Nos amis les hommes. 11/10/2011

Je m’étais soigneusement laissé pousser la moustache pour me fondre dans la masse des happy few parisiens venus en Vespa contempler l’Internationale de l’Anorexie défiler pour la Fashion Week, donnant une idée automnale de ce que les gens ne pourront pas se payer l’été prochain. A moins d’attendre les créations H & M , que de petites mains marocaines auront recopié avec une grande application afin d’exciter un peu les pimbeches provinciales bavant d’excitation devant la presse féminine qui fait foi (dans le dos). Le Tout Paris s’excite et prépare donc l’hiver dans les meilleures conditions en attendant l’arrivée prochaine des Restos du Cœur. La crise ne passera pas par la haute-couture ! Et puis avec un joli sac poubelle de 50 litres, on peut se faire un petit pardessus très pratique pour affronter la pluie. C’est dans les moments difficiles que l’homme sait se montrer ingénieux !

Prenons par exemple Steve Jobs. Ce nouveau héros moderne qui sut changer durablement le quotidien des nantis de ce monde et notre manière d’appréhender le cancer du pancréas. Car si le cadre moyen possède pour lui et ses enfants tout un lot d’appareils très pratiques pour stocker la musique et les films copiés illégalement, le pauvre moyen n’a pour pomme dans son univers quotidien que celle dont il partage le trognon avec quelques cochons familiers.  Il va donc sans dire que le boulot était loin d’être fini ! Qu’il restait du monde à convertir à la secte, des mac à placer sur les trottoirs de la libération informatique ! De toute façon, le P.C était déjà ringard aux débuts de Georges Marchais ! Mais il semblerait aussi que l’on en fasse des tonnes sur ce génie de la puce alors qu’on ne sait même pas qui a inventé la brosse à dents, autre outil qui changea considérablement la face du monde et nos relations quotidiennes. Il n’y a pas de justice !

Pas de justice non plus pour Ségolène Royal. Malgré quelques efforts capillaires notables, il a fallu le verdict des urnes pour que la triste réalité  ne la renvoie illico dans son Poitou-Charentes où elle pourra comme bon lui semble ouvrir une petite crêperie ou un pressing de quartier pour faire disparaitre les vilains plis d’une carrière jamais vraiment lancée. Martine et François n’en ont cure, eux qui vont pouvoir s’entre-déchirer tranquillement devant la France entière pour démontrer l’unité d’une gauche ragaillardie malgré l’absence de l’étalon new-yorkais. Dans l’histoire, Arnaud Montebourg pourrait négocier sec pour récupérer n’importe quel ministère qui lui permettrait de quitter Montluçon ! Mais pendant ce temps-là, entre une gauche toujours maladroite et une droite encore mal en point, Marine attend dans l’ombre avec une demi-molle que la France profonde se réveille. Jean-Pierre Pernaut a bien bossé.

Dans le tumulte ambiant, cultivons nous un instant afin d’apaiser nos nerfs mis à rude épreuve. Au rayon musique, Bjork n’en finit plus de nous épuiser, cachant depuis 4 albums son manque d’inspiration sous des cheveux et des visuels de plus en plus marquants, profitant du talent de son mari artiste, le très doué Phil Barney. Préférons lui sa compatriote Olof Arnalds, troll un peu foldingue dont les comptines acidulées nous aideront à passer l’hiver devant le feu, tranquillement lové sur cette peau de léopard qu’un oncle ramena récemment du Kenya. Au même titre que tout ce que pourra faire Lana Del Rey, sensation sensationnelle surgit comme dans un rêve en plein cœur de l’été, à qui l’on proposerait bien de partager cette peau de léopard qu’un ministre ougandais offrit en fait à cet oncle qui bossait pour Balladur.

Et s’il nous reste un peu de temps nous irons au cinéma manger du pop corn en regardant un film. Louons l’arrivée ces jours-ci de 2 longs métrages qui nous réconcilient avec une certaine idée d’un cinéma à l’ancienne, qui sait prendre son temps, qui sait dire des choses juste avec des images et une paire d’acteurs incroyables : « Drive » pour le premier est un condensé de tout ce qu’on aime à Hollywood, mais en mieux, conte moderne allant à l’essentiel et nous poursuivant encore très longtemps sur l’autoroute des souvenirs. « The Artist » ensuite, pari gonflé de montrer qu’en 2011, entre « Fast & Furious 12 » et le retour des golios de « Twilight », un film muet peut ramener tout le monde à la magie première du cinéma : l’émotion, par la seule grâce du jeu d’acteur et la beauté d’une histoire d’amour universelle.

Pour un tel courage artistique, à l’heure de la 3D, des remakes et des reboot, Michel Hazanavicius devrait être sanctifié. Juste à côté de Steve Jobs et de William Addis, l’inventeur anglais de la brosse à dents moderne.  A moins que ce ne soit un chinois…

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