Nos amis les hommes, 19/12/2014

Dans un élan de lucidité inespéré et rarement vu depuis l ‘invasion de l’Irak en 2003, les Etats-Unis d’Amérique viennent de se rendre compte que les petits vieux attablés à jouer aux dominos en sirotant des mojitos bons et bon marché (contrairement à ceux que les barmen parisiens salopent avec de la framboise pour se donner un genre) auraient du mal à envahir le Texas à coups de bambous et de figues de Barbarie ! Et si cette dernière est plutôt du ressort des méchants dictateurs castristes que des vilains oppresseurs yankees, les choix peu judicieux du célèbre barbu auront conduit son peuple à rouler en Lada en les privant de Mc Do pendant 60 ans, comble de l’ignominie et non respect fondamental des droits de l’homme moderne. Mais entre manger de la merde et ne rien manger du tout, Fidel a choisi son camp, gardant le meilleur de ses chèvres et de ses champs pour remplir le touriste allemand dans les all inclusive de Varadero avant que celui-ci ne se vide dans des serveuses locales ou des danseurs de salsa consentants, appelés alors concubins. Dans cet espoir d’ouverture au monde occidental, les jeunes filles pourront désormais aller se prostituer officiellement sur les trottoirs de Floride et ramener les dollars et les mycoses sur une île enfin joyeuse qui écoutera One Direction au lieu de Compay Segundo subit pendant trop d’années, dans ses Chevrolet à crédit flambant neufs, avant d’aller se gaver aux KFC ou aux Burger King qui redonneront un peu de luxuriance à la côte désertique au coeur des malls gigantesques. Le bonheur enfin. Et les singes blancs du monde entier de pouvoir quitter Varadero pour s’aventurer dans les villages chargés d’histoire sans risque de se faire détrousser par quelques coupeurs de canne à sucre avant d’aller faire des selfies devant Guantanamo où le terroriste s’étiole en sculptant des noix de coco.

De terrorisme, il en fut encore question cette semaine (et comme toute semaine normale avec les grèves de taxis ou de routiers) alors que l’on essayait tant bien que mal de survivre aux queues des épiceries fines ou à faire le deuil de Thierry Henry, ce génie américain qui nous laisse aujourd’hui Olivier Giroud et André-Pierre Gignac comme garant du bonheur tricolore et Eric Di Meco et Xavier Gravelaine comme commentateurs sportifs alors que lui s’en va sur Sky Sports chercher les 31 millions d’euros annuels que les pingres de France Télévision n’ont pas su lui offrir pour commenter la Coupe de la Ligue. Quelle ingratitude ! Pendant donc que les journaux télé se rendaient chez le Père Noel pour filmer son usine à rêves à la solde des fabricants chinois, des enfants pakistanais ne prenaient même pas le temps de finir de rédiger leur lettre avant que des hommes armés (des fans de Marilyn Manson et de jeux vidéos sans aucun doute) ne viennent sonner l’heure de la récré un peu en avance. 132 enfants tombés, massacrés à bout portant par une meute de débiles mentaux qui feraient passer la hyène pour l’être le plus évolué de la création ! Au Yemen, quinze autres tombent pour les mêmes raisons obscures. Mais les caméras sont déjà prises ailleurs. A Sydney, ou un énième abruti habité déploie ses revendications légitimes à l’heure du cappuccino. 3 morts, dont deux blancs riches et parents : le monde est atterré. Comment peut-on laisser ramper la haine jusque dans nos Starbucks ? Pendant que les rescapés de Peshawar s’octroient une minute de recueillement pour les victimes australiennes, je vomis mes macarons litchi-framboise de chez Ladurée.

Pour éviter d’en arriver là, le gouvernement américain aura pourtant dépensé 60 milliards de dollars en 10 ans pour faire de la région un territoire aussi calme et paisible que le Minnesota. Coquette somme plutôt bien employée, le peuple d’Obama vivant depuis la crise de 2008 dans une opulence et un confort frisant l’indécence. Cette même puissance qui après avoir lamentablement échoué en Irak puis en Afghanistan, vient de se voir ridiculiser par des pseudos coréens du Nord et retirent en tremblant un film à l’humour potache de leurs cinémas menacés…Mascarade ou pas, on ne plaisante pas avec un pays qui n’a toujours pas vu La Grande Vadrouille et manie aussi peu l’humour que le troupeau d’intégristes qui brûla en son temps des cinémas jouant « La Dernière Tentation du Christ » ! Il y a des symboles auxquels on ne touche pas. Sauf en France, où les crèches disparaissent désormais des lieux publics, le petit Jésus devant se faire discret. Au contraire des ânes et des bœufs qui sont de plus en plus visibles. Bonnes fêtes…

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