisation, cupidité permanente : après l’art contemporain, la musique et le cinéma, pourvu qu’ils ne s’en prennent pas au sport…Coca-Cola, les meilleurs, communiquent désormais sur les célébrités (« J’ai embrassé Marilyn »), après les anonymes (la campagne populiste des prénoms sur les bouteilles) : vivement qu’ils nous révèlent dans quels troufions mythiques s’est retrouvée la petite bouteille de verre légendaire. Un must, paraît-il, des soirées hollywoodiennes où l’on sniffe d’abord en écoutant Tidal pour être plus souple. En France, niveau déconne, la semaine fut gratinée aussi avec les commémorations des 10 ans de la TNT. Ces chaînes gratuites, cimetières pour vieilles gloires, pépinières pour connasses siliconées ou beaux gosses body-buildés qui occupent le temps de cerveau disponible quand il n’y a rien d’intéressant sur TF1. Mais sans NRJ12, HD1 ou W9, le zapping aurait l’air un peu fade et nos enfants un peu plus intelligents, ce qui fait mauvais genre à l’école. Où l’on apprend, entre deux affaires sordides, que la matière détestée par les 8-16 ans, juste après l’histoire-géo, reste le sperme. Perso j’ignorais ce mot à 8 ans, je connaissais les départements par cœur et j’étais chez les curés. Une enfance normale donc. Où l’on prenait du plaisir à lire le soir avant le repas, où l’on savait s’amuser seul, avec un pneu ou une bouteille de Coca, où les rêves avaient son regard, où l’avenir avait un goût d’amande et de pain frais et où l’on attendait le 1er avril avec impatience.

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