Nos amies les femmes. 1.03.2011

Aussi rarement qu’un rayon de soleil dans l’hiver parisien  ou qu’une décision intelligente dans la politique sarkozienne, il m’arrive de temps en temps de tomber amoureux. D’une fleur, d’un nuage, d’un chauffeur de taxi (mais c’est rare), d’un oiseau joli ou d’un filet mignon. Et comme devant un film avec Sophie Marceau, je deviens con.  Notons que je n’ai rien contre cette actrice, mais j’ai connu dans des films de Marc Dorcel des clitoris bien plus expressifs en une scène que le visage de cette dernière dans toute sa carrière ! Cupidon venait à peine de lâcher Michel Polnareff (35 après son inspiration) et me trouva au détour d’un canapé moelleux où je me grattais l’entrejambe en attendant la fin des réclames : c’est là que je vous vis pour la première fois, à la faveur d’un changement de chaîne inopiné…Depuis ce jour-là, chère Alessandra Sublet, ma petite lucarne à bonheur n’a plus la même saveur, un peu comme si l’on envoyait la Gay Pride dans les rues de Pyong Yang ou comme si l’on mettait un peu de démocratie dans les pays nord-africains ! Comme si la vie s’invitait à un débat politique en somme ! Votre sourire et votre élégante décontraction vont bien sûr à l’encontre de tous ces présentateurs coincés qui pensent avoir atteint le summum de la respectabilité et de la créativité télévisuelle en présentant d’infâmes reportages piqués à d’infâmes chaînes américaines sur Direct Star ou de tristes débats avec des trisomiques sur le service public. Oh bien sûr je pourrai vous en vouloir de ne pas avoir ce niveau de compétence et cette érudition à toute épreuve qui font d’Ariane Massenet une espèce de summum de la pertinence journalistique, mais malgré ces défauts, je saurai vous aimer pour plein d’autres raisons et vous pousser à lire autre chose que Biba. Nos enfants seront forcément beaux et la presse people s’en régalera quotidiennement. On les appellera Mélissa et Jamel, parce que les références culturelles, ça compte. Voilà chère Alessandra, je ne vous souhaite pas une carrière à la Daniela Lumbroso, vous valez tellement mieux que ça….

Il était dit que cette semaine serait placée sous le signe de la féminité, de la douceur, de la grâce et du talent. Nous ne parlerons donc pas de Michèle Alliot-Marie. Loin du tumulte masculin des stades de foot ou des Pmu de quartier, loin de la rue qui tremble aux rythmes des pas militaires : aux bruits des chenilles nous préfèrerons toujours le silence des papillons.

Sur ces considérations entomologistes, quelques jolies artistes sont venues illuminer notre début de semaine. D’Islande, le petit chaperon rouge Olöf Arnalds (que d’aucuns confondent avec Olafur Arnalds, ce qui nous amuse follement dans les soirées mondaines du tout Paris téléramien !) est venu poser sa grâce et sa fragilité sur la scène d’un petit théâtre parisien, rappelant au passage que le folk ancestral est avant tout une histoire de contes et de transmission orale, d’histoires racontées autour d’un feu, sous un ciel encore vierge, juste avant que le gros Colomb ne vienne évangéliser à coup de pierres une poignée d’Indiens qui refusaient de faire la guerre sous prétexte qu’ils n’avaient pas d’armes. Olöf est de ces conteuses magiques, un peu perdue dans le monde moderne, mais qui garde de cette Scandinavie millénaire un art de chanter des berceuses touchantes pour endormir les enfants et un physique à réveiller les grands.

A une éruption volcanique de là, la sulfureuse Lykke Li a elle aussi bien des arguments à faire valoir et son disque est une totale réussite, entre rythmes tribaux et ballades poignantes en terre inconnue, mais sans Frédéric Lopez. Plus proche de nous, Keren Ann n’en est plus à son coup d’essai et son nouvel album pourrait bien être un coup de maître, tant elle y maîtrise sa voix, ses arrangements et une production qui la place tout en haut des jeunes gens talentueux de ce pays, juste à côté de son ex acolyte Biolay.

Un qui aimait les femmes, c’est bien Serge Gainsbourg, mais qu’en dire qu’on ne sache déjà. Et puis Drucker et Nagui ont su lui rendre hommage comme il se doit…Un autre qui aime les femmes, mais pas forcément de confession juive, est ce facétieux John Galliano, clown gothico-trash des podiums de mode où une poignée de nanties en fourrure dirigent le monde au pas de jeunes anorexiques slaves et où l’on se parfume au Guerlain. Un peu grillé pour l’instant du côté de chez Dior, il semblerait qu’il soit prêt à faire les costumes d’apparat pour le départ en grandes pompes dans le derche d’Adolf Kadhafi, qui, en plus de ne plus pouvoir planter sa tente à l’Elysée, ne recevra pas le prochain cd dédicacé de Carla Bruni en cadeau. Il y a une justice.

J’allais presque en oublier la mort d’Annie Girardot, où ai-je la tête ?, actrice superbe dans les années 70 et qui imitait très bien l’accent cancéreux. Et la disparition de la non moins superbe Jane Russell, finalement plus connue pour sa poitrine avantageuse que pour sa carrière filmique, contrairement à Jane Birkin….

Voilà, une semaine loin de la vulgarité ambiante et de la masculinité galopante d’une société à la phallocratie désespérante.

Allez, je dois finir ma partie de PES avant que ma femme ne rentre des courses.

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