Nos amis les hommes. 20/07/2014

L’été est donc bien là. Les moustiques et Secret Story 8 reviennent envahir nos foyers, et de ces deux fléaux le pire n’est pas celui qu’on croit. A l’inverse des résidentes de la maison des secrets, qui sucent pour réussir, le moustique femelle le fait pour survivre, mais ne laisse par contre aucunes séquelles sur le cerveau.
A la plus grande joie des rédacteurs, les crashs d’avions, accidents de trains ou de bus ont pris la relève dans une information qui se désespérait de la fin du mondial.
Dans un généreux élan de haine collective, une partie du public français a donc commenté à sa manière la finale de ballon rond remportée par une brillante équipe d’Allemagne. De « nazis » pour les plus modérés, à « gros bâtards de fils de putes blondes » pour les plus lettrés, en passant par les atermoiements sur Séville (82), Guadalajara (86) ou Vichy (42), le supporter bougon ressasse inexorablement son douloureux passé. Pendant ce temps-là, la Germanie avance à grands pas, étalant aux yeux du monde sa suprématie footbalistique, sa rigueur et son organisation, comme une belle métaphore à une société qui aime regarder devant plutôt que de pleurer sur son histoire flétrie. Toute la différence entre une 308 et une Audi A3, François Hollande et Angela Merkel, une équipe qui a la foi et une qui n’a pas Lahm.
Je profitais d’ailleurs de ces instants de grâce avec mon fils de 14 ans, Ricardinho (« on l’appelle Petit Ricard au Pmu avec les copains parce qu’il est tout beige), un enfant brésilien que j’achetais jadis à vil prix à un vendeur sri lankais (en plus de 5 cd de Yannick Noah) dans l’espoir qu’il développe un jour la virtuosité de Romario et l’efficacité de Fred. En plus de quelques bracelets très à la mode dans son pays, je tissais avec lui quelques liens d’amitié qui semblèrent voler en éclats au 7e but de la Mannschaft. Le petit pleurait toutes les larmes de son corps maigrelet alors que mon pote Jojo versait un peu de bière dans ses cheveux crépus pour fêter la victoire de manière fraternelle. En plus d’être nul au foot et à l ‘école, mon fils n’avait donc aucun sens de l’humour, mais cette punition sportive tombait finalement à point, sanctionnant une piètre mention « bien » au BEPC.

Un sanction pas si disproportionnée, si l’on remet les choses dans le contexte d’une époque qui ne fait pas vraiment dans la demi-mesure ! Ainsi, peut-on blâmer cet homme d’avoir tiré une balle dans la tête de cet intrus qui urinait tranquillement sur sa pelouse alors que l’on tolère sans broncher que 70 000 soldats envahissent les plages de Gaza à l’heure de la baignade estivale ? Plus de 400 morts (enfants inclus) pour 3 ados tués, voilà une surenchère excessive (mais tolérable) qui pourrait donner lieu à une prochaine rencontre Pays-Bas-Ukraine de toute beauté ! Les bataves auront droit à un peu plus de 20 000 victimes si l’on s’en tient au ratio précédent, pour laver l’affront du missile perdu ! Par contre, bonne chance si l’on apprend que l’erreur vient des russes…Ce qui ne devrait raisonnablement pas arriver. Quant à la probabilité que ce soit encore un avion de Malaysian Airlines qui trinque, cela semblait aussi incongru que de trouver une personne intègre à l’UMP. Mieux vaut donc être intermittent du spectacle qu’assureur pour la compagnie par les temps qui courent !

D’ailleurs, et j’en ris encore, je giflais matinalement ce môme slave du bas de mon immeuble, dans l’hypothèse qu’il soit russe ou ukrainien justement, histoire de lui apprendre le respect et à ne pas m’appeler papa alors que je descends les poubelles en short. A 2 ans, ce gamin n’est pas très perspicace ! Même Ricoré (le surnom amical que je donne à mon fils parce qu’il est l’ami du petit des Jeunet, les voisins), ne put s’empêcher de lui tirer les cheveux. Toute cette violence exacerbée entre nos différentes peuplades sous –développées ne devrait cependant pas nous faire oublier les horreurs et les tracas quotidiens qui peuvent ruiner une journée pourtant ensoleillée. Ainsi, comment rester de marbre alors que votre machine Nespresso tombe en panne un dimanche ou que le réseau se coupe en pleine montée du Tourmalet ? Comment ne pas fulminer devant cette modernité aussi libératrice qu’handicapante, comment accepter décemment d’être un esclave consentant des multinationales, d’appeler désormais un thé vert menthe-citron une boisson au mojito, de « fumer » des cigarettes électroniques longues comme des clarinettes, de faire des selfies de sa gueule de raie pour se sentir vivant ou de payer son café 2,50 euros en terrasse alors qu’il est à 1 euro au comptoir ? Et qu’à un euro au comptoir on a déjà perdu la notion des réalités !!! Mais je m’emporte. Je vais aller prendre une douche glacée aloé véra-sperme d’orque blanc et siroter un Matahi, cette boisson africaine au baobab, c’est paraît-il très tendance en plus d’être fabuleux pour nos organismes usagés.

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