Nos amis les Mayas. 20/12/2012

Dans le Connecticut, Maman Lanza apprenait à ses enfants à survivre depuis des années, en cas d’arrivée des chinois, des aliens ou d’une nouvelle saison de Jersey Shore. Niveau pédagogie, on peut dire qu’elle a un peu foiré. Heureusement qu’elle n’était pas prof comme on l’a cru un instant ! Pauvres gosses ! Mais à l’heure qu’il est, des milliers d’américains comme elle viennent de s’enfermer dans leurs abris antiatomiques, stockant là de la nourriture lyophilisée, des cd de country, des bibles, des armes (on n’est jamais trop prudent) et leurs enfants en attendant que la prophétie maya n’anéantisse tout le reste de l’humanité, sauf eux qui sont un peu moins cons et un plus prévoyants ! On attend surtout de voir leurs gueules enfarinées samedi 22, jour normal où il faudra aller bosser et commencer à rembourser les prêts pour la construction du container !
La prophétie maya, aura, comme le bug de l’an 2000 ou les missiles russes à Cuba réussit à faire flipper une bonne partie de l’humanité, toujours prompte à acheter des kilos de sucre et de farine en souvenir du bon vieux temps. Qu’il les garde bien surtout, un jour viendra où iraniens et coréens du nord auront la volonté d’en découdre avec un Oncle Sam qui commence à nous les briser menus à se mêler de tout et n’importe quoi. Mais peut-on faire confiance aux Mayas dans leurs prévisions, eux qui n’avaient même pas vu venir l’envahisseur espagnol, venu évangéliser tout ça et prendre un peu d’or au passage ? Soyons sérieux 2 minutes. 2012 ira à son terme et chacun, gavé de foie gras et de champagne enverra des sms pourris le soir du 31, pour le plus grand bonheur des opérateurs téléphoniques, émus de cet élan spontané de générosité annuelle. Et si, pour une raison ou pour une autre (on n’est pas devin non plus), il ne devait rester qu’une 1 heure à vivre, je mettrai un album de Nick Cave dans la platine et j’irai trouver Dieu (je sais où il est !) pour lui demander si cette histoire d’Etre Humain était vraiment sérieuse où s’il regrette de ne pas s’être arrêté au brontosaure dans son élan créatif.
2012 aura été moyenne, soyons honnêtes. De mémoire on a connu mieux comme millésime depuis 1939. Même l’élection était molle. DSK avait pris tout le viagra pour lui, laissant le pays, comme Nafissatou, englués dans son spasme hôtelier. A droite, comme à gauche, on semble perdu. Aux extrêmes on rigole en attendant la suite…. En 2012, Neil Armstrong, le premier américain à être allé sur la lune en vélo s’en est allé pour de bon. 43 ans après la conquête spatiale et au moment où l’homme cherche à attirer l’attention des martiens en leur balançant des titres de Will-I-Am, il semblerait qu’il ne soit toujours pas capable de comprendre et de maîtriser sa propre planète. Une planète déboussolée, qui, quand elle en a les moyens, aura passé son année à tweeter pour ne rien dire, à tweeter pour critiquer des émissions qu’on n’aurait jamais regardées avant si on n’avait pas eu Twitter, à partager sa pauvre vie sur les réseaux sociaux parce qu’il n’y a plus de place dans les castings de télé-réalité. Les mi-putes mi-connasses des «Chtis à Mykonos », les mongoliens de « L’Ile des Vérités », « Les marseillais à Miami », les marseillais de « Plus Belle la vie » et la flippante Honey Boo Boo aux Etats-Unis : la télé n’en finit plus d’enfanter des monstres sous couvert de détente et de second degré ! Au cinéma, le réalisateur de « God Bless America » a appuyé sur la détente justement, afin d’éradiquer ce pan de nuisibles cathodiques qui vendent leur destin comme seul avenir viable à un parterre d’adolescents sans talent et surtout sans passion. On aura aussi beaucoup parlé Hobbit, plus qu’aux cerveaux, attirant le gogo peu cinéphile en 2D sous-titrée 24 images/seconde ou 3D VF 48 images/seconde, mais toujours avec du pop-corn à 8 euros les 100 grammes. Pendant ce temps-là, « The Impossible », « Les Bêtes du Sud sauvage » et « L’Odysée de Pi » propose de remettre un peu d’humanité et de poésie dans un monde ravagé par le cynisme. Et hasard du calendrier, les 3 parlent de survie.
En musique, si les passionnés savent toujours où trouver de bons disques, les médias populaires savent plus que jamais comment faire de la merde ! Mais au-delà des couinements neurasthéniques de Farmer, du retour de Bruel ou des reprises foireuses de Goldman, le coréen Psy aura mis tous les tops du monde d’accord avec sa chorégraphie d’attardé mental, comme une bonne gastro ramenée de vacances en Asie se propagerait au reste de la population. Où sont passés les modèles, les leaders et les exemples dans la culture populaire ? En Belgique ? Reste alors le sport et ses valeurs ancestrales. Lance Armstrong, Ibrahimovic ou les frères Karabatic auront agité le petit microcosme alors que tout le monde se félicitait d’une olympiade réussie, qui aura juste réussi à endetter les londoniens jusqu’aux arrières petits-enfants d’Elton John. Mais tant que le peuple réclame sa dose de pains et de jeux, continuons à nettoyer les favelas brésiliennes et à installer la clim dans les stades qataris pour le bon déroulement des évènements à venir. Pendant ce temps-là, Messi a un fils qu’il aurait pu légitimement appeler Jesus, ce prénom n’étant pas ridicule en Espagne, et continue d’écœurer Cristiano Ronaldo, ce qui est assez plaisant. Mais pourrait le pousser à venir à Paris où l’on a dû se résoudre à faire partir Luyindula. Au cas où. La vie est injuste. Mais on s’en fout demain on sera mort.

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