Nos amis les hommes. 6/11/2014

A peine après avoir posé ces magazines d’été trop vides, voilà qu’il faut déjà se plonger dans les catalogues de Noel trop pleins pour préparer les fêtes de fin d’année en bon chrétien. Alors que je suais à choisir quelques modèles un minimum excitants sur Meetic, je me demandais, à l’instar de la brillante série Utopia, si nous ne serions pas un peu trop nombreux sur cette foutue planète au moment où la pénurie de noisettes menace de priver l’humanité de rochers Suchard et d’anéantir les écureuils, qui donnent pourtant de si beaux cache-cols aux connasses des réveillons échangistes. Trop de jouets fabriqués avec amour par trop d’enfants chinois que trop d’enfants nantis détruiront avec indifférence en attendant les prochains. Tout cela est-il encore bien raisonnable ? Doit-on à tout prix, sans réfléchir, élargir son cercle familial (et il n’y a rien de scabreux dans cette phrase) en même temps que le trou dans la couche d’ozone pour échapper à l’enfer ? Je m’engage d’ailleurs solennellement, si je suis élu, à lancer une campagne de stérilisation d’envergure, afin que d’ici 10 ans nos métros deviennent un peu plus respirables et nos squares moins bruyants ! Et toutes les économies faites à Noel ne seront pas négligeables avant d’aller promener nos enfants-robots à Deauville.

Willy Sagnol, qui s’y connaît en comportement humain, a quant à lui bien compris l’intérêt d’investir dans les pays africains, comme avant lui les pionniers du Nouveau Monde, prenant mille risques avec leurs frêles navires pour inciter une main d’œuvre convertie et bon marché à venir s’épanouir dans les champs de coton florissants des colonies britanniques. Des hommes déjà virils, durs au combat, résistants au fouet et aux crocs, le muscle saillant sous leur peau d’ébène, le se…mais je m’emporte tout seul, alors que je suis foutrement hétérosexuel, et quand bien même qui êtes vous pour juger ? Voilà donc le nouveau débat qui agite une France amorphe entre deux manifs altermondialistes, trois drones et la finale de Danse avec les Stars. Il semblerait qu’un pays qui se plait à faire une heure de queue pour un Whopper, qui se vautre dans les écrits vulgaires, populistes et bas du front de Trierweiller ou Zemmour en attendant la reformation de Téléphone soit un pays mourant.

Mais puisqu’on parle culture, arrive la période où les cadors de l’industrie musicale cherchent à remplir le panier de cette pauvre ménagère, qui en plus d’avoir trop d’enfants, à souvent mauvais goût. Et ça tombe plutôt bien cette année, alors que déboulent plusieurs projets pas piqués des hannetons, pour employer une expression que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et si la majorité des interprètes n’ont pas grandi avec ses chansons, voilà qu’un hommage est rendu au maître Aznavour par les mêmes qui s’en prenaient déjà à Goldman l’année dernière. Entendre ainsi quelques unes des plus belles pages de la chanson française beuglées ou larmoyées par Amel Bent, Joyce Jonathan, Indila, Matt Houston ou Vitaa est un acte plus proche du crime contre l’humanité que de la faute de goût ! Et pour une fois, la Turquie n’y est pour rien. Obispo quant à lui, ne sera jamais le fils de Polnareff (qui n’a décidemment pas de bol avec ses tests de paternité !) et préfère s’en remettre à l’exercice confortable de la reprise et du projet caritatif. Restant sur le Sidaction, EBOLA n’étant pas encore assez showbiz pour qu’on y prête une oreille, il chante avec Cali pour une doublette magique qui ferait passer David & Jonathan pour Simon & Garfunkel ! De gênant, on passe à inadmissible lorsque, dans une double peine qu’on redoutait, ZAZ et Christophe Maé décident de piétiner « Foule Sentimentale », l’une des plus grandes chansons d’ici, sans même prendre le temps d’enlever leurs gros sabots d’animateurs de foire. Et au moment où l’on s’apprête à ouvrir le gaz, Noah et Zaho nous assènent un ultime « Voilà c’est fini » de circonstance. Les acheteurs en phase terminale apprécieront. Ah génie marketing ! Il faudra d’ailleurs espérer que celui qui est à l’origine du projet Amaury Vassili chante Mike Brant se défenestre rapidement afin d’aller au bout de sa brillante idée. Le nouveau ténor du brushing rend avant tout un hommage capillaire touchant à son idole trop vite envolée. La ménagère est ravie, les programmateurs de TF1 aussi, mais il semble que la misère serait moins pénible au soleil, sans radio et sans télé.

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