Nos amis les chanteurs: Modern Talking

J’écoutai tranquille « Génération Goldman » en rangeant mes albums Panini un soir de spleen et je me remémorai du coup les groupes de merde qui polluèrent mon adolescence ardéchoise quand soudain vous apparûtes. Aussi légers qu’une sortie d’Harald Schumacher, comme un emblème de cette génération surdouée qui donna à la musique et au foot ses plus belles coupes de cheveux, ses plus belles bretelles sur pantalons à pinces et ses plus belles ritournelles, celles que l’on aime entendre dans les mariages entre « Les Lacs du Connemara » et «  le Petit Bonhomme en mousse ». Pourquoi vous d’ailleurs ? Peut-être à cause de vos bonnes bouilles de vainqueurs d’un concours de coiffure canine à la Hall Expo de Dijon, plus que pour la trace que vous laisserez dans les toilettes encombrées de la pop musique. Dans un pays qui apprit très tôt la rigueur et l’ordre qui font tant défaut aux peuples latins, on se demande encore comment, après avoir offert au monde quelques génies des claviers et de l’électronique (Can, Faust, Kraftwerk, Tangerine Dream), la génération suivante eu droit à Sandra, Nena, Scorpions ou Alphaville ! Après l’immense traumatisme que votre peuple laissa dans nos cœurs d’enfants (je parle ici de Séville 82 et Guadalajara 86), voilà que nous subissions à nouveau vos assauts capillaires et vos dents blanches à longueur de Tops 50. On enviait alors la RDA d’avoir su aussi intelligemment fermer ses frontières pour éviter toute contamination auditive, laissant ses athlètes féminines se raser tranquillement les couilles pour les Jeux Olympiques et la Stasi diffuser des marches militaires sur la belle radio d’Etat. C’est quasiment à cette époque, juste avant que le mur ne s’écroule et emporte avec lui les derniers espoirs d’un communisme finement pensé, que je sortis avec cette magnifique allemande alors en correspondance dans cette belle région alpine où mes grands-parents firent tant pour le confort des officiers SS. Les enceintes de la cave diffusaient « You’re my heart, you’re my soul », la blondeur de Maïke m’aveuglait et son regard bleu azur était presque dérangeant alors que les larmes affluaient au moment où je commençais à la tondre. Je venais de venger Battiston.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s